
Google DeepMind investit 75 millions de dollars dans A24 pour l’avenir de l’IA à Hollywood
Google DeepMind a annoncé le 22 juin 2026 un investissement de 75 millions de dollars dans A24, le studio indépendant américain connu pour des succès comme "Everything Everywhere All at Once" ou "Midsommar". Cet apport financier s'accompagne d'un partenariat de recherche inédit : chercheurs de DeepMind, réalisateurs et artistes d'A24 vont collaborer dès les premières phases de développement pour concevoir les futurs outils d'IA destinés à la production cinématographique. Demis Hassabis, cofondateur et PDG de Google DeepMind, a résumé l'ambition : concevoir des outils utiles aux artistes implique de travailler directement avec eux, pas de leur imposer des solutions développées en vase clos. Les contours précis des projets communs n'ont pas encore été dévoilés, les deux organisations préférant faire évoluer les objectifs au fil des retours terrain.
Cet accord marque un tournant dans la manière dont les géants technologiques abordent l'intégration de l'IA à Hollywood. Plutôt que de vendre des logiciels à des studios réticents, Google DeepMind choisit d'intégrer ses chercheurs directement dans les processus créatifs d'A24 pour tester de nouvelles méthodes de travail, prévisualisation de scènes, effets visuels, assistance à l'écriture, idéation. Pour les studios, ces technologies promettent des gains de productivité réels et une réduction de certains coûts de production. Mais leur adoption massive bute sur un obstacle de taille : l'acceptation par les créateurs eux-mêmes, dont les syndicats ont durement négocié les conditions d'utilisation de l'IA lors des grèves de 2023. En s'associant à A24, reconnu pour son exigence artistique et sa proximité avec ses réalisateurs, DeepMind envoie un signal clair sur sa volonté de légitimer l'IA créative via la co-conception plutôt que l'imposition.
Ce partenariat s'inscrit dans une course plus large entre les grandes plateformes et laboratoires technologiques pour s'ancrer dans les chaînes de création de contenu audiovisuel. Amazon, Apple, Microsoft et d'autres ont multiplié les investissements dans les studios ou les outils de production ces dernières années, tandis que l'IA générative redessine les possibles en matière de production virtuelle et de narration. Hollywood reste profondément divisé sur le rôle que doit jouer l'IA : les débats autour des droits d'auteur et de l'automatisation des tâches créatives continuent d'agiter l'industrie. En choisissant un studio indépendant plutôt qu'un major, Google DeepMind parie sur une approche plus souple et expérimentale, susceptible de produire des cas d'usage concrets que d'autres studios pourraient ensuite adopter. Si le modèle fait ses preuves, il pourrait redéfinir la norme de collaboration entre l'industrie technologique et le monde du cinéma.
Ce partenariat pourrait établir un modèle de co-conception IA-artistes que les studios et créateurs européens, notamment français, observeront de près alors que l'industrie audiovisuelle continentale débat des mêmes enjeux d'intégration de l'IA dans la production cinématographique.
Dans nos dossiers
Vu une erreur factuelle dans cet article ? Signalez-la. Toutes les corrections valides sont publiées sur /corrections.




