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BusinessThe Information AI · 2 min de lecture

Canva confronté à une hausse des coûts de l'IA et à la concurrence de ChatGPT

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Canva, l'application de conception graphique revendiquant plus de 200 millions d'utilisateurs, traverse une passe difficile après le plus grand lancement de produit de ses treize ans d'existence, une série d'outils fondés sur l'intelligence artificielle. La popularité inattendue de ces nouvelles fonctionnalités a fait exploser les coûts de l'entreprise, au point que ses dirigeants ont dû ralentir leur déploiement auprès de nouveaux utilisateurs. Cette semaine, ils ont annoncé aux investisseurs une révision à la baisse de leurs prévisions de croissance du chiffre d'affaires pour l'année, désormais fixées à 20%. Autre problème, jusqu'ici non révélé : selon une personne au fait du dossier, un nombre croissant d'utilisateurs de Canva se seraient tournés ces derniers mois vers ChatGPT plutôt que vers l'outil de la startup, depuis qu'OpenAI a lancé en avril un nouveau modèle de génération d'images jugé plus performant pour créer des visuels pratiques comme des affiches.

Ces déboires illustrent un défi que rencontrent de nombreuses entreprises technologiques : l'intelligence artificielle générative coûte cher à faire tourner à grande échelle, surtout lorsque son adoption dépasse les prévisions initiales. Pour Canva, société privée dont la valorisation repose largement sur sa base massive d'utilisateurs professionnels et grand public, ce ralentissement budgétaire interroge la rentabilité de sa stratégie IA au moment même où elle affronte des concurrents capables d'attirer ses propres utilisateurs. La montée en puissance de ChatGPT comme alternative pour la création visuelle simple menace en particulier le cœur de métier de Canva, à savoir la conception rapide et accessible de supports comme des affiches, présentations ou publications pour les réseaux sociaux.

Ce coup de frein survient alors que la course à l'intelligence artificielle générative s'intensifie entre géants technologiques et startups spécialisées. En améliorant continuellement ses modèles de génération d'images, OpenAI empiète progressivement sur des marchés jusque là dominés par des outils dédiés comme Canva, Adobe ou Figma. Pour Canva, qui a construit son succès en misant sur la simplicité et l'accessibilité du design, l'enjeu consiste désormais à trouver un équilibre entre investissement dans l'IA, maîtrise des coûts et différenciation face à des concurrents capables d'intégrer des capacités similaires dans des interfaces conversationnelles génériques. Les prochains trimestres diront si l'entreprise parvient à convertir ses difficultés actuelles en avantage stratégique durable.

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Canva, la plateforme de design graphique valorisée à 42 milliards de dollars, affiche une sérénité notable face à l'émergence des outils de design propulsés par l'intelligence artificielle. Alors que des concurrents comme Figma s'inquiètent ouvertement de la menace que représente Claude Design, le nouvel outil lancé par Anthropic, Canva adopte une posture radicalement différente. Anwar Haneef, responsable de l'écosystème chez Canva, décrit explicitement Claude Design comme « un produit complémentaire » plutôt que comme un rival direct. Selon lui, si ces outils IA permettent d'obtenir rapidement une première ébauche, les utilisateurs se heurtent rapidement à leurs limites dès qu'il s'agit d'affiner le résultat, de collaborer en équipe, d'intégrer des ressources graphiques ou d'appliquer une charte de marque. « Claude n'est pas conçu pour ça ; il est conçu pour l'idéation », a-t-il déclaré. Cette position n'est pas qu'une pirouette diplomatique : Canva affirme disposer de données concrètes pour étayer l'idée qu'Anthropic et OpenAI sont des alliés plutôt que des concurrents. L'argument central repose sur la complémentarité des usages : les LLM excellent dans la génération rapide de concepts et de brouillons, tandis que Canva reste indispensable pour la phase d'exécution professionnelle, notamment grâce à ses fonctionnalités collaboratives, ses bibliothèques d'assets et ses outils de gestion de marque. Pour les équipes marketing et communication, ce sont deux étapes distinctes d'un même flux de travail. Cette divergence d'appréciation du risque entre Canva et Figma illustre une tension plus large dans l'industrie tech. De nombreuses entreprises qui s'appuient sur les modèles d'Anthropic ou d'OpenAI pour construire leurs propres applications craignent que ces fournisseurs de modèles ne finissent par les court-circuiter en lançant des produits concurrents directement intégrés. La stratégie de Canva consiste à parier sur la complexité des workflows professionnels comme rempart naturel contre la désintermédiation, une logique qui sera mise à l'épreuve à mesure que les capacités des agents IA s'élargissent.

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Canva multiplie les rachats pour devenir une plateforme créative dopée à l’IA

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UELes équipes marketing et design des entreprises françaises et européennes pourraient trouver dans Canva un guichet unique pour leur workflow créatif, réduisant leur dépendance aux suites Adobe et outils tiers.

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Des entreprises clientes de logiciels d'entreprise ont commencé à renégocier leurs contrats pour y intégrer des clauses de sortie anticipée si leurs fournisseurs ne tiennent pas leurs promesses en matière d'intelligence artificielle. L'assureur National Life Group, par exemple, a obtenu des dispositions lui permettant de résilier ou de réduire son abonnement en cours de contrat si le vendeur ne livre pas les fonctionnalités IA aux délais et au niveau de qualité convenus. Au-delà de ces clauses d'échappatoire, les entreprises signent également des contrats plus courts qu'auparavant, et exigent désormais des engagements écrits sur la capacité des nouveaux outils IA à automatiser des tâches de col blanc. Malinda Gentry, dirigeante au sein du cabinet EY-Parthenon, résume l'enjeu : « Les clients veulent s'assurer que les engagements financiers correspondent au rythme de l'innovation. » Dans le secteur de la cybersécurité, Susanne Senoff, directrice de la sécurité informatique chez Conga, dit observer des remises tarifaires record de la part de fournisseurs qui cherchent à lui faire signer des contrats longs, mais elle les refuse systématiquement en faveur de contrats d'un an. De son côté, Intuit, dont la capitalisation boursière dépasse 100 milliards de dollars, a annoncé lors d'une conférence investisseurs que ses nouvelles fonctionnalités IA, prévues pour août, seront facturées à la consommation plutôt qu'en abonnement forfaitaire. Son PDG, Sasan Goodarzi, a confirmé que ce modèle de tarification s'appliquera aux outils qui connectent les clients à des experts comme des comptables. Ce mouvement traduit un rééquilibrage du rapport de force entre les grands éditeurs de logiciels et leurs clients. Les entreprises refusent désormais d'être captives de fournisseurs qui pourraient accuser du retard dans la course à l'IA, et elles disposent d'arguments concrets pour négocier. Senoff anticipe notamment qu'OpenAI et Anthropic pourraient bientôt rendre obsolètes des outils de scan automatique de code actuellement vendus par des éditeurs spécialisés. « Les vendeurs détestent ça, mais qu'est-ce qu'ils peuvent faire d'autre ? » dit-elle. Le passage à la tarification à l'usage chez Intuit illustre une tension similaire : le coût élevé des modèles de langage sous-jacents, fournis par Anthropic ou d'autres, rend difficile de les inclure dans un forfait fixe, mais ce changement de modèle commercial arrive alors que la croissance des revenus d'Intuit a sensiblement ralenti. Ce tournant s'inscrit dans une recomposition plus large du marché des logiciels d'entreprise. Des acteurs historiques comme Intuit, Salesforce ou SAP sont pris en étau entre des clients qui exigent des avancées IA rapides et des fournisseurs de modèles fondamentaux, OpenAI et Anthropic en tête, dont les capacités progressent plus vite que les cycles de développement traditionnels. OpenAI affichait au premier trimestre 2026 une avance de un milliard de dollars de revenus sur Anthropic, ce qui illustre la concentration du pouvoir technologique au sommet de la chaîne. Pour les éditeurs intermédiaires, l'enjeu est existentiel : innover suffisamment vite pour justifier des engagements pluriannuels, ou accepter de voir leurs clients partir au premier signe de faiblesse.

UELes DSI et directions achats européennes peuvent s'inspirer de ce mouvement pour renégocier leurs contrats SaaS et y intégrer des clauses de sortie anticipée en cas de non-livraison des fonctionnalités IA promises.

💬 C'est le genre de clause qu'on aurait dû mettre dans nos contrats depuis 2 ans. Les éditeurs ont vendu du rêve IA, les clients ont signé des engagements pluriannuels, et maintenant que la facture arrive sans les fonctionnalités promises, le rapport de force s'inverse enfin. Reste à voir si les DSI français auront le même culot que les Américains pour aller au bras de fer.

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Cursor fait face à la contestation des hausses de prix par ses clients lors des négociations de contrat
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Cursor fait face à la contestation des hausses de prix par ses clients lors des négociations de contrat

Cursor, l'application de codage assistée par IA considérée comme pionnière du secteur, a changé de modèle tarifaire l'an dernier, abandonnant les abonnements à prix fixe au profit d'une facturation basée sur l'usage. Ce changement provoque aujourd'hui des négociations tendues lors du renouvellement des contrats clients. Un exemple cité par The Information illustre l'ampleur du problème : un cabinet de conseil en informatique avait payé environ 200 000 dollars à Cursor pour 800 licences sur les douze mois précédant mai 2026. Au moment du renouvellement, Cursor a tenté de facturer environ 1,5 million de dollars pour un volume d'usage quasiment identique. Selon la personne interrogée et des documents consultés par The Information, le cabinet a négocié fermement et obtenu un nouveau contrat annuel ramené à 250 000 dollars, loin du tarif initialement proposé. Cet épisode révèle que Cursor ne dispose pas, du moins pour l'instant, du même pouvoir de fixation des prix que d'autres acteurs de l'intelligence artificielle, Anthropic en tête. Pour les entreprises clientes, la transition vers une facturation à l'usage introduit une imprévisibilité budgétaire qui pousse certaines d'entre elles à se tourner vers des alternatives comme Claude Code ou d'autres outils de codage assisté par IA. Ce bras de fer tarifaire pourrait fragiliser la position de Cursor sur un marché où la fidélité des clients dépend largement de la prévisibilité des coûts, un enjeu crucial pour les directions informatiques qui gèrent des budgets serrés. Cette tension survient alors que le marché des outils de codage par IA connaît une croissance rapide et une concurrence de plus en plus vive, avec Anthropic et son Claude Code en position de force face à Cursor. Le passage généralisé, dans l'industrie, des abonnements forfaitaires vers une tarification à l'usage reflète la volonté des fournisseurs de mieux capter la valeur générée par une utilisation intensive de leurs modèles, mais elle expose aussi les éditeurs au risque de voir leurs clients négocier durement, voire partir vers la concurrence, si les hausses de prix sont jugées excessives.

UELes entreprises françaises et européennes utilisant Cursor pourraient être confrontées aux mêmes risques de hausses tarifaires imprévisibles lors du renouvellement de leurs contrats.

BusinessActu
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