L'IA protectionniste de Trump s'attaque désormais à la robotique
La Federal Trade Commission américaine a annonce la semaine dernière une interdiction générale des importations de robots avances fabriques a l'étranger, visant les humanoïdes, les robots quadrupèdes et les robots a roues. Cette décision, prise par une FTC de plus en plus alignée sur l'administration Trump, s'appuie sur deux justifications : le risque que ces robots collectent massivement des données, y compris dans des foyers ou des sites sensibles, ce qui constituerait une menace pour la sécurité nationale, et la nécessite de protéger les entreprises américaines de robotique face a la concurrence chinoise pour bâtir une chaine d'approvisionnement domestique plus solide. Un document de la FTC cite d'ailleurs un incident ou un individu avait réussi a prendre le contrôle de 7 000 aspirateurs robots. Gavin Kenneally, PDG de Ghost Robotics, fabricant américain de robots quadrupèdes destines a l'inspection, a salue la mesure, estimant que les risques de cybersécurité lies aux robots étrangers sont réels et qu'un environnement concurrentiel plus équilibre bénéficierait aux clients comme a l'industrie.
Cette interdiction s'inscrit dans une stratégie plus large de l'administration Trump visant a protéger l'industrie américaine de l'intelligence artificielle, la robotique étant désormais considérée comme l'un des fronts les plus avances de ce secteur. Washington envisagerait par ailleurs d'interdire les modèles d'IA chinois en open source, qui rivalisent souvent avec ceux d'OpenAI et d'Anthropic tout en coutant beaucoup moins cher, une mesure qui priverait les entreprises américaines d'environ 25 milliards de dollars d'économies annuelles. Le problème, selon plusieurs acteurs du secteur, c'est que les entreprises et laboratoires universitaires américains dépendent lourdement des robots chinois bon marche pour leurs travaux de recherche, notamment pour entrainer des robots a des taches variées comme retourner des gaufres ou faire la lessive.
Aaron Prather, directeur du renseignement de marche a l'Association for Advancing Automation, souligne que cette règle "créé un défi pour les chercheurs américains en robotique humanoïde", les modèles chinois offrant le meilleur rapport prix-performance du marche. Une étude interne de son organisation a révèle que 90 % des articles de recherche en robotique publies récemment par des universités américaines s'appuyaient sur des robots fabriques par Unitree, le principal fabricant chinois de robots humanoïdes. L'écart de prix est considérable : un robot quadrupède Unitree coute environ 4 600 dollars, contre 278 000 dollars pour un modèle comparable de Boston Dynamics, l'entreprise américaine de référence. Si l'accès a ces robots chinois abordables venait a se tarir, la recherche en robotique aux Etats-Unis pourrait en réalité ralentir plutôt que bénéficier de cette protection, un paradoxe que plusieurs observateurs du secteur pointent déjà du doigt.
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