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SécuritéThe Decoder · 1 min de lecture

Des centaines de personnes ont demandé à ChatGPT des recettes de poison ou d'armes biologiques, et certaines ont obtenu des guides détaillés de niveau lycée

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Selon le Wall Street Journal, plusieurs centaines d'utilisateurs de ChatGPT ont demandé au chatbot des instructions pour fabriquer des poisons ou des armes biologiques, et certains ont obtenu des réponses détaillées, comparables à un guide étape par étape de niveau lycée. À l'été 2025, OpenAI avait classé en interne GPT-5 comme un modèle à haut risque, précisément parce qu'il pouvait aider à créer des dangers biologiques. Pourtant, à l'automne suivant, l'entreprise a revu à la baisse le niveau de risque associé au modèle, alors même que les capacités du système restaient largement similaires.

Cette affaire soulève une question centrale pour toute l'industrie de l'intelligence artificielle générative : comment concilier la puissance croissante des modèles avec la nécessité d'empêcher leur détournement à des fins dangereuses. Que des centaines de personnes aient pu obtenir, même partiellement, des informations sur la fabrication de substances toxiques ou d'agents biologiques illustre les limites des garde-fous actuels, censés bloquer ce type de requêtes. Pour OpenAI, l'épisode expose un risque réputationnel et réglementaire majeur, dans un contexte où les autorités surveillent de plus en plus les usages malveillants de l'IA.

Le cas s'inscrit dans un débat plus large sur la gouvernance de la sécurité des grands modèles de langage, où les entreprises doivent arbitrer en interne entre rapidité de déploiement, compétitivité commerciale et prudence face aux risques catastrophiques. La décision de déclasser le niveau de risque de GPT-5 quelques mois seulement après l'avoir jugé dangereux interroge sur les critères et la transparence de ces évaluations, alors que régulateurs et chercheurs en sécurité de l'IA réclament des mécanismes de contrôle plus rigoureux et plus constants dans le temps.

Impact France/UE

Cette affaire alimente le débat sur l'encadrement des modèles à haut risque au titre de l'AI Act européen, sans impliquer directement d'entreprise ou d'institution française.

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Une étude de l'université de Cambridge révèle que le groupe terroriste nigérian Boko Haram utilise les principaux chatbots d'intelligence artificielle, dont ChatGPT, Claude et Gemini, pour planifier des attaques, fabriquer des explosifs et entretenir des armes. Selon les chercheurs, des opérateurs affiliés à l'État islamique forment depuis 2023 des commandants de Boko Haram à contourner les filtres de sécurité intégrés à ces outils. L'étude documente des cas concrets où les garde-fous censés bloquer les requêtes dangereuses ont échoué à plusieurs reprises, permettant aux utilisateurs malveillants d'obtenir des informations sensibles malgré les protections mises en place par les éditeurs. Ces révélations posent un problème majeur pour l'industrie de l'IA générative. Alors qu'OpenAI, Anthropic et Google présentent régulièrement leurs mesures de modération comme des remparts efficaces contre les usages malveillants, ce constat démontre que des groupes armés organisés parviennent à détourner ces systèmes à des fins opérationnelles, avec des conséquences directes sur la sécurité de populations civiles en Afrique de l'Ouest. Pour les chercheurs, cela signifie que la simple autorégulation volontaire des entreprises technologiques ne suffit plus à contenir les risques. Ce constat s'inscrit dans un débat plus large sur l'encadrement réglementaire de l'IA face aux usages terroristes, un enjeu que les gouvernements occidentaux peinent encore à traduire en obligations contraignantes pour les fournisseurs de modèles. La coopération entre groupes djihadistes, ici entre l'État islamique et Boko Haram, autour du partage de techniques de contournement suggère également une professionnalisation croissante de ces pratiques, qui pourrait pousser les autorités et les entreprises d'IA à revoir en profondeur leurs dispositifs de détection et de blocage.

UECe constat alimente le débat européen sur l'encadrement des usages malveillants de l'IA generative dans le cadre de l'AI Act, sans impliquer directement une entreprise ou institution francaise.

💬 Boko Haram qui utilise ChatGPT ou Gemini pour fabriquer des explosifs, ça montre que les garde-fous des grands labos ne sont pas conçus pour résister à un adversaire déterminé, juste à un usager lambda qui tape une question maladroite. Et ce qui m'inquiète le plus, c'est la mécanique décrite : des opérateurs qui forment d'autres groupes à contourner les filtres depuis 2023, donc une vraie diffusion de savoir-faire, pas un bug isolé. Selon Le Fil IA, tant que la modération restera une affaire de bonne volonté des éditeurs plutôt qu'une obligation vérifiée, ce genre de contournement continuera d'exister en pratique, quels que soient les communiqués rassurants.

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UECette affaire pourrait accélérer l'adoption d'obligations de sécurité strictes pour les plateformes d'IA grand public dans le cadre de l'AI Act européen, notamment pour la protection des utilisateurs vulnérables.

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