Qwen3.8-Max : Alibaba revient dans la course pour rivaliser avec Fable 5 et Kimi K3
Alibaba a dévoilé Qwen3.8-Max, un modèle de langage doté de 2 400 milliards de paramètres, quinze jours seulement après le lancement de Kimi K3 par Moonshot AI, un autre acteur chinois du secteur. Contrairement à Kimi K3 et ses 2 800 milliards de paramètres et 104,2 milliards de paramètres actifs par token, Qwen3.8-Max repose sur une architecture Mixture of Experts activant 95 milliards de paramètres par token, tout en nécessitant le chargement complet du modèle en mémoire. Alibaba revendique, benchmarks à l'appui, des performances comparables à Gemini 3.1-Pro, GPT-5.6 Sol et Fable 5 sur le raisonnement multimodal, l'analyse d'images en tant qu'« agent visuel », le code et l'analyse de documents. Comme Moonshot AI l'avait fait avec Kimi K3, Alibaba promet de rendre les poids du modèle disponibles en open source sur Hugging Face et ModelScope dans la semaine, après une exclusivité initiale sur sa propre plateforme QwenCloud. Côté tarifs, l'entreprise affiche 2 dollars par million de tokens en entrée et 6 dollars en sortie, des prix inférieurs à ceux de Kimi K3 (3 et 15 dollars), GPT-5.6 Sol (5 et 30 dollars), Opus 4.8 (5 et 25 dollars) et Fable 5 (10 et 50 dollars).
Cette sortie confirme que les entreprises chinoises de l'IA générative continuent de talonner les leaders américains, un an après le « moment DeepSeek » qui avait déjà bousculé le secteur. En ciblant explicitement le code et l'automatisation des tâches de bureau, Alibaba se positionne frontalement contre Anthropic, un terrain jusque-là dominé par cette dernière. Pour appuyer sa démonstration, l'entreprise met en avant trois défis réalisés sans intervention humaine, écriture et exécution de code exclues : la génération du projet « oh-my-cli » en dix jours, la reproduction du code d'un article scientifique, et un concours de compréhension des besoins clients. Alibaba insiste sur le fait que son modèle ne se contente pas de suivre un plan prédéfini mais s'adapte grâce à des boucles de rétroaction, un argument destiné à convaincre les développeurs et les entreprises cherchant à automatiser des tâches complexes. Les prix cassés renforcent l'attractivité du modèle pour les usages à grande échelle.
Reste que la comparaison des prix par million de tokens masque une réalité plus complexe, comme le montre l'exemple d'Opus 4.7 qui consommait ses tokens bien plus rapidement qu'Opus 4.6 sans que cela soit reflété dans le tarif affiché. Plusieurs utilisateurs de Qwen3.8-Max rapportent déjà avoir épuisé leur quota en quelques prompts seulement, ce qui interroge sur l'écart entre le prix nominal et le coût réel d'usage. Cette question de la consommation de tokens devient centrale dans un marché où les modèles surenchérissent sur les benchmarks et les tarifs, sans que les utilisateurs disposent toujours d'outils fiables pour comparer l'efficacité réelle de chaque système face à leurs besoins concrets.
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