Microsoft Office face à un nouveau rival : 30 millions de dollars misés sur une alternative IA
L'entrepreneur indien Bhavin Turakhia, fondateur de la société de paiements Zeta, a investi 30 millions de dollars de sa fortune personnelle pour lancer Neo, une plateforme de travail conçue dès l'origine autour de l'intelligence artificielle. L'annonce a été relayée le 2 juillet 2026. Contrairement à une simple suite bureautique enrichie d'un chatbot, Neo réunit dans une seule interface la gestion de projet, les documents et le stockage de fichiers, avec l'IA placée au cœur des flux de travail plutôt qu'ajoutée en périphérie. Turakhia justifie cette approche en comparant les logiciels historiques à un ancien téléphone qu'on tenterait de transformer en smartphone : selon lui, certaines architectures doivent être repensées entièrement plutôt que rafistolées. Autre choix stratégique, Neo se veut indépendant des modèles d'IA, permettant aux entreprises clientes de changer de fournisseur sans reconstruire leur environnement de travail.
Cette initiative s'inscrit dans une bataille plus large pour la productivité en entreprise, à l'heure où Microsoft, Google et Salesforce accélèrent tous l'intégration de l'IA générative dans leurs outils professionnels, notamment via Microsoft 365 Copilot. Pour les PME et les professionnels du conseil et de la tech, que Neo cible en priorité, l'enjeu est de savoir si une architecture pensée nativement pour l'IA peut offrir plus de souplesse ou de coûts réduits face aux offres établies. L'indépendance vis-à-vis des modèles d'IA répond aussi à une préoccupation croissante des organisations soucieuses d'éviter toute dépendance technologique excessive envers un seul fournisseur, qu'il s'agisse d'OpenAI, d'Anthropic ou d'un autre acteur.
Turakhia n'en est pas à son premier pari : depuis vingt ans, il a l'habitude de financer lui-même ses entreprises technologiques avant d'ouvrir leur capital à des investisseurs extérieurs, et applique la même méthode à Neo. Il reste toutefois lucide sur l'ampleur du défi : Microsoft dispose d'une base installée de centaines de millions d'utilisateurs et d'un écosystème logiciel très intégré, tandis que Google Workspace poursuit une stratégie IA similaire et que des acteurs comme Notion ou Superhuman multiplient également les innovations pour les travailleurs du savoir. Plutôt que de viser une domination à court terme, Turakhia mise sur la coexistence de plusieurs acteurs sur un marché jugé suffisamment vaste : selon lui, capter seulement 2 % à 5 % des dépenses mondiales en logiciels d'entreprise dopés à l'IA suffirait à bâtir une entreprise de très grande taille.
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