La Maison-Blanche demande à OpenAI de retarder GPT-5.6 pour examen
Le gouvernement Trump a officiellement demandé à OpenAI de retarder la sortie publique de GPT-5.6, son prochain grand modèle de langage, selon un article de The Information publié le 25 juin. La Maison-Blanche réclame une fenêtre d'examen de 30 jours avant tout déploiement grand public, pendant laquelle l'accès au modèle serait limité à une poignée de partenaires sélectionnés. OpenAI aurait accepté cet échelonnement. GPT-5.6 atteindrait des performances comparables à Mythos 5 et Fable 5 d'Anthropic, les deux modèles les plus puissants actuellement disponibles, ce qui justifie selon Washington une analyse approfondie des implications pour la sécurité nationale. Cette démarche s'inscrit dans le cadre du décret présidentiel signé par Donald Trump le 2 juin, intitulé « Promoting Advanced Artificial Intelligence Innovation and Security », qui invite les entreprises d'IA à soumettre volontairement leurs modèles les plus capables à un examen gouvernemental préalable à leur publication.
Ce cadre réglementaire naissant a déjà produit ses premiers effets concrets sur Anthropic. Le 12 juin, le gouvernement américain a émis une directive de contrôle des exportations ordonnant la suspension immédiate de tout accès à Fable 5 et Mythos 5 pour tous les ressortissants étrangers, y compris les employés d'Anthropic eux-mêmes résidant hors des États-Unis. La raison invoquée : un jailbreak supposé de Fable 5 permettrait de contourner ses garde-fous et d'accéder aux capacités avancées de Mythos 5, lequel n'est normalement accessible qu'à une quarantaine d'organisations triées sur le volet dans le cadre du projet Glasswing. Incapable de filtrer ses utilisateurs par nationalité, Anthropic a fini par couper l'accès à tout le monde, contestant vigoureusement la mesure : l'entreprise a estimé que le jailbreak en question était étroit et spécifique, et qu'il s'appliquait tout autant à GPT-5.5 d'OpenAI, qui n'a fait l'objet d'aucune restriction comparable.
Ce double épisode révèle les contours encore flous d'une politique américaine qui tâtonne entre contrôle et compétitivité. Le décret du 2 juin est explicitement volontaire et interdit toute interprétation comme base d'une exigence de licence ou de pré-autorisation, mais dans la pratique, les entreprises semblent difficilement en mesure de résister à des demandes gouvernementales présentées au nom de la sécurité nationale. Le cadre opérationnel du décret n'est de plus pas encore défini : benchmarks classifiés, liste des modèles concernés et procédures d'évaluation doivent être établis par un groupe interministériel d'ici le 31 juillet 2026. En attendant, c'est dans un brouillard réglementaire que les laboratoires d'IA américains publient leurs modèles les plus puissants, soumis à des pressions gouvernementales informelles dont la portée exacte reste indéterminée.
La directive américaine de contrôle des exportations a coupé l'accès à Fable 5 et Mythos 5 pour l'ensemble des ressortissants étrangers, perturbant directement les organisations et équipes européennes qui dépendaient de ces modèles de pointe.
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