Aller au contenu principal
« Enseigner à l'IA à piloter les turbines »
BusinessMIT Technology Review1sem· 2 min de lecture

« Enseigner à l'IA à piloter les turbines »

Source originale ↗·

Woodside Energy, producteur d'énergie australien basé en Australie-Occidentale, développe depuis plus d'une décennie des systèmes d'intelligence artificielle appliqués à ses opérations industrielles, bien avant l'essor des chatbots grand public. Andrew Melouney, vice-président digital de l'entreprise, explique que ce travail a démarré par l'exploitation des immenses volumes de données opérationnelles générées par les équipements, les usines et les actifs du groupe, dans des domaines comme l'exploration, le forage, la maintenance et la gestion des sites de production. Cette base de données et d'analyses prédictives a permis à Woodside de construire, au fil des années, des outils d'optimisation et d'apprentissage automatique à forte valeur ajoutée. L'entreprise s'oriente désormais vers des systèmes d'IA dits "agentiques", capables de soutenir des flux de travail industriels complexes. L'exemple phare est le "Startup Advisor", un copilote IA qui accompagne les opérateurs dans la procédure délicate de démarrage des usines de gaz naturel liquéfié (GNL).

Cette évolution illustre un impact concret pour l'industrie énergétique : plutôt que de remplacer les opérateurs humains, ces outils visent à renforcer leur expertise dans des environnements à haut risque où la sécurité et la continuité opérationnelle sont critiques. Selon Melouney, l'objectif est de permettre aux équipes de prendre des décisions plus rapides et plus fiables, sans pour autant automatiser les processus existants tels quels. "Nous ne collons pas simplement de l'IA sur un processus existant, nous repensons en profondeur la façon dont le travail doit être organisé", précise-t-il. Cette approche marque une transition plus large dans l'industrie, où l'IA passe du stade d'expérimentations isolées à celui de déploiements à l'échelle de l'entreprise, appuyés sur des plateformes standardisées, une gouvernance des données rigoureuse et des schémas de déploiement reproductibles.

Cette trajectoire s'inscrit dans un contexte où le secteur énergétique, avec ses infrastructures physiques massives et son flux constant de données, sert de laboratoire grandeur nature pour l'IA industrielle du futur. La devise de Melouney, "penser grand, prototyper petit et passer à l'échelle rapidement", résume la méthode adoptée par Woodside pour éviter les échecs coûteux tout en accélérant l'adoption. À terme, l'ambition de l'entreprise est de devenir une "entreprise autonome", où des agents dotés d'une véritable capacité d'action interagiraient directement avec les processus métier centraux. Cet épisode du podcast Business Lab de la MIT Technology Review, produit en partenariat avec Infosys, souligne ainsi que les entreprises les mieux placées pour tirer parti de l'IA agentique seront celles qui ont, comme Woodside, investi depuis longtemps dans des fondations opérationnelles solides plutôt que de suivre les effets de mode.

💬 L'analyse de Mathieu

Woodside démontre qu'on ne construit pas de l'IA agentique sur du vide : dix ans de data industrielle avant le moindre copilote, c'est ça la vraie barrière à l'entrée, pas le modèle. Le "Startup Advisor" qui accompagne le démarrage d'une usine de GNL, c'est le genre de cas d'usage qui ne fait pas de bruit mais qui vaut cher. Et la formule "repenser le travail, pas coller de l'IA dessus" devrait être tatouée sur le front de la moitié des équipes innovation qui se contentent d'un chatbot maison.

Dans nos dossiers

Cet article vous a été utile ?

Vu une erreur factuelle dans cet article ? Signalez-la. Toutes les corrections valides sont publiées sur /corrections.

À lire aussi

Accenture transforme le conseil en IA avec des agents prêts à déployer
1Le Big Data 

Accenture transforme le conseil en IA avec des agents prêts à déployer

Accenture et Google Cloud ont annoncé le 7 juillet 2026 le lancement d'Accenture Edge, une offre d'agents d'intelligence artificielle préconfigurés destinée aux entreprises de taille intermédiaire réalisant entre 300 millions et 3 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel. L'objectif affiché est de réduire le délai entre le pilote et la mise en production à quelques semaines, contre plusieurs mois habituellement pour ce type de déploiement. Ces agents couvrent déjà six domaines : l'intelligence client, l'expérience client, la cybersécurité, les opérations, la productivité des salariés, ainsi que des solutions sectorielles pour la banque, les télécommunications, le retail, les biens de consommation et la supply chain. Sur le plan technique, Google Cloud fournit la base logicielle, combinant Gemini Enterprise, la Gemini Enterprise Agent Platform lancée en avril 2026 et l'Agentic Data Cloud. Le volet cybersécurité s'appuie sur Google AI Threat Defense, qui intègre Gemini, Mandiant et Wiz. Accenture y ajoute sa propriété intellectuelle, son expertise sectorielle et des ingénieurs déployés directement chez les clients. Cette annonce marque un tournant potentiel pour l'industrie du conseil en technologie. Jusqu'ici, un projet d'intégration IA nécessitait une longue phase d'analyse sur mesure : étude des processus métiers, choix d'architecture, développement d'intégrations spécifiques, puis accompagnement au déploiement, chaque client représentant un chantier largement unique. Avec des agents préconfigurés, une partie de cette architecture, des workflows et des mécanismes de gouvernance devient réutilisable d'un client à l'autre, même si la personnalisation reste nécessaire. Pour les entreprises de taille intermédiaire, souvent moins équipées en ressources internes que les grands groupes, cela signifie un accès plus rapide et potentiellement moins coûteux à l'IA agentique appliquée à des fonctions concrètes comme la relation client ou la sécurité informatique. Pour Accenture, l'enjeu est aussi financier : le groupe a triplé ses revenus liés à l'IA générative sur son exercice 2025, et cette offre vise à accélérer encore cette dynamique en captant un segment de marché jusque-là moins servi par le conseil haut de gamme. Ce mouvement dépasse le seul cas d'Accenture. Selon une analyse de Business Insider sur la transformation du conseil par l'IA, les grands cabinets développent de plus en plus leurs propres outils logiciels et se rapprochent des entreprises technologiques, transformant progressivement leur expertise accumulée en produits réutilisables plutôt qu'en prestations sur mesure facturées à l'heure. Cette « productisation » du conseil redéfinit un modèle économique historiquement fondé sur l'intervention humaine personnalisée. Le partenariat entre Accenture et Google Cloud illustre aussi la concurrence croissante entre fournisseurs de cloud pour s'imposer comme la couche technologique de référence de l'IA agentique en entreprise, face à des rivaux comme Microsoft et AWS qui développent des stratégies similaires avec les grands cabinets de conseil.

UELes entreprises europeennes de taille intermediaire pourraient acceder a cette offre d'agents IA via les filiales locales d'Accenture et de Google Cloud, mais aucune entreprise ou reglementation francaise n'est directement impliquee dans cette annonce.

💬 Ce qui compte ici, c'est pas les six domaines couverts, c'est que le conseil bascule du sur-mesure facturé à l'heure vers du prêt-à-déployer. Accenture transforme des années d'expertise accumulée en produit qu'on installe en quelques semaines plutôt qu'en mission de six mois, et pour les boîtes de taille intermédiaire ça ouvre un accès qui leur était fermé jusque-là. Reste à voir si la personnalisation promise tient la route dès que le client a des besoins un peu tordus.

BusinessActu
1 source
5 stratégies pour maîtriser les coûts liés à l'IA en entreprise
2The Information AI 

5 stratégies pour maîtriser les coûts liés à l'IA en entreprise

Le PDG de Snowflake, Sridhar Ramaswamy, a reconnu publiquement lundi, lors de la conférence annuelle de son entreprise à San Francisco, que les dépenses en intelligence artificielle représentent une source d'inquiétude croissante, même pour les plus grands acteurs du secteur. Snowflake, cliente d'Anthropic, d'OpenAI et d'autres fournisseurs, fait partie des entreprises qui ont développé des stratégies concrètes pour maîtriser ces coûts. Parmi les méthodes les plus répandues, les routeurs de modèles permettent d'orienter automatiquement chaque tâche vers le modèle le moins cher adapté à la situation : Snowflake et Palo Alto Networks ont conçu leurs propres routeurs, et une startup du BTP a utilisé Claude d'Anthropic pour construire le sien, sans que l'outil ne favorise les modèles Anthropic pour autant. L'éditeur de logiciels UiPath a quant à lui réduit de plus de 90 % les coûts de certaines tâches grâce au prompt engineering, en limitant simplement la phase de "réflexion" du modèle avant exécution, selon son directeur de la sécurité Scott Roberts. D'autres entreprises fixent des plafonds de tokens par employé ou réservent les modèles avancés aux profils techniques : chez Zscaler, les ingénieurs logiciels accèdent à OpenAI Codex, mais pas les équipes commerciales ou juridiques. Ces arbitrages traduisent une prise de conscience généralisée : l'accès illimité aux modèles les plus puissants peut générer des factures incontrôlables sans garantir un retour sur investissement proportionnel. Le vice-président de Zscaler Dhawal Sharma résume la philosophie émergente : "utiliser un très grand modèle pour résoudre un problème simple est un mauvais usage des ressources." Chez Novo Nordisk, l'analyse de données issues d'essais cliniques via Claude d'Anthropic a conduit les équipes à réaliser que la version standard du modèle suffisait dans de nombreux cas, ouvrant la voie à des économies substantielles. Plus largement, certaines entreprises choisissent de revenir à des logiciels traditionnels, plus adaptés aux tâches structurées et répétitives, plutôt que de systématiser le recours à l'IA. Cette rationalisation intervient alors que les fournisseurs de modèles continuent d'augmenter leurs tarifs, alimentant un débat intense sur la rentabilité réelle de l'IA en entreprise. Les directions informatiques se retrouvent à arbitrer entre la demande des équipes métiers, désireuses d'accéder aux outils les plus performants, et la nécessité de contenir les budgets. Des solutions tierces comme OpenRouter, qui proposent du routage à la demande, commencent à structurer un marché naissant de l'optimisation des coûts IA. À mesure que la concurrence s'intensifie entre fournisseurs, une baisse mécanique des prix est attendue, mais d'ici là, les entreprises qui maîtrisent l'ingénierie des coûts IA pourraient transformer cette contrainte en avantage compétitif durable.

UENovo Nordisk (Danemark) est cité comme exemple d'entreprise européenne rationalisant ses coûts IA pour l'analyse de données d'essais cliniques, une tendance directement pertinente pour les DSI européens confrontés aux mêmes pressions budgétaires.

BusinessActu
1 source
PIVOT lève 40 M$ pour le pilotage financier IA
3FrenchWeb 

PIVOT lève 40 M$ pour le pilotage financier IA

L'article fourni est tronqué après le premier paragraphe d'introduction, ce qui limite les faits concrets disponibles. Voici ce que je peux produire à partir du contenu transmis : --- La startup PIVOT vient de boucler une levée de fonds de 40 millions de dollars pour transformer en profondeur la manière dont les entreprises pilotent leurs finances à l'aide de l'intelligence artificielle. L'ambition affichée dépasse le simple outillage des équipes achats : PIVOT entend positionner sa plateforme comme une infrastructure stratégique à part entière, au même titre que les ERP et les systèmes de consolidation comptable qui structurent aujourd'hui les directions financières. L'enjeu est considérable. Pendant des années, les logiciels de gestion des achats ont été relégués au rang d'outils administratifs secondaires, utiles pour valider des demandes internes ou suivre les fournisseurs, mais sans prise réelle sur les décisions financières. En intégrant l'IA au coeur du pilotage budgétaire, PIVOT parie que ces fonctions peuvent devenir prédictives et décisionnelles, offrant aux DAF une visibilité en temps réel sur les engagements de dépenses et les risques fournisseurs. Cette levée s'inscrit dans une vague de refinancement des outils financiers B2B par l'IA, dans laquelle des acteurs comme Coupa, Zip ou Spendesk se livrent une concurrence intense. Le marché du spend management représente plusieurs dizaines de milliards de dollars à l'échelle mondiale, et la capacité à automatiser l'analyse des contrats, la détection d'anomalies ou les prévisions de trésorerie devient un avantage concurrentiel décisif pour conquérir les grandes entreprises. --- Note : l'article source est tronqué avant les détails clés (investisseurs, produit exact, clients). Si tu as accès au texte complet, je peux affiner avec des faits précis.

UELes directions financières (DAF) françaises et européennes sont directement visées par cette plateforme de spend management IA qui ambitionne de concurrencer les ERP établis sur le marché européen.

BusinessActu
1 source
Fujitsu intègre OpenAI à sa stratégie IA pour les entreprises japonaises
4Le Big Data 

Fujitsu intègre OpenAI à sa stratégie IA pour les entreprises japonaises

Le 27 mai 2026, Fujitsu a officialisé un partenariat stratégique avec OpenAI pour intégrer ChatGPT Enterprise et Codex à ses services destinés aux entreprises japonaises. Le géant technologique, qui compte parmi les plus grands groupes IT du pays, prévoit de déployer ces outils aussi bien en interne que dans ses offres clients. Les équipes de développement logiciel, de gestion de projets, d'opérations et de livraison de services seront les premières concernées. Fujitsu cible en priorité trois secteurs : l'industrie manufacturière, la santé et la pharmacie, des domaines soumis à une pression croissante sur l'efficacité opérationnelle et l'automatisation des processus. Ce partenariat répond à une question devenue centrale pour les grandes entreprises : comment faire de l'IA une véritable infrastructure métier plutôt qu'une vitrine technologique ? Pour y répondre, Fujitsu s'appuie sur son modèle FDE (Forward Deployed Engineer), une méthode de travail qui associe étroitement experts sectoriels, ingénieurs et clients pour identifier rapidement des cas d'usage exploitables. En combinant cette approche terrain avec les modèles d'OpenAI, le groupe vise à réduire le fossé persistant entre démonstrations technologiques et création réelle de valeur. L'objectif affiché est de construire un modèle de collaboration entre employés et agents IA capable de standardiser des tâches complexes et d'accélérer les cycles de décision. La cybersécurité constitue un second axe prioritaire : face à la multiplication des menaces et à la complexité des infrastructures critiques, Fujitsu entend développer des dispositifs de cyberdéfense hybrides où humains et IA travaillent conjointement pour améliorer la détection et la vitesse de réponse aux incidents. Ce rapprochement s'inscrit dans un contexte japonais particulier : le vieillissement démographique accéléré et la pénurie structurelle de talents techniques font de l'automatisation intelligente un enjeu économique de premier ordre pour les industriels du pays. Fujitsu dispose d'une implantation historique profonde dans le tissu industriel japonais, ce qui lui confère un avantage réel pour déployer des solutions à grande échelle. Du côté d'OpenAI, ce partenariat confirme une stratégie d'expansion agressive vers les marchés enterprise en Asie, après des accords similaires avec des acteurs majeurs en Europe et aux États-Unis. L'alliance illustre aussi une tendance de fond : les éditeurs d'IA générative ne cherchent plus à vendre des modèles bruts, mais à s'ancrer dans des écosystèmes sectoriels via des partenaires locaux disposant de la légitimité et de la connaissance métier que les modèles seuls ne peuvent pas apporter.

💬 Le contexte japonais, ça change la lecture. Pénurie structurelle de talents, démographie qui s'effondre : les industriels là-bas n'ont pas cinq ans devant eux pour tâtonner avec l'IA. Ce qui m'intéresse dans ce deal, c'est le modèle FDE, cette méthode d'embarquer des ingénieurs directement chez les clients pour trouver les cas d'usage qui tiennent en prod, pas ceux qui brillent en démo.

BusinessOpinion
1 source

Recevez l'essentiel de l'IA chaque jour

Une sélection éditoriale quotidienne, sans bruit. Directement dans votre boîte mail.

Recevez l'essentiel de l'IA chaque jour

Gratuit · 1 email le matin, l'essentiel de l'IA · désinscription en un clic