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Rich Sutton, prix Turing, lance Oak Lab pour créer des agents IA capables d'apprendre par eux-mêmes

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Richard Sutton, lauréat du prix Turing 2024 et co-fondateur de l'apprentissage par renforcement moderne, a lancé une nouvelle startup baptisée Oak Lab à Toronto. Sutton, connu pour ses travaux fondateurs sur le reinforcement learning aux côtés d'Andrew Barto, qualifie les méthodes actuelles de deep learning de "faibles et inefficaces". Son objectif avec Oak Lab est de développer des agents d'intelligence artificielle capables d'apprendre en continu directement à partir de leur environnement, plutôt que de dépendre d'un entraînement préalable sur des jeux de données statiques. L'entreprise est basée au Canada, pays où Sutton a mené l'essentiel de sa carrière de recherche, notamment à l'Université de l'Alberta.

Cette initiative marque une rupture potentielle avec le paradigme dominant de l'IA actuelle, largement fondé sur l'apprentissage supervisé et les grands modèles de langage entraînés une fois puis déployés. Si les agents d'Oak Lab parviennent réellement à apprendre en temps réel, cela pourrait ouvrir la voie à des systèmes plus adaptatifs, capables de s'ajuster à des environnements changeants sans réentraînement complet, un enjeu majeur pour la robotique, les véhicules autonomes ou les assistants personnels évoluant dans des contextes imprévisibles.

Cette annonce s'inscrit dans un débat plus large sur les limites des grands modèles de langage, que plusieurs chercheurs de premier plan jugent insuffisants pour atteindre une intelligence artificielle véritablement générale. Sutton défend depuis des années l'idée que l'apprentissage continu et l'expérience directe avec le monde réel sont essentiels, une philosophie qui a notamment inspiré des avancées comme AlphaGo. Reste à voir si Oak Lab parviendra à traduire ces principes théoriques en systèmes concrets et compétitifs face aux géants du secteur.

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Richard Sutton, lauréat du prix Turing 2024 pour ses travaux fondateurs sur l'apprentissage par renforcement, a pris une position tranchée sur les limites des systèmes d'IA générative actuels : ils sont structurellement incapables de faire de la vraie science. Sa critique centrale porte sur l'absence de boucle d'évaluation interne. Sans mécanisme pour juger la validité ou la nouveauté de ses propres résultats, un système génératif ne peut que produire du contenu vraisemblable, pas découvrir quelque chose de réellement nouveau. Toute nouveauté émergente reste fugace, non reconnue, aussitôt perdue. L'enjeu est considérable pour le débat autour de l'IA scientifique. De nombreux acteurs présentent les grands modèles de langage comme des outils de découverte, capables d'accélérer la recherche en biologie, en chimie ou en mathématiques. Sutton conteste cette vision : sans capacité d'autoévaluation, ces systèmes restent des moteurs de reformulation, non d'exploration. Pour les chercheurs qui misent sur l'IA pour générer des hypothèses originales, la distinction est fondamentale. Sutton pointe en contraste des systèmes comme AlphaGo ou AlphaProof, développés par Google DeepMind, qui intègrent une boucle d'évaluation explicite, le score d'une partie, la validité d'une preuve, permettant à l'IA de tester et valider ses propres productions. C'est précisément ce mécanisme qui rend ces systèmes capables d'une forme de créativité authentique, selon lui. Sa prise de position s'inscrit dans un débat plus large sur la trajectoire de l'IA : faut-il poursuivre la voie des modèles génératifs à grande échelle, ou revenir vers des architectures hybrides combinant génération et vérification formelle ?

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Capture des ID de tokens pendant les interactions à base d'agents pour améliorer l'apprentissage par renforcement
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Anthropic a présenté Turnstile, un petit proxy écrit en langage Rust destiné à résoudre un problème technique précis dans l'entraînement des modèles de langage par apprentissage par renforcement (RL). Pour progresser sur des tâches complexes et prolongées, comme écrire du code, naviguer sur un site web ou mener une recherche en plusieurs étapes, un modèle est encadré par un harnais logiciel qui lui permet d'appeler des outils, d'observer les résultats et de décider de l'étape suivante. L'entraînement RL consiste à faire tenter de nombreuses tâches au modèle, à noter chaque tentative, puis à ajuster ses paramètres vers les choix qui ont fonctionné. Le problème vient du fait que les modèles ne traitent pas le texte tel quel, mais sous forme de tokens, des unités numérotées par un tokenizer propre à chaque modèle. Un simple changement de mise en forme, un espace en trop ou une manière différente d'écrire un appel d'outil en JSON peut modifier les identifiants de tokens sans changer le texte apparent, un phénomène qu'Anthropic appelle la dérive de retokenisation ou la dérive du template de conversation. Turnstile s'installe entre le harnais de l'agent et le système qui fait tourner le modèle, et enregistre l'historique exact, token par token, de chaque requête au moment précis de sa génération, le seul instant où cette information est garantie exacte. Cette précision compte parce que les mathématiques du RL par gradient de politique ne fonctionnent correctement que si l'entraînement optimise le comportement du modèle par rapport au contexte réellement vu par la version du modèle qui a produit la tentative, appelée la politique comportementale. Si le contexte est légèrement redessiné lors de la relecture, le modèle est entraîné sur un contexte qu'il n'a jamais réellement rencontré, ce qui dégrade le signal d'apprentissage de façon souvent invisible, le modèle semblant continuer à progresser normalement. Le problème s'aggrave avec des harnais complexes, qui peuvent compacter d'anciens messages pour économiser du contexte, relancer un appel d'outil mal formé, créer des sous-agents puis fusionner leurs résultats, ou résumer l'historique en cours de route, autant d'opérations qui peuvent introduire un décalage entre ce que le modèle a vu et ce que l'entraîneur croit qu'il a vu. Turnstile exporte ces trajectoires token par token dans un format générique, indépendant de tout framework, compatible avec n'importe quelle pile d'entraînement RL existante. Anthropic affirme avoir utilisé cet outil pour de véritables campagnes d'entraînement, avec deux agents différents, un agent de codage purement textuel et un agent multimodal capable d'utiliser un ordinateur, qui ont tous deux progressé de façon régulière au fil de leurs sessions de RL, sans qu'aucune modification du harnais d'origine ne soit nécessaire. Cette publication s'inscrit dans un effort plus large de l'industrie pour fiabiliser l'entraînement des agents IA, à mesure que les tâches confiées aux modèles deviennent plus longues et plus complexes, et que la moindre incohérence dans les données d'entraînement peut se traduire par des gains de performance illusoires ou instables.

💬 Turnstile, c'est le genre d'outil qui ne fera jamais la une, mais qui règle un vrai bug de fond : quand ton harnais d'agent reformate un appel d'outil ou compacte l'historique, le modèle s'entraîne sur un contexte qu'il n'a jamais vu, et ça pourrit le RL sans que personne s'en aperçoive. Le fait qu'Anthropic sorte un proxy Rust juste pour ça montre à quel point l'entraînement des agents devient une affaire de plomberie fine, pas de nouvelles architectures. Ce genre de correction invisible en dit plus sur la maturité d'un labo que ses derniers benchmarks.

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Créer un agent d'apprentissage par renforcement pour retrouver des mémoires pertinentes et améliorer les réponses des LLM
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Créer un agent d'apprentissage par renforcement pour retrouver des mémoires pertinentes et améliorer les réponses des LLM

Des chercheurs ont publié un tutoriel détaillé montrant comment construire un agent d'apprentissage par renforcement capable de récupérer des souvenirs pertinents dans une base de mémoire à long terme, pour améliorer la précision des réponses d'un grand modèle de langage. Le système repose sur une combinaison de plusieurs briques technologiques : les embeddings vectoriels d'OpenAI (modèle text-embedding-3-small), un environnement d'entraînement personnalisé codé avec la bibliothèque Gymnasium, et l'algorithme PPO (Proximal Policy Optimization) de Stable-Baselines3. Le pipeline commence par la génération d'un jeu de données synthétique de "souvenirs" accompagné de requêtes associées, chaque souvenir et chaque requête étant convertis en vecteurs numériques pour permettre un calcul de similarité. L'agent apprend ensuite une politique de sélection, en observant les caractéristiques des candidats mémoire et en choisissant lequel récupérer. La réponse finale est générée par gpt-4o-mini, qui ne dispose que des souvenirs récupérés comme contexte. L'enjeu central de cette approche est de dépasser les limites de la simple recherche par similarité cosinus, qui reste la méthode dominante dans la plupart des systèmes RAG (Retrieval-Augmented Generation) actuels. En entraînant un agent à optimiser ses décisions de récupération via un signal de récompense, le système apprend à distinguer les souvenirs superficiellement proches mais peu utiles des souvenirs véritablement pertinents pour répondre à une question donnée. Pour les applications concrètes, assistants personnels, agents autonomes, systèmes de support client avec historique, cette capacité à mieux cibler l'information pertinente peut significativement améliorer la qualité des réponses sans augmenter la taille du contexte envoyé au modèle. L'évaluation s'appuie elle-même sur un LLM jouant le rôle de juge strict, retournant un score binaire (1.0 ou 0.0) selon que la réponse prédite correspond sémantiquement à la réponse attendue. Cette publication s'inscrit dans un courant de recherche actif qui cherche à doter les LLMs d'une mémoire externe persistante et intelligemment gérée. Les approches RAG classiques encodent et cherchent des documents de façon statique, sans jamais apprendre de leurs erreurs de récupération. L'idée d'utiliser l'apprentissage par renforcement pour optimiser ce processus de sélection est explorée depuis quelques années dans la littérature académique, mais reste peu répandue en production. Ce tutoriel la rend accessible à un large public de praticiens, avec un code reproductible sous Python 3, ce qui pourrait accélérer son adoption dans des projets concrets. La prochaine étape naturelle serait d'appliquer cette méthode à des bases de mémoire réelles, dynamiques et de grande taille, là où la différence entre une bonne et une mauvaise récupération a un impact direct sur la fiabilité de l'agent.

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NVIDIA et Ineffable Intelligence, le laboratoire d'IA londonien fondé par David Silver, l'architecte d'AlphaGo, ont annoncé un partenariat technique approfondi pour concevoir l'infrastructure nécessaire à l'apprentissage par renforcement à grande échelle. Des ingénieurs des deux sociétés travaillent conjointement sur la construction d'un pipeline d'entraînement optimisé, en démarrant sur la plateforme NVIDIA Grace Blackwell et en préparant l'intégration de la prochaine architecture Vera Rubin, encore inédite. Jensen Huang, fondateur et PDG de NVIDIA, a qualifié les systèmes d'apprentissage continu par expérience de "prochaine frontière de l'IA", tandis que Silver, sorti du mode furtif la semaine dernière seulement avec Ineffable Intelligence, entend pousser ce paradigme bien au-delà de ses applications actuelles. L'enjeu technique est significatif. Contrairement au pré-entraînement classique, qui consomme un jeu de données fixe de textes et d'images humaines, l'apprentissage par renforcement génère ses propres données en temps réel : l'agent agit, observe les résultats, évalue et se met à jour en boucle serrée. Ce mode de fonctionnement impose des contraintes très différentes sur les interconnexions, la bande passante mémoire et l'inférence. S'y ajoutent des formes d'expérience potentiellement étrangères au langage humain, ce qui pourrait nécessiter des architectures de modèles et des algorithmes d'entraînement entièrement nouveaux. Résoudre ces contraintes à l'échelle est ce que visent conjointement les deux équipes. David Silver est l'une des figures centrales de l'apprentissage par renforcement depuis des décennies : il a co-développé DQN chez DeepMind avant de concevoir AlphaGo, le premier programme à battre un champion du monde de go en 2016. Son raisonnement est direct : les chercheurs ont "largement résolu le problème facile de l'IA", soit apprendre à partir de ce que les humains savent déjà, mais le vrai défi reste de construire des systèmes capables de découvrir de nouvelles connaissances par eux-mêmes. Ce virage, de la donnée humaine vers la simulation et l'expérience autonome, est au coeur de la mission d'Ineffable Intelligence. Si le partenariat tient ses promesses, il pourrait débloquer une nouvelle génération d'agents capables de progresser dans des environnements complexes sans plafond de données humaines, ouvrant potentiellement des découvertes dans des domaines allant de la recherche scientifique à la robotique.

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