NTT DATA AIVista et Snowflake : l'identité seule ne suffit pas à sécuriser les agents IA en entreprise
Une étude de VentureBeat publiée en juin 2026 révèle que 69% des entreprises font encore tourner des agents d'intelligence artificielle qui partagent les mêmes identifiants d'accès, une pratique associée à un taux plus élevé d'incidents de sécurité. Lors de la conférence VB Transform 2026, Mukesh Karki, directeur technique de NTT DATA AIVista, et Mayank Upadhyay, responsable sécurité et confiance chez Snowflake, ont expliqué que corriger la gestion des identités ne suffit pas. Selon eux, les entreprises doivent aussi mettre en place une autorisation au niveau de chaque action et des journaux d'audit infalsifiables pour chaque interaction avec un agent. Karki souligne que ces organisations doivent pouvoir prouver à leurs auditeurs, de façon inviolable, que leurs enregistrements reflètent bien ce que les agents ont réellement fait, cette preuve constituant selon lui leur licence d'exploiter dans un cadre réglementé. Upadhyay pointe le problème central : contrairement à un logiciel classique où un humain déclenche une action prévisible, un agent autonome se reconfigure en permanence et explore différentes pistes, ce qui multiplie les effets secondaires imprévus s'il dispose de trop de droits. Utiliser une seule clé API partagée aggrave le risque, car l'agent hérite alors de l'ensemble des permissions de tous les utilisateurs, tout en rendant impossible l'identification du responsable en cas de problème.
Pour les secteurs très réglementés comme l'assurance, la santé ou la finance, où travaillent la plupart des clients de Karki, des identifiants restreints ne représentent qu'un minimum. Un agent non correctement cadré ne peut tout simplement pas être déployé. Karki distingue deux niveaux de contraintes : celles liées à la juridiction dans laquelle l'agent opère, et celles propres aux règles internes de l'organisation. Il cite l'exemple d'un agent de traitement de sinistres, soumis à des règles différentes selon qu'il opère dans l'État de Washington ou en Californie, chaque dossier étant unique. Les identifiants restreints ne suffisent donc pas : l'autorisation doit être décidée au moment même de l'action, selon des règles précises. Cette exigence de gouvernance touche directement la capacité des entreprises à industrialiser le déploiement d'agents autonomes à grande échelle, un enjeu commercial et réglementaire majeur pour 2026.
L'analogie avec l'employé humain, souvent utilisée pour penser la gouvernance des agents, montre ses limites : un employé vedette dans une organisation ne l'est pas forcément ailleurs, faute de connaître le contexte local, et il est impossible de mener une vérification d'antécédents pour des centaines d'agents par salarié. Upadhyay propose plutôt de traiter les agents comme des stagiaires, bien intentionnés mais nécessitant une surveillance constante le temps d'établir la confiance. Chez Snowflake, les administrateurs peuvent imposer des restrictions globales, comme des opérations en lecture seule, tandis que les développeurs affinent ensuite les permissions à chaque lancement de session, dans le cadre d'une approche de gouvernance à plusieurs niveaux.
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