Une IA juge désormais chaque action des agents de Rubrik, selon sa responsable IA à VB Transform 2026, mais personne n'a vérifié si elle juge juste
Rubrik, entreprise cotée en bourse spécialisée dans la sécurité des données, a dévoilé lors d'un entretien à VB Transform 2026 à Menlo Park que ses agents IA internes fonctionnent désormais en "mode YOLO", sans validation humaine préalable, sous la surveillance d'une seconde intelligence artificielle chargée d'arbitrer chaque action. Dev Rishi, directeur général de l'IA chez Rubrik, a raconté qu'à une table ronde de RSSI organisée par le responsable de la sécurité informatique d'Anthropic, les quatorze participants avaient tous levé la main pour confirmer disposer de politiques de gouvernance IA écrites, mais que la question suivante, sur leur application concrète, avait déclenché des rires gênés. Chez Rubrik, le fondateur et directeur technique a poussé à activer ce mode autonome pour les agents, remplaçant l'approbation humaine par SAGE, le Semantic AI Governance Engine, un moteur intégré à Rubrik Agent Cloud qui analyse l'intention sémantique de chaque action et la valide ou la rejette selon des règles rédigées en langage naturel. Cette décision fait suite à l'échec du mode manuel: lors du déploiement pilote de Claude Code et Cowork, chaque commande devait être validée individuellement par l'employé, générant un fil Slack de 120 messages de contestation, les développeurs comparant l'exercice à cliquer aveuglément sur les conditions d'utilisation d'iTunes.
Cette bascule illustre un problème plus large: selon une étude Rubrik Zero Labs menée en avril auprès de plus de 1 600 responsables IT et sécurité, environ 80% d'entre eux constatent que la surveillance et la validation des actions des agents prennent plus de temps que ce que ces agents sont censés faire gagner. Une recherche VentureBeat Pulse présentée le même jour à la conférence confirme ce constat: deux tiers des entreprises, soit 66%, autorisent déjà ou préparent activement un déploiement en production sans aucune revue humaine. Pour Rishi, l'enjeu n'est plus de savoir si un agent peut agir seul, mais s'il le doit, une distinction qu'il juge trop souvent négligée par les organisations pressées d'automatiser.
Rishi a rejoint Rubrik via le rachat de Predibase, la startup d'infrastructure d'IA générative qu'il codirigeait jusqu'en juin 2025, après un passage chez Google sur l'équipe à l'origine de Vertex AI et un rôle de premier product manager chez Kaggle, dont il a accompagné la croissance d'un à dix millions d'utilisateurs. Diplômé de Harvard en informatique, il a mené près de 200 entretiens avec des clients issus du Global 2000 durant ses trois premiers mois et demi chez Rubrik, découvrant que le principal frein à la rentabilité des projets d'IA n'était ni le coût ni la latence, mais l'incapacité à obtenir une validation sécurité et risque, un constat qui a directement motivé la conception de SAGE, dont l'efficacité réelle n'a toutefois pas encore été mesurée de façon indépendante.
Dans nos dossiers
Vu une erreur factuelle dans cet article ? Signalez-la. Toutes les corrections valides sont publiées sur /corrections.



