Meituan lance LongCat-2.0 : un modele MoE open source de 1 600 milliards de parametres avec contexte natif de 1 million de tokens
Meituan a dévoilé LongCat-2.0, un modèle de langage à mélange d'experts (MoE) doté de 1 600 milliards de paramètres au total, dont environ 48 milliards sont activés par token. Ce successeur de LongCat-Flash, un modèle de 560 milliards de paramètres sorti en 2025, cible spécifiquement le codage agentique : compréhension, génération et exécution de code au sein de workflows autonomes. Le modèle se distingue par une fenêtre de contexte native d'un million de tokens et par le fait que son entraînement comme son déploiement ont été réalisés entièrement sur des superpods ASIC domestiques, sans recourir au matériel Nvidia. L'entraînement a mobilisé plus de 35 000 milliards de tokens sur des millions d'heures-accélérateur, et Meituan affirme n'avoir subi aucun retour arrière ni pic de perte irrécupérable durant tout le processus. Sur le plan des performances, l'entreprise revendique un score de 59,5 sur SWE-bench Pro, devançant légèrement GPT-5.5 (58,6), ainsi que 70,8 sur Terminal-Bench 2.1 et 77,3 sur SWE-bench Multilingual. Meituan situe également LongCat-2.0 au niveau de Gemini 3.1 Pro de Google en performance globale, tout en reconnaissant qu'il reste en retrait des systèmes de pointe sur des benchmarks d'agents plus généraux comme FORTE et BrowseComp. Ces chiffres proviennent uniquement des tests internes de Meituan et n'ont pas encore été confirmés par des classements indépendants.
Cette annonce est importante car elle illustre la capacité croissante des entreprises chinoises à entraîner et servir des modèles de très grande taille sans dépendre des puces Nvidia, un enjeu stratégique majeur dans un contexte de restrictions à l'export américaines. Pour les développeurs et les équipes d'ingénierie, un contexte natif d'un million de tokens change concrètement l'usage possible d'un assistant de code : il devient possible d'analyser des dépôts entiers ou de longues sessions d'agent sans fragmentation artificielle. La stabilité revendiquée pendant l'entraînement sur du matériel non-Nvidia est aussi un signal fort, car l'écosystème logiciel autour des ASIC domestiques est réputé moins mature que celui de Nvidia, ce qui rend ce genre de résultat plus difficile à obtenir. Si les performances en codage agentique se confirment de façon indépendante, LongCat-2.0 pourrait s'imposer comme une alternative crédible aux modèles occidentaux pour les tâches d'ingénierie logicielle automatisée, un segment de plus en plus disputé entre laboratoires.
L'architecture de LongCat-2.0 repose sur quatre innovations pensées pour maîtriser le coût d'un modèle de cette taille. Les experts à calcul nul laissent les tokens simples, comme la ponctuation, traverser le modèle sans traitement lourd, tandis qu'un contrôleur PID ajuste dynamiquement l'activation entre 33 et 56 milliards de paramètres selon la complexité du texte. La LongCat Sparse Attention, présentée comme une évolution du DeepSeek Sparse Attention, combine trois méthodes d'indexation, streaming, inter-couches et hiérarchique, pour éviter l'explosion quadratique du coût de calcul liée aux longs contextes. S'y ajoute un module d'embedding par n-grammes de 135 milliards de paramètres, censé mieux capturer les relations locales entre tokens, ainsi qu'un pipeline de post-entraînement baptisé MOPD qui fusionne trois groupes d'experts spécialisés en agents, raisonnement et interaction. Publié sous licence MIT le 30 juin 2026, LongCat-2.0 s'inscrit dans une compétition mondiale où chaque laboratoire cherche à repousser simultanément la taille des modèles, la longueur de contexte et l'efficacité matérielle.
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