Meta AI publie Brain2Qwerty v2 : un pipeline MEG non invasif qui décode des phrases tapées avec 61 % de précision au niveau des mots
Meta AI a publié Brain2Qwerty v2, un système capable de décoder en temps réel des phrases tapées à partir d'enregistrements cérébraux non invasifs. La technologie repose sur la magnétoencéphalographie (MEG), qui mesure les champs magnétiques générés par l'activité neuronale pendant qu'une personne frappe sur un clavier, sans implant ni intervention chirurgicale. C'est la suite directe de Brain2Qwerty v1, sorti en février 2025. Le nouveau modèle atteint une précision moyenne de 61 % sur les mots (taux d'erreur de 39 %), contre seulement 8 % pour les méthodes non invasives précédentes. Le meilleur participant a atteint 78 % de précision, avec plus de la moitié des phrases comportant une erreur ou moins. Le système a été entraîné sur environ 22 000 phrases issues de neuf volontaires, chacun enregistré pendant dix heures, en collaboration avec le BCBL (Basque Center on Cognition, Brain and Language) en Espagne. Meta publie également le code d'entraînement complet des deux versions sous licence CC BY-NC 4.0.
Ces résultats représentent un saut qualitatif majeur pour les interfaces cerveau-machine sans chirurgie. Contrairement aux systèmes précédents qui s'appuyaient sur des pipelines manuels pour détecter des événements neuronaux précis, Brain2Qwerty v2 utilise un apprentissage profond de bout en bout. L'architecture repose sur trois composants : un encodeur convolutif qui extrait des caractéristiques directement depuis les signaux MEG bruts, un transformer qui modélise la structure temporelle du signal, et un modèle de langage au niveau des caractères qui oriente la sortie vers des textes plausibles. Des grands modèles de langage ont par ailleurs été affinés sur les données neuronales pour ajouter un contexte sémantique, permettant au décodeur de reconstituer des phrases cohérentes malgré le bruit inhérent aux enregistrements cérébraux. La précision croît de façon log-linéaire avec la quantité de données, ce qui laisse entrevoir un fort potentiel d'amélioration à mesure que les corpus s'élargissent.
Ces travaux s'inscrivent dans une compétition croissante autour des interfaces cerveau-machine, un secteur où Neuralink, la société d'Elon Musk, mise sur des implants invasifs pour atteindre des performances élevées. L'approche de Meta présente un avantage évident en termes d'accessibilité et d'éthique, puisqu'elle ne requiert aucune opération. En revanche, les appareils MEG restent aujourd'hui des équipements de laboratoire encombrants et coûteux, très loin d'un usage quotidien. Meta précise que Brain2Qwerty v2 est un projet de recherche, pas un produit, testé sur un échantillon limité dans des conditions contrôlées. Les applications à long terme visent en priorité les personnes atteintes de maladies paralysantes comme la SLA, pour qui un système de communication piloté par la pensée pourrait transformer radicalement la qualité de vie. La publication du code source ouvre la voie à des reproductions indépendantes et à de futures collaborations académiques.
La collaboration avec le BCBL (centre de recherche basque en Espagne) ancre ce projet dans l'espace européen, et le code publié en open source sous licence CC BY-NC 4.0 permet aux laboratoires de neurosciences de l'UE de reproduire et d'étendre ces travaux sur les interfaces cerveau-machine non invasives.
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