Google DeepMind lance trois modèles d'IA physique pour le contrôle corporel complet, la dextérité et la collaboration multi-robots
Google DeepMind a annoncé le déploiement de Gemini Robotics 2, la nouvelle couche d'intelligence artificielle destinée à sa prochaine génération de robots. Cette version se compose de trois modèles distincts, chacun avec un niveau d'accès différent. Le premier, Gemini Robotics 2, est un modèle vision langage action qui convertit les entrées visuelles et textuelles en commandes motrices ; il peut piloter des humanoïdes complets, des pieds jusqu'aux doigts, ainsi que d'autres robots à deux bras. Le deuxième, Gemini Robotics ER 2, agit comme le cerveau de haut niveau : basé sur Gemini 3.5 Flash, il comprend l'environnement physique, communique avec les humains et planifie des tâches en plusieurs étapes pouvant durer plusieurs minutes, avec une fenêtre de contexte allant jusqu'à 128 000 tokens et une sortie de 64 000 tokens ; ce modèle est disponible en preview publique, contrairement aux deux autres, réservés à un accès restreint. Le troisième, Gemini Robotics On-Device 2, s'appuie sur la technologie de Gemini Robotics 1.5 et les modèles Gemma de Google pour fonctionner directement sur le robot. Un seul point de contrôle pilote simultanément trois configurations physiques différentes : l'humanoïde Apollo 2 d'Apptronik équipé de la main à cinq doigts et 22 degrés de liberté SharpaWave, le même Apollo 2 avec des mains Inspire, et un bras Franka Duo muni d'une pince Robotiq.
Cette avancée marque une étape importante car elle dépasse pour la première fois la simple manipulation sur table pour intégrer le contrôle du corps entier, la dextérité fine et la coordination entre plusieurs robots. Dans une démonstration, Apollo 2 reçoit l'instruction de déposer un arrosoir dans un bac vert situé sur une étagère basse : le robot marche jusqu'à la table, saisit l'objet, se déplace vers l'étagère et le range au bon endroit. Les taux de réussite rapportés varient fortement selon les tâches, entre 76,3% pour attraper un objet sur une étagère et seulement 45,7% depuis le sol, tandis que la dextérité multi-doigts oscille entre 92% pour dévisser une ampoule et à peine 40% pour fermer un sac ziplock, illustrant que cet axe reste le point faible du système.
Ce lancement s'inscrit dans la course entre grands laboratoires d'IA pour doter les robots humanoïdes d'une intelligence générale capable de s'adapter à des environnements imprévisibles, plutôt que de dépendre de programmes figés ou de téléopération. Google DeepMind reconnaît lui-même que la vitesse de mouvement reste à améliorer. Parallèlement, l'entreprise publie ASIMOV-Agentic, un nouveau benchmark de sécurité mis à disposition sur Hugging Face sous licence CC-BY-4.0, signe que les questions de fiabilité et de sécurité deviennent centrales à mesure que ces robots gagnent en autonomie physique.
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