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OutilsLe Big Data · 2 min de lecture

Ces designers inventent une police d’écriture impossible à scraper par les IA

Résumé IASources croisées · 2Impact UE
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Un studio brésilien, Seneda & Abrucio, et la fonderie danoise Playtype ont lancé fin juillet 2026 une police d'écriture baptisée ShieldFont, gratuite et open source, conçue pour compliquer le scraping des textes par les intelligences artificielles. Le principe technique s'appuie sur une fonction intégrée au format OpenType : le texte présent dans le code HTML de la page n'est pas celui affiché à l'écran. ShieldFont encode le contenu en remplaçant environ 25 % des mots par d'autres appartenant à la même catégorie grammaticale, un nom pour un nom, un verbe pour un verbe, un adjectif pour un adjectif, avant de restituer visuellement les mots d'origine au moment de l'affichage. Un lecteur humain voit donc le texte exact tel qu'écrit par l'auteur, tandis qu'un robot qui aspire uniquement le code source récupère une version dont le sens a été altéré. Selon les tests menés par les créateurs, cette substitution partielle suffit à modifier sensiblement le message dans 55,8 % des articles de presse testés et 51,9 % des contenus web généralistes, avec des résultats variables sur les œuvres de fiction.

Cette initiative s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre éditeurs de contenus et entreprises d'IA, ces dernières collectant d'immenses volumes de textes pour entraîner leurs modèles sans toujours obtenir l'accord des auteurs. Pour les designers à l'origine du projet, publier un texte en ligne ne revient pas à consentir automatiquement à son utilisation pour l'entraînement d'une intelligence artificielle. ShieldFont offre ainsi aux éditeurs, blogueurs ou médias un outil concret pour brouiller la collecte automatisée sans pénaliser l'expérience de lecture humaine, contrairement à d'autres approches qui masquent le texte via des animations ou des effets visuels susceptibles de gêner la consultation normale d'une page.

La protection reste toutefois loin d'être infaillible. Un robot capable d'analyser le rendu visuel d'une page, par exemple via une capture d'écran couplée à de la reconnaissance optique de caractères (OCR), peut contourner le procédé et retrouver le texte réel. Un acteur suffisamment déterminé pourrait également télécharger la police et reconstituer les correspondances entre mots affichés et mots encodés dans le code source. Autre limite significative : ShieldFont ne fonctionne pour l'instant qu'en anglais, même si ses créateurs prévoient d'étendre le projet à d'autres langues, dont le français. Le procédé affecte aussi indistinctement moteurs de recherche, outils de traduction, lecteurs d'écran et fonctions de copier-coller, ce qui pousse ses concepteurs à déconseiller son usage sur des pages destinées à un bon référencement Google. ShieldFont illustre néanmoins une nouvelle piste, technique plutôt que juridique, dans la bataille entre créateurs de contenus et industrie de l'intelligence artificielle.

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Claude AI a subi une panne significative ce jeudi 8 mai 2026, touchant la fonctionnalité d'envoi de fichiers sur l'ensemble de ses plateformes. À partir d'environ 15h41 (heure française), des centaines d'utilisateurs ont signalé l'impossibilité de téléverser des documents PDF, des images ou tout type de pièce jointe dans leurs conversations avec l'assistant d'Anthropic. Le dysfonctionnement a été constaté simultanément sur la version web, l'application desktop et l'application mobile, indépendamment du type de connexion utilisée, Wi-Fi ou réseau cellulaire. Des utilisateurs ont également rapporté des difficultés d'accès aux projets Claude Design ainsi que des problèmes de connexion dans certaines régions. L'incident aurait duré au moins une heure, certains utilisateurs signalant un retour partiel des fonctionnalités tandis que d'autres continuaient à recevoir des messages d'erreur au moment du chargement. L'impact de cette panne dépasse largement le simple désagrément technique. Claude est aujourd'hui utilisé comme un véritable outil de travail quotidien par des milliers de professionnels : analyse de contrats, résumé de rapports, correction de présentations, traitement de tableaux de données. Priver ces utilisateurs de la possibilité d'envoyer des fichiers, c'est rendre l'outil quasi inutilisable pour une large part de ses cas d'usage les plus concrets. La panne illustre la dépendance croissante des workflows professionnels à des services cloud dont la fiabilité n'est pas encore à la hauteur des promesses commerciales. Anthropic n'a fourni aucune explication sur l'origine du dysfonctionnement ni aucune estimation de retour à la normale, ce qui a alimenté la frustration des utilisateurs les plus actifs, visibles notamment sur les réseaux sociaux. Cette incident s'inscrit dans un contexte plus large de montée en puissance des assistants IA dans les environnements professionnels, accompagnée d'une pression croissante sur les infrastructures des acteurs du secteur. Anthropic, qui positionne Claude comme un concurrent sérieux à ChatGPT d'OpenAI et à Gemini de Google, fait face à une demande en forte croissance depuis le lancement de Claude 3 et des offres Teams et Enterprise. Les pannes répétées, celle-ci n'est pas une première, posent la question de la robustesse des infrastructures déployées face à cette montée en charge. Pour les entreprises qui ont intégré Claude dans leurs processus internes, chaque incident de ce type se traduit par une perte de productivité mesurable et alimente les débats sur la pertinence de dépendre d'un seul fournisseur d'IA. La transparence d'Anthropic sur ses incidents de service sera probablement un facteur différenciant à mesure que la concurrence s'intensifie.

UELes professionnels français et européens dépendant de Claude pour l'analyse de documents et le traitement de fichiers ont subi une interruption directe de leurs workflows pendant au moins une heure.

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Le boss de Meta se dote d’un clone généré par IA

Meta travaille à la création d'un jumeau numérique photoréaliste de son PDG Mark Zuckerberg, selon quatre sources citées par le Financial Times. Entraîné à partir d'images et d'enregistrements vocaux du dirigeant, cet avatar animé par intelligence artificielle est conçu pour permettre aux employés de l'entreprise d'interagir avec lui en temps réel. Zuckerberg serait personnellement impliqué dans l'entraînement et les tests du système, qui pourrait lui permettre de donner des retours à ses équipes sans passer par la chaîne hiérarchique habituelle. Ce projet reste distinct de l'« agent de direction » révélé le mois dernier par le Wall Street Journal, un outil distinct destiné à l'assister dans la gestion opérationnelle de Meta. Si l'expérience interne est concluante, l'entreprise envisage d'ouvrir la technologie aux influenceurs et créateurs de contenu, qui pourraient à leur tour déployer des clones photoréalistes d'eux-mêmes pour interagir avec leurs audiences. L'enjeu est considérable pour Meta, qui cherche une application grand public crédible après avoir englouti plus de 60 milliards de dollars dans Reality Labs, son unité métavers, depuis 2020 sans résultats commerciaux probants. Des personnages virtuels photoréalistes pilotés par IA représentent une nouvelle tentative de concrétiser la promesse d'interactions immersives, cette fois en s'appuyant sur des cas d'usage plus tangibles : communication interne, relation fan-créateur, compagnons virtuels. Pour les créateurs, la possibilité de déléguer des interactions à un avatar IA soulève également des questions de monétisation inédites, mais aussi de transparence vis-à-vis de leurs abonnés. Ce projet s'inscrit dans une longue série de tentatives de Meta pour peupler ses plateformes de personnages IA. En septembre 2023, l'entreprise avait lancé des chatbots inspirés de célébrités comme Snoop Dogg, tous désactivés depuis. Elle avait ensuite déployé un AI Studio permettant aux utilisateurs et créateurs de concevoir leurs propres avatars conversationnels, initiative rapidement entachée de controverses après la création de contenus problématiques. Pour alimenter la dimension vocale de ces avatars, Meta a racheté en 2024 deux spécialistes de la synthèse vocale, PlayAI et WaveForms. Le défi technique reste néanmoins majeur : garantir le photoréalisme et l'absence de latence à grande échelle exige une puissance de calcul considérable. En arrière-plan, la progression fulgurante de Character AI auprès des jeunes utilisateurs a visiblement accéléré la stratégie de Zuckerberg, qui mise désormais sur les avatars IA comme prochain levier de croissance pour Facebook, Instagram et WhatsApp.

UELes créateurs de contenu et influenceurs européens pourraient bientôt accéder à cette technologie de clonage IA via les plateformes Meta, soulevant des questions de transparence et de consentement des audiences encadrées par le RGPD et l'AI Act.

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