☕️ L’Union européenne va investir 10 milliards d’euros dans sept gigafactories d’IA
La Commission européenne a lancé le 29 juillet un appel d'offres pour la création de sept « gigafactories d'IA » à travers le territoire de l'Union. Ces infrastructures, décrites comme des ensembles combinant processeurs d'IA de pointe, piles logicielles, technologies cloud, connectivité à haut débit et centres de données économes en énergie, pourront être implantées sur un site unique dans un État membre ou se déployer sous forme de projets transfrontaliers réunissant plusieurs pays. Bruxelles mobilise jusqu'à 10 milliards d'euros de financements publics, combinant fonds européens et contributions nationales, et compte sur l'entreprise commune EuroHPC, dont dix-huit États membres ont déjà signé l'accord de marché, pour piloter le déploiement technique. La procédure de candidature se clôturera le 12 novembre, les projets retenus seront annoncés début 2027, et les premières installations devront être opérationnelles dans les dix-huit mois suivant la signature des contrats.
Ce programme vise à combler un retard structurel de l'Europe face aux États-Unis et à la Chine en matière de capacité de calcul dédiée à l'intelligence artificielle, un goulot d'étranglement qui freine aujourd'hui l'entraînement de grands modèles par les entreprises et laboratoires européens. En misant sur un effet de levier, la Commission espère voir ces 10 milliards d'euros publics générer au moins 20 milliards d'euros d'investissements privés supplémentaires, ce qui multiplierait par trois la capacité de calcul disponible sur le sol européen. Pour les start-up et centres de recherche du continent, cela pourrait signifier un accès facilité à une puissance de calcul jusqu'ici concentrée chez les géants américains du cloud.
Cette initiative s'inscrit dans la stratégie plus large de la Commission visant à faire de l'Europe « le continent de l'intelligence artificielle », un objectif affiché depuis plusieurs mois alors que l'écart d'investissement avec les hyperscalers américains continue de se creuser. Le choix de s'appuyer sur EuroHPC, déjà rodé à la coordination multi-États sur le calcul haute performance, doit permettre d'accélérer la mise en œuvre malgré la complexité institutionnelle propre à l'Union. Reste à voir quels consortiums industriels et quels pays hôtes seront sélectionnés d'ici 2027, et si le calendrier de dix-huit mois pour la mise en service sera tenu.
La France pourrait accueillir l'une des sept gigafactories ou beneficier via des projets transfrontaliers d'un acces accru a la puissance de calcul pour ses start-up et centres de recherche en IA.
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