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WeatherNext : cette IA de DeepMind prévoit les cyclones avec un jour d’avance

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Google DeepMind a dévoilé le 6 août 2026 WeatherNext, un modèle d'intelligence artificielle destiné à améliorer la prévision des cyclones. Publiés dans la revue scientifique Nature, les résultats montrent qu'une prévision réalisée trois jours à l'avance avec ce système atteint une fiabilité équivalente à celle des modèles classiques établis à deux jours d'échéance, soit un gain moyen de 24 heures d'anticipation. Le modèle ne se limite pas à calculer une trajectoire unique : il génère jusqu'à 1 000 scénarios possibles pour chaque tempête, offrant aux prévisionnistes une vision beaucoup plus complète des risques d'évolution. Pour y parvenir, WeatherNext s'appuie sur environ 20 téraoctets de données atmosphériques et une base historique couvrant près de 5 000 tempêtes passées. Fait notable, le modèle conserve une précision élevée même avec des données moins détaillées que celles utilisées par les systèmes traditionnels, un phénomène que les chercheurs n'expliquent pas encore totalement. Google a également annoncé la mise en open source de trois versions du système, WeatherNext Cyclones, WeatherNext 2 et WeatherNext 2-mini, rendant code et poids accessibles aux chercheurs et aux agences météorologiques.

Ce gain de 24 heures représente un enjeu concret pour la gestion des catastrophes naturelles. Chaque heure supplémentaire d'anticipation permet aux autorités locales d'organiser des évacuations plus ordonnées, de sécuriser des infrastructures critiques et de diffuser des alertes mieux ciblées auprès des populations exposées. DeepMind évalue ce progrès à l'équivalent d'une décennie d'avancées en météorologie cyclonique, un secteur où la fiabilité des trajectoires reste historiquement difficile à établir en raison de la rapidité d'évolution de ces phénomènes et du grand nombre de paramètres atmosphériques en jeu. La mise à disposition open source du modèle pourrait aussi permettre à des agences météorologiques nationales, notamment dans des régions moins dotées en ressources de calcul, d'adapter l'outil à leurs réalités locales et de développer des variantes spécialisées.

Cette annonce s'inscrit dans la stratégie plus large de DeepMind, qui multiplie depuis plusieurs années les modèles d'IA appliqués aux sciences du climat et de la météorologie, après des projets comme GraphCast. Le choix de publier une étude évaluée par les pairs dans Nature tout en libérant le code renforce la crédibilité scientifique de l'initiative, dans un contexte où les grandes entreprises technologiques cherchent à démontrer l'utilité sociétale de leurs modèles d'IA générative. DeepMind précise toutefois que les prévisions officielles resteront émises par les agences météorologiques nationales, WeatherNext étant conçu comme un outil d'aide à la décision plutôt qu'un substitut aux autorités compétentes. Reste à voir comment ces agences intégreront concrètement cette technologie dans leurs chaînes d'alerte opérationnelles.

Impact France/UE

Les territoires ultramarins français exposés aux cyclones (Antilles, Réunion, Mayotte) pourraient bénéficier de ce modèle si Météo-France l'adopte, mais aucune collaboration officielle n'a été annoncée à ce stade.

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OpenAI a présenté le 16 avril 2026 GPT-Rosalind, un modèle d'intelligence artificielle de nouvelle génération conçu spécifiquement pour la recherche en biologie, la découverte de médicaments et la médecine translationnelle. Baptisé en hommage à la chimiste Rosalind Franklin, ce modèle est accessible en version test via ChatGPT, Codex et l'API d'OpenAI, mais uniquement pour un cercle restreint d'organisations américaines sélectionnées. Ses capacités couvrent la génomique, l'ingénierie des protéines et la chimie moléculaire : il croise des données complexes, formule des hypothèses biologiques et conçoit des protocoles expérimentaux complets. Sur BixBench, référence sectorielle en bioinformatique, il se classe premier parmi tous les modèles ayant publié leurs résultats. Sur LABBench2, il surpasse GPT-5.4 sur six tâches sur onze, avec une performance particulièrement nette sur CloningQA, un exercice de conception de réactifs pour protocoles de clonage moléculaire. En collaboration avec Dyno Therapeutics, le modèle a été testé sur des séquences d'ARN inédites : ses propositions ont dépassé 95 % des experts humains en prédiction de protéines, et atteint le 84e percentile pour la génération de séquences. Pour la recherche biomédicale, l'enjeu est considérable. Des tâches qui mobilisaient des équipes entières pendant des années peuvent désormais être accélérées par un modèle capable de raisonner sur des structures biologiques complexes. La gratuité pendant la phase de test lève la barrière financière pour les laboratoires, leur permettant d'expérimenter sans contrainte de budget. Si les performances observées se confirment en conditions réelles, GPT-Rosalind pourrait compresser significativement les cycles de développement de médicaments, dont les délais se comptent actuellement en décennies et les coûts en milliards de dollars. OpenAI a choisi une stratégie d'accès délibérément restrictive, justifiée par la sensibilité des domaines concernés. Les organisations candidates subissent une vérification approfondie : leurs travaux doivent présenter un impact collectif identifiable et positif. Les bénéficiaires acceptent des conditions d'usage strictes et s'engagent à mettre en place des mécanismes contre les détournements. Cette prudence n'est pas anodine : un modèle capable de manipuler des concepts biologiques avancés, comme la conception de protéines ou la modification de séquences génétiques, soulève des questions de biosécurité que la communauté scientifique et les régulateurs scrutent de près. Le lancement de GPT-Rosalind s'inscrit dans une course plus large entre OpenAI, Google DeepMind et des acteurs spécialisés comme Insilico Medicine pour dominer l'IA appliquée aux sciences de la vie, un marché estimé à plusieurs centaines de milliards de dollars d'ici 2030.

UELes laboratoires et chercheurs européens sont exclus de l'accès à GPT-Rosalind, réservé à un cercle restreint d'organisations américaines, creusant l'écart avec les acteurs américains dans la course à l'IA biomédicale.

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Cette IA prédit l’insuffisance cardiaque… 5 ans avant qu’elle n’arrive
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La science des matériaux n'a pas encore connu son moment AlphaFold, et ce n'est pas faute d'essayer. Heather Kulik, professeure pionnière dans l'application de l'IA aux sciences des matériaux, explique pourquoi cette discipline reste fondamentalement plus difficile à modéliser que la biologie, tout en démontrant que les victoires concrètes sont déjà là. L'exemple le plus frappant : l'équipe de Kulik a utilisé l'IA pour concevoir de nouveaux polymères quatre fois plus résistants que les versions existantes. Les chercheurs eux-mêmes ont été surpris par les designs proposés, l'IA avait découvert un mécanisme de rupture inédit, purement quantique, que personne n'avait anticipé. Ce genre de résultat illustre une conviction centrale de Kulik : l'IA pour la science fonctionne, mais uniquement quand l'expertise du domaine est profondément intégrée aux techniques d'apprentissage automatique. Pourquoi la science des matériaux n'a-t-elle pas son équivalent d'AlphaFold ? Kulik identifie deux obstacles structurels. D'abord, les données : contrairement à la biologie où des bases de données massives et fiables existent, les matériaux ne disposent que de datasets bruités issus de calculs DFT (Density Functional Theory), de simples approximations du réel. « Nous avons de très bons datasets pour une chimie très ennuyeuse », résume-t-elle. Ensuite, la complexité intrinsèque : AlphaFold opère dans un espace fini de 20 acides aminés, tandis que les matériaux impliquent chaque élément du tableau périodique, chacun apportant un nouveau jeu d'interactions sans transfert possible d'un système à l'autre. Pour tester les limites des LLMs en chimie, Kulik a développé un test simple mais révélateur : demander à un modèle de concevoir un ligand contenant exactement 22 atomes lourds. Résultat : Claude et ChatGPT réussissent la tâche en biologie (contexte Kinase), mais échouent systématiquement pour les MOFs (Metal-Organic Frameworks), générant des ligands à 21, 23 ou 24 atomes. Une asymétrie qui suggère que les LLMs raisonnent différemment selon les domaines scientifiques, et que la chimie des matériaux reste un territoire largement inexploré pour l'IA.

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