Thinking Machines rend Inkling open source, son premier modèle de langage multimodal, axé sur le faible coût et la "résistance à la censure
Thinking Machines, la start-up américaine fondée par Mira Murati, ancienne directrice technique d'OpenAI, a publié son premier grand modèle de langage sous licence open source Apache 2.0, baptisé Inkling. Doté de 975 milliards de paramètres au total, dont 41 milliards actifs grâce à une architecture Mixture-of-Experts, il s'agit d'un système nativement multimodal capable de raisonner sur du texte, des images et de l'audio. Ses poids sont déjà disponibles sur Hugging Face ainsi que sur Tinker, l'API d'entraînement de modèles maison. Sur les benchmarks tiers, Inkling affiche 77,6% sur SWE-bench Verified, devançant le rival américain Nvidia Nemotron 3 (71,9%), et 91,4% sur VoiceBench, proche des 94,4% de Gemini 3.1 Pro en mode raisonnement élevé. Thinking Machines a également dévoilé une version allégée, Inkling-Small, avec 276 milliards de paramètres, pensée pour les usages où la latence et le coût priment.
Ce lancement cible directement les entreprises qui veulent déplacer leurs charges d'IA agentique vers des modèles à poids ouverts, personnalisables et exécutables sur leurs propres serveurs ou dans des clouds privés virtuels. Inkling introduit un mécanisme inédit d'"effort de réflexion contrôlable", conçu pour arbitrer finement entre coût et performance, une approche qui tranche avec les stratégies de scaling opaques des modèles propriétaires concurrents. Autre argument commercial fort: Thinking Machines affirme avoir conçu Inkling pour répondre directement sur des sujets susceptibles d'être censurés, une promesse pensée pour séduire les entreprises soucieuses de la fiabilité factuelle de leurs outils, indépendamment du caractère sensible des questions posées.
Le modèle arrive toutefois dans un paysage 2026 des modèles ouverts extrêmement disputé, dominé par des architectures MoE très spécialisées, notamment issues des laboratoires chinois. GLM 5.2, considéré comme le meilleur modèle de raisonnement ouvert du marché, surpasse Inkling sur le codage et les tâches complexes, avec 62,1% contre 54,3% sur SWEBench Pro et un écart plus marqué encore sur Terminal Bench 2.1 (82,7 contre 63,8). DeepSeek V4 Pro fait mieux sur SWEBench Verified (80,6% contre 77,6%) et sur la factualité, mais Inkling le devance en mathématiques avec 97,1% sur AIME 2026. Kimi K2.6 domine sur plusieurs tests techniques comme GPQA Diamond, tandis qu'Inkling reste plus performant sur le suivi d'instructions. Face à son concurrent américain direct, Nemotron 3 Ultra, Inkling s'impose de façon constante en raisonnement comme en codage, confirmant sa position de meilleure alternative ouverte made in USA face à la concurrence chinoise.
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