OpenAI et Anthropic collaborent discrètement à Washington
OpenAI et Anthropic, rivaux acharnés dont les dirigeants s'affrontent ouvertement, ont formé une alliance discrète à Washington pour défendre des intérêts communs. Alors que l'administration Trump doit finaliser d'ici le 1er août son cadre réglementaire pour évaluer les "frontier models", les deux entreprises font désormais un lobbying coordonné auprès des autorités américaines. Selon des sources proches du dossier, elles poussent pour que ce cadre s'applique aussi à des concurrents jugés en retard, comme Meta et xAI, et alertent en parallèle sur les risques posés par les modèles open-source chinois. Les deux groupes ont notamment discuté avec le gouvernement de la manière de définir une évaluation permettant de déterminer si un modèle doit faire l'objet d'un examen approfondi, en se basant sur ses capacités dans des domaines sensibles comme la cybersécurité ou d'autres usages présentant un risque pour la sécurité nationale.
Cette convergence d'intérêts, en apparence contre-nature, illustre une stratégie classique de régulation par les leaders du marché: en élargissant le périmètre des modèles soumis à examen gouvernemental, OpenAI et Anthropic évitent d'être les seules cibles d'un contrôle renforcé et imposent le même fardeau réglementaire à leurs concurrents. Pour l'industrie, l'enjeu est de taille, car la définition finale du cadre déterminera qui devra se soumettre à des audits gouvernementaux coûteux et contraignants, avec un impact direct sur la rapidité de déploiement des futurs modèles.
Sans surprise, certains rivaux visés contestent cette approche. Ils préféreraient que la surveillance gouvernementale se concentre uniquement sur les modèles d'OpenAI et Anthropic, considérés comme les plus performants et donc potentiellement les plus dangereux, plutôt que d'étendre les obligations de conformité à l'ensemble du secteur. Cette bataille d'influence intervient alors que Washington cherche à équilibrer innovation et sécurité nationale, dans un contexte de concurrence croissante avec la Chine sur l'intelligence artificielle, un facteur que les deux entreprises n'hésitent pas à invoquer pour justifier un contrôle plus strict des modèles open-source étrangers.
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