Comment OneAdvanced a déployé plus de 50 agents IA sur AWS souverain britannique
L'éditeur britannique de logiciels d'entreprise OneAdvanced, qui compte plus de 10 000 clients dans des secteurs réglementés comme la santé et le droit, a déployé plus de 50 agents d'intelligence artificielle spécialisés sur une architecture cloud entièrement souveraine au Royaume-Uni, hébergée sur Amazon Web Services. La solution repose sur les modèles ouverts Llama 4 Maverick et Llama Guard 4, servis via vLLM sur des instances Amazon SageMaker AI de type p5.48xlarge, dans la région de Londres (eu-west-2). Faute de disponibilité de ces modèles via les services managés d'AWS au Royaume-Uni au moment du projet, OneAdvanced a choisi de les auto-héberger sur une infrastructure qu'elle contrôle entièrement. L'architecture combine un pipeline de génération augmentée par récupération (RAG) appuyé sur Amazon Aurora PostgreSQL-Compatible Edition avec l'extension pgvector, plus de 50 agents construits avec le kit Strands Agents SDK et tournant sur Amazon ECS, ainsi qu'une couche de configuration stockée dans Amazon DynamoDB. Les documents déposés sur Amazon S3 sont convertis en markdown, découpés puis vectorisés pour la recherche, tandis que Llama Guard 4 filtre les contenus potentiellement nuisibles avant que chaque requête n'atteigne le modèle principal.
Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de AWS ML Blog. Lire l'article original →
Cette approche répond à une exigence stricte de la clientèle d'OneAdvanced, en particulier dans le secteur public et les industries fortement réglementées, qui doit savoir précisément où résident ses données, qui y a accès, et s'assurer qu'elles restent soumises au cadre légal britannique. Selon Andrew Henderson, directeur technique de OneAdvanced, cette traçabilité conditionne la confiance et la conformité totale des clients traitant des dossiers médicaux ou juridiques sensibles. Ce choix architectural a permis à l'entreprise d'obtenir la certification ISO 42001 sur la gouvernance de l'intelligence artificielle, tout en conservant une maîtrise complète de l'infrastructure de service des modèles, un enjeu de plus en plus central pour les entreprises européennes soucieuses de ne pas dépendre de clouds ou de modèles hébergés hors de leur juridiction.
Le projet a démarré par un prototypage rapide sur Amazon Bedrock, qui a permis en un sprint de deux semaines de livrer un agent conversationnel, un agent Bedrock interrogeant le droit statutaire britannique, une intégration avec Snowflake et une génération de graphiques. Mais pour répondre pleinement aux exigences de souveraineté, l'équipe a dû migrer vers un hébergement autonome des modèles, ce qui impliquait de gérer elle-même le déploiement, la mise à l'échelle, la modération de contenu, la récupération documentaire et l'orchestration des agents, tout en proposant un constructeur d'agents sans code destiné aux utilisateurs non techniques. Cette démarche illustre une tendance plus large chez les fournisseurs de logiciels d'entreprise à privilégier des modèles ouverts autohébergés lorsque les offres managées ne couvrent pas encore leurs exigences réglementaires locales.
Le Royaume-Uni n'étant plus membre de l'UE, l'impact est indirect, mais ce modèle d'architecture cloud souveraine sur des modèles ouverts pourrait inspirer des projets similaires dans la santé et le secteur public en France et en Europe.