☕️ ASI se penche sur ce que l’IA fait au journalisme, et aux mouvements de résistance anti-IA
Arrêt sur images (ASI) a rendu gratuit le replay de son émission « Ce que l'IA fait au journalisme », diffusée récemment et animée par la journaliste Pauline Block pendant 1h13. Elle y reçoit trois invités aux profils complémentaires : Mathilde Saliou, journaliste au média Next, Eric Barbier, reporter à L'Est républicain, co-organisateur du contre-sommet de l'IA et référent IA au bureau national du Syndicat national des journalistes (SNJ), et Olivier Koch, maître de conférences en sciences de l'information et de la communication à l'Université Sorbonne Paris Nord, spécialiste de la transformation des industries médiatiques. Le même jour, les abonnés d'ASI ont aussi débloqué un second contenu, « Tout le monde déteste l'algorithme », chronique du journaliste technocritique Thibault Prévost consacrée aux mouvements de contestation contre l'IA et les centres de données, qui fait écho à un article du Monde Diplomatique intitulé « Tout le monde déteste l'IA ».
Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de Next INpact. Lire l'article original →
Ces deux publications posent un diagnostic préoccupant sur la manière dont la profession journalistique absorbe l'intelligence artificielle générative. Les intervenants pointent un rapport parfois trop enthousiaste d'une partie des rédactions face à « l'effet waouh » de l'IA, alors même que cette technologie, très gourmande en ressources et en énergie, contribue à faire disparaître le traitement de l'urgence écologique dans les médias. Ils alertent également sur la dilution de la responsabilité éditoriale lorsque des contenus sont générés par IA, un phénomène qui fragilise un peu plus la confiance du public envers l'information, déjà faible. Amnesty International, citée par Thibault Prévost, a analysé les systèmes d'IA générative au regard des droits humains fondamentaux et conclut que ces logiciels sont « fondamentalement incompatibles » avec les traités internationaux, appelant à leur prohibition pure et simple.
Cette publication s'inscrit dans un travail plus large d'ASI sur la contestation de l'IA, incarné par le contre-sommet co-organisé par Eric Barbier et par les deux essais de Thibault Prévost, « Les prophètes de l'IA, pourquoi la Silicon Valley nous vend l'apocalypse » (octobre 2024) et « Technologie du coup d'État, les programmeurs de l'autoritarisme » (octobre 2026), consacré au « putsch numérique » de la Silicon Valley. Prévost y développe des concepts comme la « thermocratie », le « carbofascisme », le « néoluddisme » ou l'« AI populism » pour décrire une colère qu'il juge dirigée non pas contre la technique elle-même, mais contre l'IA comme idéologie et projet politique. Il estime que ce rejet, alors que l'Europe est frappée par des incendies, relève d'une défense légitime de la dignité humaine et d'une planète habitable.
L'article traite d'institutions et d'un debat francais (ASI, SNJ, universite Sorbonne Paris Nord) sur l'impact de l'IA generative sur le journalisme et la contestation sociale en France.
Le vrai sujet, c'est pas l'IA qui écrit des articles à la place des journalistes, c'est la dilution de la responsabilité éditoriale que ça installe en douce dans les rédactions. Sur le papier, on discute outils. En vrai, on discute qui répond quand un truc généré par IA raconte n'importe quoi, et pour l'instant personne n'a de réponse claire. Le rapprochement avec l'écologie est le point le plus solide de l'émission : une techno aussi gourmande en énergie qui fait disparaître le traitement de l'urgence climatique dans les médias, c'est un angle mort qu'on ne peut plus ignorer.