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Dans la fonction publique, l’expérimentation de « L’Assistant » laisse sceptique
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Dans la fonction publique, l’expérimentation de « L’Assistant » laisse sceptique

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La Direction interministérielle du numérique (DINUM) a généralisé en juin 2026 l'accès à « L'Assistant », son chatbot d'IA générative développé en interne, à l'ensemble des agents de la fonction publique française, une annonce faite par le Premier ministre Sébastien Lecornu dans le cadre d'une série de mesures sur l'intelligence artificielle. Ce déploiement fait suite à dix mois d'expérimentation auprès de 10 000 licences déployées dans six ministères : Justice, Finances, Éducation nationale, Culture, Enseignement supérieur et Recherche, et Services du Premier ministre. L'évaluation, conduite par des chercheurs de l'INRIA, de l'INSA Rennes et du CNRS via questionnaires et entretiens qualitatifs, révèle cependant une participation réelle bien inférieure aux chiffres communiqués : 1 359 agents des ministères économiques avaient accepté de participer en décembre 2025, mais seuls 465 ont répondu au questionnaire final. Du côté de la Justice, seuls 700 retours ont été recueillis en janvier, sans aucun bilan de fin d'expérimentation.

Les résultats sont mitigés. Si 75 % des répondants jugent l'outil utile pour leur métier et 65 % le recommanderaient à un collègue, 57 % estiment que les autres IA génératives, comprendre : ChatGPT, Claude ou Gemini, répondent mieux à leurs besoins. Le principal frein à l'usage est le manque de confiance dans la fiabilité des réponses. Ces chiffres posent une question centrale : si l'outil souverain est perçu comme moins performant que les alternatives commerciales, comment convaincre les agents publics de l'adopter massivement plutôt que de continuer à utiliser des outils tiers en dehors de tout cadre contractuel ?

L'ambition de « L'Assistant » est précisément de réduire ce phénomène de « shadow AI », l'utilisation informelle d'outils d'IA commerciaux dans les administrations, sans contrat ni garantie de sécurité des données. Le gouvernement cherche aussi à éviter les impairs comme ceux du projet HéphAIstos, chatbot destiné aux hauts fonctionnaires de Bercy et fondé sur des modèles de l'entreprise chinoise Qwen AI, dont certains utilisateurs ont relevé des réponses « biaisées » sur des sujets sensibles liés à la Chine. Le CNRS avait de son côté choisi Mistral, dans un déploiement alors qualifié de « pas sérieux ». Face à ces précédents, la DINUM a choisi la voie d'un outil maison, avec une évaluation scientifique indépendante. Mais la généralisation à toute la fonction publique buttera sur un obstacle de fond : un outil souverain ne convaincra les agents que s'il rivalise réellement avec les solutions qu'il est censé remplacer.

Impact France/UE

La généralisation de 'L'Assistant' à l'ensemble des agents de la fonction publique française constitue un choix stratégique direct pour l'État, avec un impact concret sur des millions d'agents et sur la politique nationale de réduction du 'shadow AI' dans les administrations.

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L'annonce de l'expérience de catalogue à base d'agents dans Amazon Quick
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L'annonce de l'expérience de catalogue à base d'agents dans Amazon Quick

Amazon vient d'annoncer l'Agentic Catalog Experience, une nouvelle fonctionnalité de son outil d'analytique Amazon Quick permettant de connecter directement les catalogues de données d'entreprise (comme AWS Glue Data Catalog, Databricks Unity Catalog, Snowflake Horizon, Collibra ou dbt) à l'assistant conversationnel intégré, le Quick Agent. Concrètement, cet agent peut désormais résumer l'ensemble d'un catalogue de données en langage naturel, dialoguer avec les analystes pour identifier les tables et relations pertinentes selon leur cas d'usage, et évaluer si les métadonnées disponibles sont suffisantes. Une fois la confirmation donnée dans la conversation, il crée automatiquement des jeux de données et des sujets (« Topics ») en héritant directement des définitions, descriptions et relations déjà établies en amont, sans configuration manuelle ni ressaisie. Cette annonce répond à un problème très concret vécu par les équipes data des grandes entreprises : la richesse sémantique déjà construite dans les catalogues amont (descriptions de tables et colonnes, clés primaires et étrangères, glossaires métier, définitions de métriques) ne se propageait pas jusqu'aux outils utilisés par les métiers. Résultat, les analystes devaient recréer manuellement ces définitions dans Amazon Quick, avec le risque de désaccords sur des notions aussi basiques que le sens exact de « chiffre d'affaires » (brut ou net) ou de « client actif » (achat dans les 30 ou 90 derniers jours). Amazon indique que ce processus manuel faisait passer le délai entre la donnée brute et une décision exploitable de quelques heures à plusieurs semaines, et que les définitions recréées à la main devenaient rapidement obsolètes dès que les définitions amont évoluaient, ce qui érodait la confiance dans les réponses générées par l'IA et les tableaux de bord. Cette évolution s'inscrit dans une tendance plus large du secteur de l'analytique augmentée par l'IA générative, où la qualité d'une réponse en langage naturel sur des données (dite Text2SQL) dépend directement du contexte métier disponible pour l'interpréter correctement. Amazon mise ainsi sur une approche où les outils d'IA cessent de fonctionner en silo et deviennent nativement capables de consommer la gouvernance et la sémantique définies par les équipes data, plutôt que de dupliquer ce travail. Cette stratégie place Amazon Quick en concurrence directe avec d'autres plateformes d'analytique conversationnelle qui cherchent également à réduire l'écart entre gouvernance des données d'entreprise et interfaces destinées aux utilisateurs finaux, un enjeu central alors que de plus en plus d'organisations cherchent à généraliser l'accès aux données via des assistants IA plutôt que via des tableaux de bord classiques.

💬 Ce qui compte dans cette annonce, c'est pas le chat en langage naturel, c'est la plomberie derrière : la vraie guerre de l'IA en entreprise se joue sur qui possède la définition de « chiffre d'affaires » ou de « client actif », pas sur la jolie conversation qui l'affiche ensuite. Amazon a raison de brancher Quick directement sur Glue, Snowflake ou Databricks plutôt que de laisser chaque analyste ressaisir ces règles à la main, parce que c'est justement ce recopiage manuel qui fait dériver les chiffres et flinguer la confiance dans les dashboards. Bonne nouvelle pour la vitesse d'exécution, mais ça enferme un peu plus les boîtes dans l'écosystème AWS, et ça, personne ne le vend comme un coût.

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