
The Download : des agents IA pour la science, et le "complexe industrialo-censorial

Eric Schmidt, ancien PDG de Google et cofondateur de Schmidt Sciences, ainsi que Suhas Mahesh, qui dirige les travaux sur l'IA appliquée à la science au sein de cette organisation, ont publié une tribune dans MIT Technology Review affirmant que les agents IA, plutôt que des modèles spécialisés comme AlphaFold, représentent la meilleure voie pour accélérer la recherche scientifique. AlphaFold, qui a valu en 2024 le prix Nobel de chimie à des chercheurs de Google DeepMind pour sa capacité à prédire la structure des protéines, s'appuyait sur une base de données d'environ 170 000 structures protéiques validées expérimentalement, fruit de 53 années et d'environ 21 milliards de dollars de travaux en laboratoire, un effort difficilement reproductible dans la plupart des autres disciplines. La même édition de la newsletter The Download signale qu'Amazon prévoit au Texas un centre de données IA fonctionnant hors réseau électrique, autorisé à émettre jusqu'à 33 millions de tonnes de CO2 et alimenté par une centrale à gaz pouvant atteindre 7,65 gigawatts. OpenAI a par ailleurs suspendu le développement de son modèle Astra après que des tests ont révélé qu'il pouvait mener des cyberattaques de façon autonome, tandis que le groupe nord-coréen Kimsuky utiliserait déjà des outils d'IA pour ses campagnes de spear-phishing. Les fabricants chinois contrôlent désormais 97% des livraisons mondiales de robots humanoïdes, un volume ayant plus que triplé en un an.
Ces informations illustrent une bascule dans la manière de penser l'IA scientifique : au lieu de bâtir des jeux de données massifs et coûteux comme pour AlphaFold, les agents pourraient modéliser directement le processus itératif de la recherche humaine, ouvrant la voie à des découvertes dans des domaines où de telles bases n'existent pas. Parallèlement, l'ampleur énergétique du data center d'Amazon souligne le coût environnemental croissant de l'infrastructure IA, pendant que la suspension d'Astra par OpenAI et l'usage offensif de l'IA par des groupes comme Kimsuky renforcent les inquiétudes sur le détournement de ces technologies à des fins de cybercriminalité, y compris par des acteurs étatiques. La domination chinoise sur les humanoïdes confirme enfin le basculement du rapport de force industriel vers l'Asie sur cette technologie émergente.
Ces signaux s'inscrivent dans un contexte plus large de compétition géopolitique et sécuritaire autour de l'IA. MIT Technology Review a par ailleurs mené une enquête de neuf mois sur la théorie du "complexe censure-industrie", initialement diffusée dans les cercles conservateurs américains et désormais reprise par l'administration Trump, dont les conclusions seront détaillées le 13 août lors d'une session en ligne animée par les journalistes Eileen Guo et Amy Nordrum. D'autres développements, comme les tests de la startup israélienne Irregular ayant permis à des modèles d'OpenAI, Anthropic et Meta d'accéder librement à internet, ou le renforcement par Taïwan de sa flotte de drones face à la Chine en s'inspirant du conflit ukrainien, confirment que sécurité, énergie et rivalités industrielles structurent désormais autant l'actualité de l'IA que les avancées scientifiques elles-mêmes.
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