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Vercel's Andrew Qu explique en quoi les agents sont un nouveau type de logiciel

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Andrew Qu, responsable logiciel (Chief of Software) chez Vercel, a accordé un entretien à Latent Space sur le stand de l'AIEWF, expliquant pourquoi les agents constituent selon lui une nouvelle catégorie de logiciel. Il travaille directement avec le directeur technique de Vercel sur l'ingénierie interne, l'expérimentation produit et les technologies émergentes. Qu a créé une bibliothèque MCP qui a facilité la construction des premiers serveurs MCP, lancé skills.sh pour rendre les compétences d'agents plus faciles à découvrir et à utiliser, et dirigé le développement d'eve, le framework d'agents de Vercel. Il raconte que Vercel, à l'origine pensé pour simplifier la publication de sites et d'applications web, a constaté un basculement chez ses utilisateurs, qui ne construisent plus seulement des pages mais des agents. C'est en développant leur propre agent au sein de v0, leur produit de "vibe coding", que l'équipe s'est heurtée à des irritants que les outils existants ne résolvaient pas, comme le changement de modèle ou de fournisseur, l'ajout de solutions de repli ou la reprise des exécutions interrompues. Ces solutions, transformées en bibliothèques réutilisables, ont fini par former un socle de briques techniques rassemblées sous le nom d'eve.

Il y a environ un an, Qu s'est fixé l'objectif de mettre "un agent sur chaque bureau" chez Vercel, ce qui l'a conduit à développer un agent de données interne et à dégager plusieurs bonnes pratiques devenues centrales chez Vercel: agents capables de manipuler des systèmes de fichiers, compétences modulaires, compaction du contexte et sous-agents. Faute de retrouver ces briques prêtes à l'emploi ailleurs, l'équipe a décidé de formaliser une approche prescriptive, donnant naissance à eve pour éviter à d'autres développeurs de refaire ce travail d'exploration. Concrètement, Vercel utilise déjà ses agents en interne pour des tâches répétitives mais qui exigent un minimum de raisonnement: une première passe sur la relecture de contrats juridiques, des rétrospectives marketing, l'identification de contacts à solliciter, ou encore l'écriture de requêtes contre leurs bases de données.

Pour Qu, les agents ne sont pas de simples applications web déguisées mais une forme de logiciel réellement différente, moins prévisible dans ses interactions et ses résultats, ce qui impose de nouvelles briques pour gérer le contexte, les outils, la reprise d'exécution et les tâches longues. Sur la question de l'autonomie, il refuse de trancher entre boucles totalement autonomes et supervision humaine systématique: le bon choix dépend de la clarté de la tâche. Quand l'objectif final est bien défini, laisser tourner une boucle jusqu'à son terme est raisonnable; pour un travail d'ingénierie plus délicat, mieux vaut revenir régulièrement vérifier que le modèle reste sur la bonne voie.

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Vercel Labs, la branche recherche de la société américaine spécialisée dans le déploiement web, a publié Zero, un langage de programmation système expérimental conçu pour que les agents d'intelligence artificielle puissent lire, corriger et compiler du code natif de manière autonome. Zero se positionne dans le même espace que C ou Rust : il compile vers des exécutables natifs, offre un contrôle explicite de la mémoire et cible les environnements bas niveau. La différence fondamentale réside dans la conception du compilateur et de la chaîne d'outils, pensés dès le départ pour être consommés par des agents IA plutôt que par des ingénieurs humains. Le problème central que Zero cherche à résoudre est la manière dont les agents interagissent avec les retours du compilateur. Dans un cycle de développement classique impliquant un agent de codage, celui-ci écrit du code, le compilateur émet une erreur sous forme de texte non structuré, et l'agent doit analyser ce texte pour comprendre ce qui a mal tourné. C'est fragile : les formats de messages changent, ils sont rédigés pour des lecteurs humains, et il n'existe aucun concept natif d'action de réparation. Zero répond à ce problème en émettant par défaut des diagnostics JSON structurés. Chaque diagnostic porte un code stable (par exemple NAM003), un message lisible par l'humain, une référence de ligne et un objet repair contenant un identifiant d'action typé. Les humains lisent le message ; les agents lisent le code et le repair. La chaîne d'outils est unifiée dans un seul binaire : zero check, zero run, zero build, zero fix, zero explain ou encore zero doctor sont tous des sous-commandes d'un même CLI. Deux d'entre elles sont particulièrement utiles dans une boucle de réparation automatisée : zero explain renvoie une explication détaillée d'un code de diagnostic donné, tandis que zero fix --plan --json produit un plan de correction structuré et lisible par machine. La commande zero skills fournit quant à elle des guides d'utilisation directement depuis le CLI, synchronisés avec la version du compilateur installé, évitant aux agents de scraper une documentation externe potentiellement obsolète. Le lancement de Zero s'inscrit dans une tendance plus large : alors que les agents de codage comme GitHub Copilot, Cursor ou Devin s'imposent dans les workflows de développement, l'outillage existant n'a pas été conçu pour eux. Vercel, dont la plateforme accueille des millions de projets web, se positionne ici en amont de la chaîne de valeur, au niveau du langage lui-même. Zero introduit également un système d'effets explicites dans les signatures de fonctions : une fonction ne peut accéder au système de fichiers, au réseau ou à la sortie standard que si elle reçoit un objet de capacité (World), vérifié à la compilation et non à l'exécution. Cette approche rend le comportement du code plus prévisible pour des agents qui doivent raisonner sur ses effets de bord sans l'exécuter. Zero reste pour l'instant expérimental, mais il signale une direction claire : concevoir les langages de programmation pour un monde où les compilateurs parlent autant aux machines qu'aux humains.

💬 L'idée est simple et évidente en rétrospective : nos compilateurs crachent du texte pensé pour des yeux humains, et on s'étonne que les agents galèrent à parser les erreurs. Zero corrige ça à la source, avec des diagnostics JSON structurés, des codes stables par type d'erreur, et une commande `zero fix --plan` qui donne à l'agent un plan de réparation lisible par machine plutôt qu'un blob de prose. Reste à voir si ça passe le cap du labo, mais la direction est la bonne.

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UEXebia, cabinet de conseil d'origine néerlandaise, propose ces offres aux grandes entreprises européennes cherchant à moderniser leurs systèmes legacy pour déployer des agents IA.

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