Mitsubishi se lance aussi dans les robots humanoïdes et vise 1 000 unités par mois
Mitsubishi Motors a signé le mois dernier un protocole d'accord avec Highlanders, une jeune pousse issue de l'Université de Tokyo, pour développer des robots humanoïdes destinés à ses lignes de production. Le constructeur japonais vise une cadence pouvant atteindre 1 000 unités par mois, produites dans son ancienne usine de moteurs thermiques de Kyoto, avec un début de production en série envisagé dès l'année prochaine si le projet respecte le calendrier prévu. Le premier modèle, baptisé HL Human, dispose de 19 degrés de liberté et d'actionneurs électriques censés reproduire des mouvements proches de ceux d'un être humain. Il s'appuie sur l'intelligence artificielle pour analyser son environnement, planifier ses déplacements et communiquer avec les opérateurs en langage naturel. Mitsubishi ne prévoit pas de commercialiser ces machines dans l'immédiat : elles serviront d'abord dans ses propres installations industrielles.
Cette annonce illustre l'accélération d'une course industrielle mondiale vers les robots humanoïdes de production, dans laquelle Tesla, Hyundai, Figure AI et désormais Xpeng, qui vise elle aussi 1 000 unités mensuelles pour son robot IRON, se disputent le terrain. Pour Mitsubishi, l'enjeu dépasse le simple effet de mode : le groupe capitalise sur des décennies d'expertise en automatisation industrielle pour se positionner comme acteur de poids sur un marché en pleine expansion, plutôt que comme simple suiveur. L'idée que ces robots participent eux-mêmes, à terme, à la fabrication des futurs modèles produits sur le site montre une ambition de boucle industrielle où humains et machines travaillent de concert, potentiellement pour répondre aux tensions sur la main-d'œuvre et réduire les coûts de production. Selon Takao Kato, président-directeur général de Mitsubishi Motors, cette collaboration doit renforcer durablement l'expertise du groupe en robotique humanoïde.
Le choix de transformer l'usine de moteurs thermiques de Kyoto n'est pas anodin : il symbolise la bascule d'un site historiquement dédié aux motorisations classiques vers la fabrication de robots, reflet plus large de la mutation des constructeurs automobiles traditionnels vers des acteurs technologiques diversifiés. Ce virage s'inscrit dans un contexte où plusieurs grands noms de l'industrie, confrontés à la maturité du marché automobile et à la concurrence chinoise, cherchent de nouveaux relais de croissance dans la robotique et l'IA embarquée. Reste à savoir si Mitsubishi parviendra à concrétiser cet objectif de 1 000 unités mensuelles, un chiffre ambitieux que d'autres acteurs comme Xpeng peinent eux aussi encore à atteindre, et si ces robots resteront cantonnés à un usage interne ou seront un jour proposés à d'autres industriels.
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