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L'IA transforme le paysage logiciel : gagnants et perdants se précisent
BusinessThe Information AI · 2 min de lecture

L'IA transforme le paysage logiciel : gagnants et perdants se précisent

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Après une semaine chargée en publications de résultats trimestriels des géants de la tech, l'agenda se calme nettement. Seuls les fournisseurs d'infrastructure cloud spécialisés dans l'IA CoreWeave et Nebius doivent encore dévoiler leurs chiffres cette semaine. Ce répit permet de tirer un premier bilan des annonces passées : le secteur du logiciel d'entreprise se scinde clairement entre les sociétés qui tirent un bénéfice concret de l'intelligence artificielle et celles qui peinent à en capter la valeur. Palantir illustre le premier camp avec un chiffre d'affaires en hausse de 89% sur le premier semestre de l'année. Shopify, la plateforme qui propulse les boutiques en ligne de nombreux commerçants, affiche de son côté une croissance trimestrielle de 34%, un rythme comparable à celui du premier trimestre mais supérieur à celui de l'an dernier, lui-même déjà en accélération par rapport à 2024.

Cette divergence de performances a une portée qui dépasse les deux entreprises concernées : elle démontre que l'IA générative commence à produire des résultats financiers tangibles pour certains acteurs, alors que beaucoup d'autres sociétés du secteur logiciel restent à la traîne. Palantir doit sa réussite à une combinaison d'agents IA et de consultants humains qui accompagnent directement ses clients dans le déploiement de ces outils, transformant la technologie en revenus mesurables plutôt qu'en simple argument marketing. Chez Shopify, ce sont des chatbots dopés à l'IA qui recommandent des produits aux acheteurs en puisant dans le catalogue des marchands, un mécanisme qui stimule directement les ventes en ligne et donc les commissions perçues par la plateforme.

Ces résultats s'inscrivent dans un débat plus large qui traverse actuellement l'industrie technologique : celui de savoir qui, parmi les géants du logiciel, parvient réellement à monétiser les investissements massifs consentis dans l'IA. Après des trimestres marqués par des promesses et des expérimentations, les investisseurs scrutent désormais les chiffres concrets de croissance pour distinguer les entreprises qui ont su intégrer l'IA à leur modèle économique de celles qui n'y sont pas parvenues. Les prochaines publications de CoreWeave et Nebius, deux fournisseurs clés d'infrastructure de calcul pour l'IA, seront suivies de près comme un autre indicateur de la solidité de la demande sous-jacente pour ces technologies.

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Accenture et Google Cloud ont annoncé le 7 juillet 2026 le lancement d'Accenture Edge, une offre d'agents d'intelligence artificielle préconfigurés destinée aux entreprises de taille intermédiaire réalisant entre 300 millions et 3 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel. L'objectif affiché est de réduire le délai entre le pilote et la mise en production à quelques semaines, contre plusieurs mois habituellement pour ce type de déploiement. Ces agents couvrent déjà six domaines : l'intelligence client, l'expérience client, la cybersécurité, les opérations, la productivité des salariés, ainsi que des solutions sectorielles pour la banque, les télécommunications, le retail, les biens de consommation et la supply chain. Sur le plan technique, Google Cloud fournit la base logicielle, combinant Gemini Enterprise, la Gemini Enterprise Agent Platform lancée en avril 2026 et l'Agentic Data Cloud. Le volet cybersécurité s'appuie sur Google AI Threat Defense, qui intègre Gemini, Mandiant et Wiz. Accenture y ajoute sa propriété intellectuelle, son expertise sectorielle et des ingénieurs déployés directement chez les clients. Cette annonce marque un tournant potentiel pour l'industrie du conseil en technologie. Jusqu'ici, un projet d'intégration IA nécessitait une longue phase d'analyse sur mesure : étude des processus métiers, choix d'architecture, développement d'intégrations spécifiques, puis accompagnement au déploiement, chaque client représentant un chantier largement unique. Avec des agents préconfigurés, une partie de cette architecture, des workflows et des mécanismes de gouvernance devient réutilisable d'un client à l'autre, même si la personnalisation reste nécessaire. Pour les entreprises de taille intermédiaire, souvent moins équipées en ressources internes que les grands groupes, cela signifie un accès plus rapide et potentiellement moins coûteux à l'IA agentique appliquée à des fonctions concrètes comme la relation client ou la sécurité informatique. Pour Accenture, l'enjeu est aussi financier : le groupe a triplé ses revenus liés à l'IA générative sur son exercice 2025, et cette offre vise à accélérer encore cette dynamique en captant un segment de marché jusque-là moins servi par le conseil haut de gamme. Ce mouvement dépasse le seul cas d'Accenture. Selon une analyse de Business Insider sur la transformation du conseil par l'IA, les grands cabinets développent de plus en plus leurs propres outils logiciels et se rapprochent des entreprises technologiques, transformant progressivement leur expertise accumulée en produits réutilisables plutôt qu'en prestations sur mesure facturées à l'heure. Cette « productisation » du conseil redéfinit un modèle économique historiquement fondé sur l'intervention humaine personnalisée. Le partenariat entre Accenture et Google Cloud illustre aussi la concurrence croissante entre fournisseurs de cloud pour s'imposer comme la couche technologique de référence de l'IA agentique en entreprise, face à des rivaux comme Microsoft et AWS qui développent des stratégies similaires avec les grands cabinets de conseil.

UELes entreprises européennes de taille intermédiaire pourraient accéder a cette offre d'agents IA via les filiales locales d'Accenture et de Google Cloud, mais aucune entreprise ou réglementation française n'est directement impliquée dans cette annonce.

💬 Ce qui compte ici, c'est pas les six domaines couverts, c'est que le conseil bascule du sur-mesure facturé à l'heure vers du prêt-à-déployer. Accenture transforme des années d'expertise accumulée en produit qu'on installe en quelques semaines plutôt qu'en mission de six mois, et pour les boîtes de taille intermédiaire ça ouvre un accès qui leur était fermé jusque-là. Reste à voir si la personnalisation promise tient la route dès que le client a des besoins un peu tordus.

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La startup new-yorkaise Fora vient de boucler une levée de fonds de 60 millions de dollars, menée par les fonds Forerunner et Tactile Ventures. Cette opération porte sa valorisation à un milliard de dollars, lui conférant le statut de licorne. Fondée en 2021, l'entreprise a permis à ses conseillers en voyages de générer plus de 3 milliards de dollars de réservations cumulées depuis sa création. La plateforme fonctionne sur un modèle hybride : elle donne à des milliers de conseillers indépendants les moyens de créer leur propre activité, en leur fournissant les outils nécessaires pour gérer clients, réservations et opérations quotidiennes. Parmi ces outils figure Via, un assistant IA intégré que Fora prévoit justement de développer grâce à une partie importante de ce nouveau financement. Via peut rechercher des destinations, comparer les offres des fournisseurs, préparer des itinéraires personnalisés et rédiger des propositions commerciales. Selon les chiffres communiqués par l'entreprise, environ 15 000 conseillers sont actuellement actifs sur la plateforme, dont 97 % ont rejoint le secteur récemment, souvent après une première carrière dans un tout autre domaine. Cette levée de fonds illustre un choix stratégique qui tranche avec la tendance dominante du secteur : plutôt que d'automatiser entièrement le parcours client comme le font de nombreuses agences de voyages en ligne, Fora mise sur l'IA comme un outil d'augmentation plutôt que de remplacement. Concrètement, Via ne dialogue jamais directement avec les voyageurs à la place des conseillers, il se contente d'absorber les tâches administratives chronophages pour libérer du temps humain. Pour les conseillers, cela signifie pouvoir consacrer davantage d'heures au conseil personnalisé et au développement de leur clientèle, deux activités jugées difficilement automatisables. Pour l'industrie du voyage dans son ensemble, ce pari valide une approche où la confiance des investisseurs se porte sur des modèles combinant technologie et expertise humaine plutôt que sur une automatisation intégrale. Ce choix s'inscrit dans un débat plus large sur la manière dont l'IA générative transforme les métiers de service. Selon des analyses publiées par McKinsey et Accenture, les gains de productivité les plus rapides et les plus durables proviennent souvent de cette logique d'« augmentation », où l'humain garde la main sur les décisions à forte valeur ajoutée. Evan Frank, cofondateur de Fora, défend d'ailleurs l'idée que l'intelligence artificielle renforce la valeur de qualités difficiles à reproduire, comme l'expertise, le goût ou la compréhension fine des attentes d'un client. Reste à savoir si ce modèle hybride résistera à la pression concurrentielle des géants du voyage en ligne, qui misent eux sur une automatisation plus poussée, et si l'afflux de nouveaux conseillers venus d'autres secteurs confirmera la viabilité à long terme de cette approche entrepreneuriale assistée par l'IA.

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UELes fonds de capital-risque européens, souvent de taille réduite, pourraient gagner en compétitivité en adoptant l'IA pour accélérer leurs due diligences et leur sourcing, à mesure que le fossé entre early adopters et suiveurs se creuse.

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BusinessOpinion
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