Cortex AI Gateway donne la main aux DSI
Snowflake a présenté Cortex AI Gateway, une passerelle destinée à donner aux directions informatiques une vue unique sur les agents IA déployés dans l'entreprise, leurs autorisations et leurs dépenses. Le produit doit fédérer les agents propres à Snowflake, comme CoWork et CoCo, avec des outils tiers tels que Claude Code ou Cursor. Il encadrera les accès aux modèles, aux données, aux applications et aux serveurs MCP, avec une compatibilité annoncée pour plus de cent serveurs de ce type. La brique intègre aussi les technologies de Natoma, société rachetée par Snowflake en mai 2026. Des partenariats ont par ailleurs été noués avec 1Password, Aembit, Linx Security, Okta, SailPoint et Saviynt pour gérer l'identité des agents issus de plateformes externes. Le calendrier reste toutefois progressif : Cortex AI Gateway doit d'abord arriver en préversion publique, plusieurs intégrations partenaires sont prévues en préversion privée, et Okta ne rejoindra le dispositif qu'au quatrième trimestre 2026.
L'enjeu principal pour les entreprises est de reprendre le contrôle sur une dépense IA devenue difficile à suivre. Entre le nombre de modèles utilisés, la multiplication des équipes et les volumes de tokens consommés, la facture se répartit mal et échappe souvent aux directions financières. Cortex AI Gateway propose d'associer chaque dépense à un agent, un service ou une charge de travail précise, avec la possibilité de fixer des plafonds qui bloquent les dépassements avant la fin d'un cycle budgétaire. La passerelle peut aussi orienter automatiquement une requête vers le modèle le plus adapté selon le prix, la vitesse, la qualité attendue et la disponibilité, ce qui pourrait éviter que toutes les tâches soient envoyées par défaut vers le modèle le plus coûteux. Sur le plan de la sécurité, l'objectif est de limiter les autorisations d'un agent à la seule tâche qui lui est confiée, sans lui transférer l'ensemble des droits de l'utilisateur qui l'a activé.
Cette annonce répond à une diffusion rapide des agents IA dans les métiers, le développement logiciel et les outils de productivité, souvent connectés au cas par cas selon des règles et des connecteurs différents d'un service à l'autre. Cette dispersion complique les audits et alourdit la maintenance dans les grandes structures. Akhil Kapoor, de Saviynt, résume le problème en rappelant que « les modèles traditionnels de gestion des identités ont été conçus pour les utilisateurs humains, et non pour les agents d'IA », ce qui justifie le recours à des contrôles de type Zero Trust appliqués aux logiciels autonomes. Snowflake devra néanmoins démontrer que cette gouvernance reste simple à configurer pour les équipes IT, sous peine de déplacer la complexité plutôt que de la résoudre.
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