Suno veut se légitimer avec des filigranes pour la musique générée par IA
Suno, une des plateformes les plus utilisées pour générer de la musique par intelligence artificielle, annonce l'ajout de filigranes (watermarks) sur l'ensemble des morceaux produits par ses modèles. Dans un billet de blog, le PDG et cofondateur de l'entreprise, Mikey Shulman, explique que ce changement répond aux "normes émergentes" du secteur en matière d'étiquetage des contenus générés par IA. Concrètement, les plateformes de streaming pourront bientôt identifier automatiquement les morceaux issus de Suno grâce à ces marqueurs invisibles, et choisir soit de les signaler comme contenu IA, soit de les bloquer purement et simplement. Shulman n'a pas précisé si Suno développera sa propre technologie de filigrane ou s'appuiera sur une solution existante, comme SynthID de Google, que la firme de Mountain View a récemment commencé à concéder sous licence à d'autres entreprises.
Cette décision intervient alors que les services de streaming comme Spotify sont submergés par un flot croissant de morceaux générés par IA, dont une part significative provient justement de Suno. En s'imposant volontairement des filigranes, l'entreprise cherche à se positionner comme un acteur responsable face à la multiplication des contenus IA de mauvaise qualité, souvent qualifiés de "slop", qui inondent les plateformes musicales et brouillent la frontière entre créations humaines et artificielles. Pour les auditeurs comme pour les ayants droit, cette traçabilité pourrait permettre de mieux distinguer les productions authentiques et de limiter la dilution de la valeur créative dans un marché déjà saturé.
L'initiative de Suno s'inscrit dans une tendance plus large de régulation volontaire du contenu généré par IA, à l'image de Google, qui affirme avoir utilisé SynthID pour étiqueter l'équivalent de 60 000 années de contenu audio produit par ses modèles Gemini, ainsi que plus de 100 milliards d'images et de vidéos. Face à la pression croissante des plateformes, des artistes et des régulateurs, ces mécanismes de marquage pourraient devenir un standard incontournable de l'industrie, forçant les autres générateurs de musique par IA à emboîter le pas pour conserver l'accès aux grandes plateformes de streaming.
Spotify, plateforme suédoise largement utilisée en France et en Europe, est directement concernée par l'afflux de morceaux générés par IA, et pourrait s'appuyer sur ces filigranes pour identifier ou filtrer ce contenu auprès des auditeurs européens.
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