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SociétéNext INpact · 2 min de lecture

LinkedIn ajoute un bouton pour signaler des contenus « AI slop »

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LinkedIn a commencé à déployer un nouveau bouton de signalement permettant à ses utilisateurs de marquer un contenu comme « AI slop », soit de la « bouillie » générée par intelligence artificielle. Accessible depuis le menu d'options d'une publication, le bouton porte le libellé « Seems like AI slop », pas encore traduit en français, et permet de signaler un billet jugé généré par IA sans pour autant le faire supprimer. La fonctionnalité, repérée notamment par 404 Media, est déjà disponible pour une partie des utilisateurs. Hari Srinivasan, chef produit de LinkedIn, a confirmé son lancement dans un billet publié sur le réseau, présentant la lutte contre l'AI slop comme une « priorité absolue » de l'entreprise. Il a précisé que ces signalements serviront à ajuster les modèles internes de modération et à améliorer le fil d'actualité, tout en reconnaissant que la notion elle-même reste « difficile à définir ». LinkedIn annonce en parallèle plusieurs mesures complémentaires : détection automatisée des commentaires et publications générés en masse, amélioration des outils internes d'identification des contenus de faible qualité, et suppression de la fonction « améliorer votre publication », remplacée par un simple outil de correction du texte sans réécriture profonde.

Cette initiative répond à un problème documenté par les chiffres : une étude du détecteur Pangram publiée début juillet estimait que 41 % des publications « long format » de plus de 250 mots postées sur LinkedIn sont générées par IA. Pour un réseau social dont la valeur repose entièrement sur la crédibilité professionnelle de ses contenus, cette proportion menace directement la confiance des utilisateurs et l'attractivité de la plateforme face à des concurrents comme X ou Meta, déjà critiqués pour leur propre déferlement de contenus IA de faible qualité sur Facebook et Instagram. En donnant aux lecteurs un moyen direct de signaler ce qui « paraît manquer d'authenticité », LinkedIn cherche à préserver son image de réseau plus sérieux que les autres plateformes sociales, un argument central de son positionnement commercial.

L'approche choisie par LinkedIn distingue volontairement l'usage de l'IA du problème de la bouillie elle-même : l'entreprise reconnaît que beaucoup de professionnels utilisent l'IA pour affiner leurs idées sans que cela dénature leur propos, et préfère s'appuyer sur le jugement humain des lecteurs plutôt que sur un détecteur automatique, jugé faillible. Ce choix intervient alors que LinkedIn a par ailleurs commencé à utiliser les données de ses utilisateurs pour entraîner ses propres modèles d'IA générative, une pratique activée par défaut et qu'il faut désactiver manuellement. D'autres changements sont annoncés à venir, notamment une limitation de la portée des contenus identifiés comme générés par IA dans le fil d'actualité.

Impact France/UE

Les professionnels francais et europeens, tres presents sur LinkedIn, seront directement concernes par ce nouveau bouton de signalement, sans qu'aucune mesure ou regulation specifique a la France ou l'UE ne soit impliquee.

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LinkedIn a annoncé des mesures concrètes pour freiner la prolifération des contenus générés par intelligence artificielle sur sa plateforme. Laura Lorenzetti, vice-présidente et rédactrice en chef du réseau professionnel, a publié un message intitulé « Garder des conversations authentiques sur LinkedIn » dans lequel elle dénonce l'« AI slop », terme désignant les publications de faible qualité produites automatiquement, qui « peuvent sembler soignées à première vue, mais qui manquent cruellement de perspective originale ou de substance ». La plateforme a développé des systèmes technologiques en collaboration avec son équipe éditoriale, dont les membres ont été spécifiquement formés à repérer les signes d'une « utilisation négligente de l'IA ». Selon les premiers résultats communiqués, ces outils identifient correctement les contenus génériques dans 94 % des cas. Concrètement, les publications jugées trop génériques verront leur diffusion restreinte au cercle immédiat de leur auteur, sans amplification algorithmique vers un public plus large. LinkedIn cible également les commentaires produits en masse via des outils d'automatisation, avec peu ou pas d'intervention humaine, ainsi que les réponses qui se contentent de paraphraser le message original sans apporter de valeur ajoutée. L'enjeu dépasse la simple question de qualité éditoriale : c'est la crédibilité du réseau professionnel le plus utilisé au monde qui est en jeu. LinkedIn s'est progressivement imposé comme une alternative sérieuse à X.com pour le partage de contenus de qualité, mais cette réputation est fragilisée par l'explosion des publications automatisées. Pour les utilisateurs, la conséquence directe est une dégradation de l'expérience : les fils d'actualité sont saturés de contenus interchangeables, noyant les témoignages authentiques et les analyses expertes. Pour les entreprises et les professionnels qui investissent du temps dans la création de contenu original, la concurrence déloyale d'une production automatisée à grande échelle fausse les règles du jeu. En limitant algorithmiquement la portée des publications suspectes, LinkedIn cherche à rétablir un équilibre favorable à l'expression humaine, et à préserver ce qu'il considère comme sa valeur centrale : la mise en relation de professionnels partageant des perspectives réelles issues de leur expérience vécue. La situation reflète une tension plus large que traversent toutes les plateformes sociales depuis la démocratisation des outils d'IA générative en 2022-2023. LinkedIn, avec ses 1 milliard de membres revendiqués, est particulièrement exposé : son algorithme récompense l'engagement, ce qui a encouragé une industrie entière de « growth hackers » à automatiser commentaires et publications pour maximiser leur visibilité. La décision de Lorenzetti s'inscrit dans un mouvement de rééquilibrage que l'on observe aussi chez d'autres plateformes, mais avec une difficulté structurelle : la frontière entre assistance légitime de l'IA à la rédaction et génération automatisée sans valeur ajoutée reste floue. LinkedIn reconnaît d'ailleurs qu'il « n'y a aucun mal à recourir à l'IA pour aider à rédiger », à condition que les publications reflètent la voix et les points de vue de leur auteur. Une nuance qui laisse déjà entrevoir la prochaine vague : celle des tutoriels expliquant comment « humaniser » suffisamment un contenu généré par IA pour passer sous les radars de la modération.

UELes professionnels et entreprises européens utilisant LinkedIn pour leur personal branding ou marketing de contenu devront revoir leurs pratiques de publication pour éviter la restriction algorithmique de leur portée.

💬 94% de détection, c'est pas mal, sur le papier. Sauf que LinkedIn a lui-même planté l'ambiguïté en disant "l'IA c'est ok du moment que c'est ta voix" : ils viennent de rédiger le cahier des charges de la prochaine génération de tutos "comment humaniser son post GPT pour passer sous les radars". Dans six mois, on sera exactement au même point.

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Un tiers des publications longues repérées appartenaient à LinkedIn, mais la plateforme concentrait près des deux tiers de tout le contenu généré par IA détecté sur les cinq réseaux étudiés. C'est ce que révèle une analyse de Pangram, société spécialisée dans la détection de texte généré par intelligence artificielle. Selon cette étude, un quart des publications longues sur les réseaux sociaux sont entièrement rédigées par une IA. Sur LinkedIn en particulier, 41 % des posts de format long ont été identifiés comme générés par IA, un taux nettement supérieur à celui observé ailleurs. Pangram précise que son modèle de détection adopte une approche conservatrice, ce qui signifie que le taux réel de contenu généré par IA pourrait être encore plus élevé que celui mesuré. Ce résultat pointe un phénomène qui touche directement la crédibilité des réseaux professionnels comme LinkedIn, conçus à l'origine pour favoriser des échanges d'expertise authentiques entre professionnels. Quand un quart, voire davantage, des textes longs proviennent d'une IA, les utilisateurs ne peuvent plus distinguer un retour d'expérience réel d'un contenu généré automatiquement pour maximiser l'engagement ou le référencement personnel. Pour les recruteurs, les décideurs et les professionnels qui s'appuient sur ces plateformes pour évaluer l'expertise ou la réputation de quelqu'un, cette dilution du contenu authentique complique sérieusement la prise de décision et alimente la méfiance généralisée envers les publications virales. Cette tendance s'inscrit dans un débat plus large autour du "slop" généré par IA, ce contenu produit en masse et à faible coût qui envahit progressivement les plateformes sociales depuis l'essor des grands modèles de langage. LinkedIn n'est pas seul concerné, mais son statut de réseau professionnel rend le problème particulièrement sensible, puisque la plateforme repose sur la confiance et la crédibilité perçue des profils. Reste à savoir comment les plateformes réagiront à ces constats, que ce soit par un étiquetage plus systématique du contenu généré par IA, un renforcement des outils de détection, ou une évolution des algorithmes pour limiter la portée de ces publications automatisées.

💬 Sur LinkedIn, 41% des posts longs sont générés par IA, et ça dit tout sur ce que le réseau est devenu. Le truc "professionnel authentique" là, c'est fini, il faut arrêter de faire semblant. Reste à voir si LinkedIn a intérêt à corriger le tir, parce que ces posts-là génèrent de l'engagement, et l'engagement c'est ce qui les fait vivre.

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LinkedIn a annoncé qu'il allait limiter la visibilité des publications générées par intelligence artificielle sur sa plateforme. Concrètement, la société ne supprimera pas ces contenus, mais réduira leur diffusion algorithmique : un post détecté comme générique aura moins de chances d'être recommandé au-delà du cercle proche de son auteur. Pour identifier ces contenus, LinkedIn travaille avec ses équipes éditoriales sur des outils capables d'analyser plusieurs signaux afin de distinguer les textes qui apportent un vrai point de vue de ceux qui enchaînent les phrases lisses sans valeur réelle. La même logique s'appliquera aux commentaires automatisés, ces réponses qui se contentent de répéter le contenu du post sans la moindre réflexion. Selon Laura Lorenzetti, représentante de LinkedIn, l'IA reste acceptable pour peaufiner une tournure de phrase, mais les publications doivent continuer à refléter la personnalité et l'expérience de leur auteur. Les premiers tests internes seraient encourageants : les systèmes parviendraient à reconnaître les contenus génériques dans 94 % des cas. L'enjeu est significatif pour une plateforme dont le modèle repose sur l'authenticité des échanges professionnels. Quand les fils d'actualité se remplissent de textes structurés à l'identique, formulés avec la même fausse profondeur et commentés par des bots eux-mêmes générés, la valeur de signal du réseau s'effondre. Les utilisateurs passent à côté des vraies expertises, des retours d'expérience concrets et des informations utiles. LinkedIn mise également sur la vérification des profils pour contenir la progression des faux comptes alimentés par l'IA, la plateforme revendique aujourd'hui plus de 100 millions de membres vérifiés, un levier qu'elle entend renforcer pour freiner le flot de contenus automatisés. Cette initiative s'inscrit dans un mouvement plus large qui touche l'ensemble des grandes plateformes. Meta et YouTube développent eux aussi des outils pour détecter et limiter les contenus artificiels, chacun confronté à la même tension : l'IA générative a drastiquement réduit le coût de production de contenu, au point de saturer les algorithmes de recommandation de textes sans substance. Pour LinkedIn, le défi est particulièrement délicat : la plateforme a elle-même intégré des fonctionnalités d'assistance à la rédaction basées sur l'IA, et doit maintenant tracer une ligne entre l'usage légitime, améliorer un brouillon, et la génération en masse de publications interchangeables. La prochaine étape sera de voir si ses détecteurs résistent à l'escalade prévisible, les outils de contournement se développant généralement aussi vite que les systèmes de détection.

UELes professionnels français et européens actifs sur LinkedIn devront adapter leurs pratiques de publication assistée par IA pour éviter la pénalisation algorithmique de leurs contenus.

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En janvier 2026, le CHU de Montpellier a décroché 14,9 millions d'euros de financement public dans le cadre du plan France 2030 pour lancer "Alliance Santé IA", un projet porté par sa directrice Anne Ferrer avec l'ambition affichée de créer "le premier hôpital pilote augmenté par l'IA". Cet investissement emblématique s'inscrit dans une dynamique nationale désormais bien établie : selon la Fédération hospitalière de France, six établissements de santé sur dix utilisaient déjà des outils d'IA en 2025, et près de neuf sur dix prévoient de s'en équiper à court terme. Les usages concrets varient selon les établissements. Au CHU de Poitiers, le Dr Guillaume Herpe, radiologue et coordinateur IA, décrit une IA principalement mobilisée en aide au diagnostic radiologique et dans des tâches documentaires comme la rédaction de comptes rendus. Au total, entre 2021 et 2025, l'État a investi environ 110 millions d'euros via France 2030 pour financer des entrepôts de données hospitalières et des projets d'IA impliquant plus de 30 CHU. Ces chiffres masquent pourtant de profondes disparités. Si Montpellier bénéficie d'une enveloppe exceptionnelle, la grande majorité des CHU travaillent avec des budgets IA inférieurs à un million d'euros, à comparer aux 20 millions annuels dépensés en énergie et consommables, ou aux 3 millions que peut coûter une simple machine IRM. Le Dr Herpe estime que 80 % des financements proviennent de budgets publics d'innovation, contre seulement 20 % issus de partenariats de recherche privée. Cette dépendance structurelle au financement public crée une fragilité : les établissements les mieux dotés peuvent bâtir des stratégies globales, pendant que les autres avancent au rythme des appels à projets, tributaires de prestataires extérieurs. L'enjeu dépasse la simple modernisation technique. Sébastien Florek, directeur des services numériques du CHU de Bordeaux, pose la question sans détour : les hôpitaux publics veulent-ils rester avec une technologie des années 90 pendant que le secteur privé adopte les outils modernes ? La stratégie nationale "IA et données de santé 2025-2028" du gouvernement assume désormais que "l'IA en santé n'est plus une perspective, c'est une réalité déployée sur le terrain". Mais la fracture entre établissements bien financés et ceux qui avancent à tâtons révèle que cette réalité reste profondément inégale. La prochaine bataille ne sera pas technologique mais budgétaire : sans un financement pérenne et structurel, l'hôpital augmenté risque de rester un privilège réservé à quelques CHU phares.

UELa stratégie nationale 'IA et données de santé 2025-2028' structure l'adoption de l'IA dans les hôpitaux publics français, mais la fracture de financement entre CHU phares (jusqu'à 14,9 M€) et la majorité des établissements (moins d'1 M€) risque d'aggraver les inégalités dans l'accès aux soins augmentés par l'IA.

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