Aller au contenu principal
BusinessVentureBeat AI · 2 min de lecture

NTT DATA AIVista comble le dernier maillon manquant de l'IA à base d'agents pour les entreprises

Source originale ↗·

À l'occasion de VB Transform 2026, Bratin Saha, PDG de NTT DATA AIVista, s'est entretenu avec Matt Marshall, PDG et rédacteur en chef de VentureBeat, sur ce qu'il appelle le "dernier kilomètre" de l'IA agentique en entreprise. Selon lui, les modèles de pointe comme Fable 5, Opus 4.8 ou GPT-5.5 échouent souvent dans des environnements réglementés complexes, par exemple le traitement de sinistres d'assurance multinationaux, où les formulaires comportent de l'écriture manuscrite, de nombreuses cases à cocher et des règles métier spécifiques. Saha explique que la majorité des projets d'IA en entreprise échouent au moment de l'implémentation, en raison d'une mauvaise intégration, d'un manque de spécialisation métier, d'une gouvernance insuffisante et d'une responsabilité mal définie sur les résultats. Fait notable, cette spécialisation ne passe pas par le fine-tuning des modèles: une récente enquête de VentureBeat auprès des entreprises a classé cette méthode en dernière position parmi les critères de choix de modèles. NTT DATA AIVista mise plutôt sur trois leviers combinés: capturer les données propriétaires et le savoir-faire tacite de l'entreprise pour les rendre exploitables par l'IA, faire tourner un ensemble de modèles afin de maîtriser les coûts, et ajouter des garde-fous spécialisés capables de détecter les erreurs et de forcer une nouvelle tentative.

Pour Saha, ce travail change la donne parce qu'il transforme un modèle de fondation générique en agent réellement opérationnel, capable de refléter les workflows propres à chaque client, son appétit pour le risque, ses classifications de clients et ses interprétations réglementaires. "Ce n'est pas seulement un modèle, vous construisez un système autour du modèle", résume-t-il. Cette distinction est cruciale pour les entreprises qui investissent massivement dans l'IA sans toujours voir de retour concret: la valeur ne vient pas de la technologie elle-même, mais du déplacement effectif d'un processus métier d'un point A à un point B. Dans des secteurs réglementés comme l'assurance ou l'industrie manufacturière, cela suppose de réunir à la fois expertise technique, expertise du domaine et gestion du changement, la technologie n'étant, selon lui, rarement le facteur limitant chez les clients de NTT.

Cette approche s'appuie sur un principe simple mais rarement appliqué: interroger directement les employés sur leur façon réelle de travailler. NTT DATA AIVista associe systématiquement des experts en IA à des experts métier pour capter les connaissances informelles jamais consignées dans une procédure officielle, puis les encoder dans l'agent. Cette méthode illustre un enjeu plus large pour l'industrie de l'IA d'entreprise: à mesure que les budgets consacrés à l'IA générative augmentent, la compétition ne se jouera plus sur l'accès aux modèles les plus puissants, disponibles à tous, mais sur la capacité à les entourer de données propriétaires, de garde-fous et de processus de gestion du changement adaptés à chaque organisation.

Cet article vous a été utile ?

Vu une erreur factuelle dans cet article ? Signalez-la. Toutes les corrections valides sont publiées sur /corrections.

À lire aussi

Comment NTT DATA et NVIDIA accélèrent le déploiement de l’IA en entreprise
1Le Big Data 

Comment NTT DATA et NVIDIA accélèrent le déploiement de l’IA en entreprise

NTT DATA et NVIDIA s'associent pour s'attaquer à l'un des talons d'Achille de l'IA en entreprise : le fossé entre la démonstration et le déploiement opérationnel. Les deux groupes lancent conjointement des usines d'IA, des plateformes intégrées combinant la puissance de calcul GPU de NVIDIA, sa connectivité réseau haute performance et des logiciels d'IA d'entreprise, afin d'accompagner les organisations sur l'ensemble du cycle de vie de leurs projets, de l'entraînement des modèles jusqu'aux applications en production. L'enjeu est considérable pour le secteur : une majorité de projets pilotes IA échouent à franchir le seuil de l'industrialisation, faute d'infrastructure adaptée et de gouvernance claire. En proposant une architecture standardisée, NTT DATA et NVIDIA entendent réduire à la fois le temps et le coût de ce passage critique, tout en intégrant des règles de conformité dès la conception. Pour les entreprises, cela représente un raccourcissement significatif du délai de retour sur investissement sur leurs initiatives IA. Sur le plan technique, la plateforme repose sur deux briques logicielles NVIDIA : NeMo, une suite dédiée à la création de systèmes multi-agents sur GPU, et les microservices NIM, des conteneurs préconfigurés accompagnés d'API facilitant le déploiement applicatif. NTT DATA y ajoute des prototypes GenAI pré-qualifiés, prêts pour la production. Des cas d'usage concrets illustrent déjà l'approche : un centre de recherche oncologique utilise les plateformes NVIDIA HGX en collaboration avec NTT DATA et Dell Technologies pour accélérer les analyses radiologiques ; un équipementier automobile mondial valide ses charges de travail sur l'infrastructure avant déploiement, réduisant sensiblement ses délais de mise en production ; une entreprise technologique américaine s'appuie sur la simulation accélérée de NVIDIA pour tester virtuellement une ligne de production de batteries de nouvelle génération. John Fanelli (NVIDIA) souligne que les entreprises ne cherchent plus de simples outils d'expérimentation, mais des environnements évolutifs capables de soutenir leurs initiatives à long terme. Si le modèle des usines d'IA semble prometteur, sa généralisation se heurtera inévitablement aux réalités de chaque secteur : hétérogénéité des systèmes existants, coûts d'infrastructure GPU et compétences internes nécessaires pour exploiter pleinement ces plateformes.

UENTT DATA dispose d'une présence significative en Europe, rendant cette offre d'usines IA directement accessible aux DSI européens cherchant à industrialiser leurs déploiements GenAI.

BusinessActu
1 source
5 stratégies pour maîtriser les coûts liés à l'IA en entreprise
2The Information AI 

5 stratégies pour maîtriser les coûts liés à l'IA en entreprise

Le PDG de Snowflake, Sridhar Ramaswamy, a reconnu publiquement lundi, lors de la conférence annuelle de son entreprise à San Francisco, que les dépenses en intelligence artificielle représentent une source d'inquiétude croissante, même pour les plus grands acteurs du secteur. Snowflake, cliente d'Anthropic, d'OpenAI et d'autres fournisseurs, fait partie des entreprises qui ont développé des stratégies concrètes pour maîtriser ces coûts. Parmi les méthodes les plus répandues, les routeurs de modèles permettent d'orienter automatiquement chaque tâche vers le modèle le moins cher adapté à la situation : Snowflake et Palo Alto Networks ont conçu leurs propres routeurs, et une startup du BTP a utilisé Claude d'Anthropic pour construire le sien, sans que l'outil ne favorise les modèles Anthropic pour autant. L'éditeur de logiciels UiPath a quant à lui réduit de plus de 90 % les coûts de certaines tâches grâce au prompt engineering, en limitant simplement la phase de "réflexion" du modèle avant exécution, selon son directeur de la sécurité Scott Roberts. D'autres entreprises fixent des plafonds de tokens par employé ou réservent les modèles avancés aux profils techniques : chez Zscaler, les ingénieurs logiciels accèdent à OpenAI Codex, mais pas les équipes commerciales ou juridiques. Ces arbitrages traduisent une prise de conscience généralisée : l'accès illimité aux modèles les plus puissants peut générer des factures incontrôlables sans garantir un retour sur investissement proportionnel. Le vice-président de Zscaler Dhawal Sharma résume la philosophie émergente : "utiliser un très grand modèle pour résoudre un problème simple est un mauvais usage des ressources." Chez Novo Nordisk, l'analyse de données issues d'essais cliniques via Claude d'Anthropic a conduit les équipes à réaliser que la version standard du modèle suffisait dans de nombreux cas, ouvrant la voie à des économies substantielles. Plus largement, certaines entreprises choisissent de revenir à des logiciels traditionnels, plus adaptés aux tâches structurées et répétitives, plutôt que de systématiser le recours à l'IA. Cette rationalisation intervient alors que les fournisseurs de modèles continuent d'augmenter leurs tarifs, alimentant un débat intense sur la rentabilité réelle de l'IA en entreprise. Les directions informatiques se retrouvent à arbitrer entre la demande des équipes métiers, désireuses d'accéder aux outils les plus performants, et la nécessité de contenir les budgets. Des solutions tierces comme OpenRouter, qui proposent du routage à la demande, commencent à structurer un marché naissant de l'optimisation des coûts IA. À mesure que la concurrence s'intensifie entre fournisseurs, une baisse mécanique des prix est attendue, mais d'ici là, les entreprises qui maîtrisent l'ingénierie des coûts IA pourraient transformer cette contrainte en avantage compétitif durable.

UENovo Nordisk (Danemark) est cité comme exemple d'entreprise européenne rationalisant ses coûts IA pour l'analyse de données d'essais cliniques, une tendance directement pertinente pour les DSI européens confrontés aux mêmes pressions budgétaires.

BusinessActu
1 source
Les entreprises élargissent leur adoption de l'IA tout en maintenant le contrôle
3AI News 

Les entreprises élargissent leur adoption de l'IA tout en maintenant le contrôle

La majorité des entreprises déploient aujourd'hui l'intelligence artificielle de manière progressive et encadrée, loin des systèmes autonomes qui font régulièrement la une. Selon une étude de McKinsey & Company, la plupart des organisations utilisent désormais l'IA dans au moins un domaine de leur activité, mais rares sont celles qui l'ont déployée à l'échelle de l'ensemble de l'entreprise. Un exemple concret illustre cette tendance : S&P Global Market Intelligence a intégré des outils d'IA dans sa plateforme Capital IQ Pro, utilisée par des analystes financiers pour examiner des dépôts réglementaires, des transcriptions d'appels de résultats et des données de marché. Le système permet d'interroger de vastes ensembles de données via une interface conversationnelle, mais les résultats restent systématiquement ancrés dans des sources financières vérifiées, avec la possibilité de remonter aux documents d'origine pour limiter les erreurs. Ce choix d'une IA d'assistance plutôt qu'autonome n'est pas anodin dans des secteurs où une erreur peut entraîner des pertes financières importantes ou engager des responsabilités légales. En finance, les outils comme Capital IQ Pro sont conçus pour éclairer le jugement des analystes, pas pour le remplacer. La décision finale reste humaine. McKinsey souligne par ailleurs un écart croissant entre le déploiement de l'IA et la génération de valeur mesurable : de nombreuses organisations peinent à traduire leurs investissements en résultats concrets. Ce fossé pousse les directions à exiger des systèmes capables d'expliquer leurs sorties, de citer leurs sources et d'opérer dans des périmètres définis, trois conditions essentielles pour établir la confiance dans des environnements réglementés. Derrière cette prudence se dessine un enjeu de gouvernance qui mobilise de plus en plus d'acteurs. S&P Global Market Intelligence note que les organisations bâtissent activement des cadres pour gérer les risques liés à l'IA, notamment la qualité des données et les biais des modèles. Les systèmes agents, capables de planifier et d'agir sans intervention humaine directe, suscitent un intérêt grandissant, mais la majorité des entreprises en est encore aux premières étapes d'expérimentation. Les progrès continus sur les grands modèles de langage laissent entrevoir des usages plus autonomes à terme, en analyse financière, support client ou gestion de chaîne logistique. Ces questions seront au coeur de l'AI & Big Data Expo North America 2026, qui se tiendra les 18 et 19 mai prochains, avec S&P Global Market Intelligence parmi les sponsors, et des sessions dédiées à la gouvernance de l'IA et à son usage dans les industries régulées.

UELes entreprises européennes opérant dans des secteurs réglementés (finance, santé) sont directement concernées par les cadres de gouvernance IA décrits, notamment dans le contexte de la mise en conformité avec l'AI Act.

BusinessOpinion
1 source
KPMG dévoile sa stratégie d'agents IA pour améliorer les marges des entreprises
4AI News 

KPMG dévoile sa stratégie d'agents IA pour améliorer les marges des entreprises

Malgré des budgets IA en forte hausse, seules 11 % des grandes entreprises mondiales ont atteint un stade de déploiement d'agents IA produisant des résultats à l'échelle de l'organisation, selon le premier baromètre trimestriel Global AI Pulse de KPMG, publié début 2026. L'enquête révèle que les entreprises prévoient en moyenne de dépenser 186 millions de dollars sur les douze prochains mois en intelligence artificielle, 245 millions pour la région Asie-Pacifique, 207 millions pour les États-Unis, 157 millions pour la zone EMEA. Pourtant, 64 % des répondants déclarent obtenir des résultats « significatifs », un qualificatif que KPMG juge trompeur : entre des gains de productivité marginaux et une transformation opérationnelle capable de peser sur les marges, l'écart reste, pour la majorité, considérable. Le vrai enseignement du rapport est la fracture entre les « leaders IA », les organisations qui déploient des agents autonomes capables de coordonner des tâches entre fonctions, de prendre des décisions sans validation humaine à chaque étape, et d'identifier des anomalies en quasi-temps réel, et tout le reste. Parmi ces leaders, 82 % disent obtenir de la valeur concrète de l'IA, contre 62 % pour les autres entreprises. Cet écart de 20 points cache une différence de philosophie radicale : les retardataires ont superposé des outils IA (copilotes, résumés automatiques) à leurs processus existants sans les repenser, générant des améliorations ponctuelles. Les leaders ont fait l'inverse, ils ont d'abord redessiné leurs processus, puis déployé les agents pour les opérer. En ingénierie informatique, 75 % des leaders utilisent des agents pour accélérer le développement logiciel, contre 64 % pour leurs pairs ; en opérations et supply chain, l'écart est de 64 % contre 55 %. Ce ne sont pas des différences d'adoption d'outils, mais de réarchitecture profonde. Ce rapport s'inscrit dans un mouvement de fond : depuis 2023, les grandes entreprises ont massivement investi dans des modèles de langage, mais la pression monte pour justifier ces dépenses auprès des conseils d'administration. Steve Chase, directeur mondial de l'IA chez KPMG International, résume : « Dépenser plus pour l'IA n'est pas synonyme de créer de la valeur. » La vraie question posée par ces 186 millions de budget moyen n'est pas leur montant, mais leur affectation : quelle part va à l'infrastructure opérationnelle nécessaire pour extraire de la valeur des modèles eux-mêmes, plutôt qu'aux seules licences et à la puissance de calcul ? Sur un horizon de trois à cinq ans, la réponse à cette question pourrait devenir la principale variable de compétitivité dans plusieurs secteurs industriels.

UELa zone EMEA affiche un budget IA moyen de 157 millions de dollars, inférieur aux États-Unis (207 M$) et à l'Asie-Pacifique (245 M$), signalant un risque de décrochage compétitif pour les entreprises européennes si elles ne passent pas à une logique de réarchitecture des processus.

BusinessActu
1 source

Recevez l'essentiel de l'IA chaque jour

Une sélection éditoriale quotidienne, sans bruit. Directement dans votre boîte mail.

Recevez l'essentiel de l'IA chaque jour

Gratuit · 1 email le matin, l'essentiel de l'IA · désinscription en un clic