L'IA augmente les besoins en mémoire, le stockage s'adapte

Le nouveau format de puce dans les datacenters IA pousse les demandes de mémoire et de bande passante à un niveau que la simple augmentation de la capacité de stockage ne peut plus suivre. À l'occasion de la conférence Future of Memory and Storage (FMS) qui se tient cette semaine, NVIDIA a présenté une série d'avancées destinées à répondre à cette pression, portées notamment par sa puce Vera CPU, intégrée dans la plateforme NVIDIA Vera BlueField-4 STX. Selon des benchmarks publiés sur le blog technique de l'entreprise, cette puce offre un débit jusqu'à 3,21 fois supérieur à celui d'un CPU x86 classique dans un pipeline de compression et de chiffrement à deux étages. NVIDIA a également annoncé l'ouverture en open source de ses API cuFile, ainsi que la pile logicielle de stockage vertical sous-jacente, qui permettent aux GPU, et non plus seulement aux CPU, de lire et écrire directement sur le stockage. Ce composant, issu de la technologie GPUDirect Storage, exploite des centaines de milliers de threads GPU et une mémoire à large bande passante pour accéder aux données en quelques microsecondes seulement.
Cette évolution change fondamentalement la manière dont les infrastructures gèrent les données pour l'intelligence artificielle. Les agents IA génèrent désormais des volumes de requêtes considérables, les GPU pouvant désormais initier eux-mêmes des milliers d'opérations de stockage simultanées. Pour absorber ce flux, les systèmes doivent chiffrer, compresser, vérifier et reconstruire les données en continu, ce qui peut créer des goulots d'étranglement lorsque des milliers d'agents sollicitent le stockage en même temps. Avec Vera, NVIDIA affirme que les plateformes de stockage peuvent absorber ce déluge de données plus efficacement, avec un débit supérieur pour une infrastructure de calcul moindre. Concrètement, cela signifie que le stockage cesse d'être un simple espace passif où reposent les données pour devenir un maillon actif de la chaîne de traitement, redéfinissant l'arbitrage traditionnel entre mémoire rapide et stockage bon marché : un compromis qui se mesurait autrefois en minutes et qui se joue désormais en microsecondes.
Cette bascule s'inscrit dans un mouvement plus large de coordination industrielle. Les API cuFile, en devenant ouvertes, doivent favoriser l'interopérabilité entre constructeurs et renforcer la sécurité des accès aux données, un enjeu jugé essentiel pour les mécanismes de cyberdéfense préventive. Ces technologies ouvertes soutiennent notamment la nouvelle Open Secure AI Alliance, dont Google, Intel, NVIDIA et Meta sont les premiers contributeurs. Par ailleurs, NVIDIA pilote une initiative baptisée Storage-Next, réunissant plus de quarante fabricants de stockage et de mémoire flash, des concepteurs de contrôleurs, des spécialistes du refroidissement thermique et des organismes de normalisation, dans le but de définir des standards ouverts et interopérables pour le stockage piloté par GPU. Cette convergence entre fabricants de matériel et éditeurs de logiciels illustre la nécessité d'une co-conception étroite entre mémoire, stockage et calcul accéléré pour suivre le rythme de croissance des besoins de l'IA.
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