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Crever la bulle de l'IA : s'attaquer à ses racines
SociétéArs Technica AI2h· 1 min de lecture

Crever la bulle de l'IA : s'attaquer à ses racines

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Cory Doctorow, journaliste technologique et auteur de science-fiction prolifique, publie un nouveau livre intitulé The Reverse Centaur's Guide to Life After AI, qui fait suite à son précédent ouvrage Enshittification: Why Everything Suddenly Got Worse and What To Do About It. Doctorow n'apprécie pas particulièrement parler de l'IA, mais il est constamment sollicité sur le sujet. "J'ai commis l'erreur tactique d'en avoir assez de parler de l'IA, confie-t-il. Alors j'ai écrit un livre expliquant pourquoi je pense que c'est une question stupide à poser aux gens, et maintenant je dois en parler." L'ouvrage tente, selon ses propres mots, de "démêler le bullshit de la réalité matérielle".

Le concept central du livre repose sur une distinction issue de la théorie de l'automatisation. Un "centaure" désigne un humain augmenté par une technologie, qu'il s'agisse d'apprentissage automatique, de la conduite automobile ou de la saisie semi-automatique. Le "centaure inversé", lui, est tout le contraire : une tête de machine sur un corps humain, autrement dit une personne réduite à servir d'appendice charnel à une machine indifférente. Doctorow a popularisé ce concept dans un discours prononcé en décembre dernier, en prenant l'exemple d'un livreur Amazon entouré de caméras IA surveillant sa conduite, fonctionnant essentiellement comme un périphérique humain au service du véhicule de livraison.

Cette grille de lecture s'inscrit dans une réflexion plus large sur la façon dont les grandes entreprises technologiques restructurent le travail et le pouvoir. Doctorow, figure critique bien connue de Silicon Valley, avait déjà documenté dans Enshittification la dégradation systématique des plateformes numériques au détriment des utilisateurs. Avec ce nouveau livre, il étend l'analyse à l'IA générative, refusant à la fois l'enthousiasme béat et le catastrophisme. L'enjeu n'est pas tant de savoir si l'IA est intelligente, mais de comprendre qui elle sert, comment elle redistribue le contrôle, et au profit de quels intérêts économiques elle transforme les conditions de travail et de vie.

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UELes manifestations organisées à Londres contre l'IA et la controverse Clair Obscur illustrent une résistance citoyenne européenne croissante susceptible d'alimenter les débats autour de l'AI Act et de la réglementation des deepfakes.

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Le système de santé britannique traverse une crise structurelle sans précédent : le NHS England cumule aujourd'hui 7,25 millions de patients en liste d'attente, tandis que les couloirs d'hôpitaux débordent, les grèves de médecins se profilent et les pénuries de personnel s'aggravent. Face à cette pression, des solutions d'intelligence artificielle appliquées aux soins virtuels commencent à être déployées à grande échelle pour gérer trois problèmes critiques : les listes d'attente, la saturation des lits hospitaliers et la prise en charge en dehors des services. Parmi les acteurs de ce virage, la société européenne Doccla propose aux NHS trusts des unités de soins virtuelles reposant sur la surveillance à distance des patients. Ses modèles de machine learning croisent des données médicales propriétaires avec celles du NHS et analysent en continu les relevés de dispositifs médicaux connectés, oxymètres, tensiomètres ou électrocardiogrammes, pour détecter précocement tout signe de dégradation de l'état du patient. Les résultats publiés par Doccla sont significatifs : les NHS trusts partenaires ont enregistré une réduction de 61 % des journées d'hospitalisation, une baisse de 89 % des consultations chez le médecin généraliste et une chute de 39 % des admissions non programmées. Sur le plan financier, la solution permettrait d'économiser environ 450 livres sterling par jour par rapport au coût d'un lit hospitalier, et pour chaque livre investie dans cette technologie, le NHS récupérerait en moyenne trois livres par rapport aux modèles traditionnels. Au-delà de la gestion des patients, l'IA réduit également la charge administrative pesant sur les soignants : des grands modèles de langage sont déjà utilisés pour synthétiser automatiquement les notes cliniques et reformuler les informations médicales dans un langage accessible aux patients. Ce déploiement s'inscrit dans une transformation plus profonde du modèle de soins britannique. Le gouvernement anglais a présenté son plan décennal "Fit for the Future", qui vise à transférer une partie substantielle des soins des hôpitaux vers la communauté. L'IA joue un rôle central dans cette ambition, mais les obstacles restent réels : la confiance des cliniciens envers ces outils demeure faible, et les modèles prédictifs devront démontrer leur fiabilité et leur équité sur des populations de patients diversifiées avant un déploiement généralisé. Le discours dominant insiste sur la complémentarité entre IA et soignants, non sur la substitution, un cadrage délibéré pour rassurer les professionnels de santé au moment où le secteur vit une période de tensions sociales et budgétaires particulièrement aiguës.

UEDoccla, société européenne, déploie ses solutions de surveillance à distance dans le NHS, offrant un modèle transposable aux systèmes de santé continentaux confrontés aux mêmes pressions sur les listes d'attente et les capacités hospitalières.

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