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Sam Altman affirme que toute une génération de chercheurs a freiné l'IA en sous-estimant le potentiel du passage à l'échelle
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Sam Altman affirme que toute une génération de chercheurs a freiné l'IA en sous-estimant le potentiel du passage à l'échelle

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Lors d'une conférence à Stanford, Sam Altman a pris la défense du scaling des grands modèles de langage et s'en est pris directement aux chercheurs sceptiques, affirmant qu'une génération entière de scientifiques a freiné l'avancement de l'IA en sous-estimant ce que l'augmentation de la puissance de calcul et des données pouvait produire. Pour étayer son propos, le PDG d'OpenAI a cité un résultat récent de son entreprise : la réfutation automatisée d'une conjecture mathématique, un type de raisonnement abstrait longtemps considéré hors de portée des systèmes actuels.

Cette prise de position tranche dans un débat qui agite le monde de la recherche depuis plusieurs années. De nombreux académiciens et chercheurs avaient soutenu que le scaling seul ne suffirait pas à produire une intelligence générale, et que des approches fondamentalement différentes seraient nécessaires. Si Altman a raison, ces voix critiques n'ont pas seulement eu tort sur le plan technique : elles ont activement ralenti les investissements et les orientations de recherche vers une voie qui s'avère productive. L'enjeu dépasse la fierté intellectuelle, il touche à l'allocation de milliards de dollars en R&D.

Le contexte est celui d'une période charnière pour OpenAI, qui multiplie les démonstrations de capacités avancées pour justifier sa valorisation dépassant les 300 milliards de dollars. Les lois de scaling, théorisées notamment par les chercheurs de DeepMind et OpenAI autour de 2020, avaient déjà divisé la communauté. La sortie de modèles comme o3 et GPT-4o relance la question : le scaling est-il un plafond ou une rampe, et qui avait vraiment raison ?

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Richard Sutton, lauréat du prix Turing 2024 pour ses travaux fondateurs sur l'apprentissage par renforcement, a pris une position tranchée sur les limites des systèmes d'IA générative actuels : ils sont structurellement incapables de faire de la vraie science. Sa critique centrale porte sur l'absence de boucle d'évaluation interne. Sans mécanisme pour juger la validité ou la nouveauté de ses propres résultats, un système génératif ne peut que produire du contenu vraisemblable, pas découvrir quelque chose de réellement nouveau. Toute nouveauté émergente reste fugace, non reconnue, aussitôt perdue. L'enjeu est considérable pour le débat autour de l'IA scientifique. De nombreux acteurs présentent les grands modèles de langage comme des outils de découverte, capables d'accélérer la recherche en biologie, en chimie ou en mathématiques. Sutton conteste cette vision : sans capacité d'autoévaluation, ces systèmes restent des moteurs de reformulation, non d'exploration. Pour les chercheurs qui misent sur l'IA pour générer des hypothèses originales, la distinction est fondamentale. Sutton pointe en contraste des systèmes comme AlphaGo ou AlphaProof, développés par Google DeepMind, qui intègrent une boucle d'évaluation explicite, le score d'une partie, la validité d'une preuve, permettant à l'IA de tester et valider ses propres productions. C'est précisément ce mécanisme qui rend ces systèmes capables d'une forme de créativité authentique, selon lui. Sa prise de position s'inscrit dans un débat plus large sur la trajectoire de l'IA : faut-il poursuivre la voie des modèles génératifs à grande échelle, ou revenir vers des architectures hybrides combinant génération et vérification formelle ?

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Google DeepMind présente Vision Banana, générateur d'images affiné par instructions surpassant SAM 3 et Depth Anything V3
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Google DeepMind présente Vision Banana, générateur d'images affiné par instructions surpassant SAM 3 et Depth Anything V3

Google DeepMind a publié le 22 avril 2026 un article de recherche intitulé "Image Generators are Generalist Vision Learners" (arXiv:2604.20329) présentant Vision Banana, un modèle unifié capable d'effectuer simultanément des tâches de compréhension visuelle avancées tout en conservant ses capacités de génération d'images. Ce modèle surpasse des systèmes spécialisés de référence sur plusieurs benchmarks clés : il dépasse SAM 3 en segmentation sémantique et d'instances, et Depth Anything V3 en estimation de profondeur métrique monoculaire, en ajoutant également la prédiction de normales de surface. Vision Banana est construit à partir de Nano Banana Pro (NBP), le générateur d'images de pointe de Google, auquel une procédure d'instruction-tuning légère a été appliquée en intégrant une faible proportion de données de vision par ordinateur dans le mélange d'entraînement d'origine. Ce résultat remet en question une hypothèse fondamentale qui structurait le domaine depuis des années : les modèles génératifs et les modèles discriminatifs étaient considérés comme deux familles distinctes, l'un produisant des images, l'autre les interprétant. L'équipe de Google montre que l'entraînement à la génération d'images réalistes oblige implicitement un modèle à comprendre la géométrie, la sémantique, la profondeur et les relations entre objets. Cette connaissance latente peut ensuite être reformatée pour des tâches de perception, sans ajouter de têtes de décodage spécialisées : toutes les sorties sont exprimées comme des images RGB suivant des schémas de couleurs précis et inversibles, permettant d'en extraire des valeurs quantitatives pour l'évaluation sur benchmark. Aucune donnée des benchmarks d'évaluation n'est incluse dans l'instruction-tuning, ce qui garantit une généralisation réelle plutôt qu'une mémorisation de domaine. L'analogie centrale avancée par l'équipe est celle des grands modèles de langage : de même que le pré-entraînement génératif sur du texte construit des représentations riches réutilisables par instruction-tuning, l'entraînement à la génération d'images jouerait le même rôle fondateur pour la vision. Cette approche présente trois avantages pratiques : un seul modèle couvre un large spectre de tâches en changeant uniquement le prompt, la quantité de nouvelles données nécessaires est faible puisque l'instruction-tuning ne fait qu'apprendre à formater les sorties en RGB, et les capacités génératives initiales sont préservées. Si ce paradigme se confirme à plus grande échelle, il pourrait réduire significativement le coût de développement des systèmes de perception visuelle et relancer le débat sur la frontière entre génération et compréhension dans les architectures multimodales, un enjeu central pour les prochaines générations de modèles fondationnels.

UELes laboratoires et entreprises européens de vision par ordinateur pourraient adopter cette approche unifiée pour réduire significativement le coût de développement de leurs systèmes de perception visuelle, sans impact réglementaire ou commercial direct immédiat.

💬 C'est le genre de résultat qui remet tout à plat. On partait du principe depuis des années que générer des images et comprendre des images, c'étaient deux métiers différents, deux familles de modèles séparées. Google vient de montrer que le générateur apprend la géométrie et la profondeur en chemin, sans qu'on lui demande, et qu'un petit instruction-tuning suffit à reformater ça pour battre SAM 3 ou Depth Anything. Si le parallèle avec les LLM tient vraiment à grande échelle, on va économiser beaucoup de modèles spécialisés.

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Des chercheurs ont entraîné un agent de recherche IA open source, Harness-1, qui surpasse GPT-4.5 dans le rappel d'informations pertinentes
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Des chercheurs ont entraîné un agent de recherche IA open source, Harness-1, qui surpasse GPT-4.5 dans le rappel d'informations pertinentes

Des chercheurs de l'Université de l'Illinois à Urbana-Champaign (UIUC), de l'UC Berkeley et de la plateforme de bases de données vectorielles Chroma ont présenté Harness-1, un agent de recherche open source de 20 milliards de paramètres, construit sur le modèle gpt-oss-20B d'OpenAI. Évalué sur huit benchmarks complexes couvrant des recherches web ouvertes, des rapports financiers déposés auprès de la SEC, des bases de données de brevets de l'USPTO et des tâches de raisonnement multi-sources, Harness-1 atteint un score moyen de 73% en rappel d'informations pertinentes. Il devance ainsi GPT-5.4 (70,9%) et le meilleur concurrent open source, Tongyi DeepResearch 30B, de 11,4 points de pourcentage. Seul Opus-4.6 parvient à le surpasser légèrement en performance globale. Le modèle est disponible immédiatement sous licence Apache 2.0, avec les poids publiés sur Hugging Face. Sa formation a été réalisée via Tinker, une API d'entraînement distribuée développée par Thinking Machines. Ce résultat compte pour l'industrie parce qu'il invalide une hypothèse répandue: celle selon laquelle la performance sur des tâches de recherche complexe dépend avant tout de la taille du modèle. Harness-1, avec ses 20 milliards de paramètres, surpasse des systèmes propriétaires supposés atteindre des centaines de milliards voire des milliers de milliards de paramètres, comme GPT-5.4, Sonnet-4.6 ou Kimi-K2.5. Pour les entreprises qui doivent faire analyser de manière autonome des milliers de documents internes, de dossiers financiers ou de contrats, c'est une ouverture concrète: un modèle open source, modifiable et déployable sans coût de licence, capable de tenir la comparaison avec les solutions fermées les plus avancées du marché. La clé de cette performance réside dans une architecture qui rompt avec l'approche dominante. Jusqu'ici, les agents de recherche souffraient d'une forme d'"amnésie" au cours de sessions longues: ils oubliaient leurs requêtes initiales, retournaient sur des documents déjà rejetés ou perdaient le fil des affirmations à vérifier. La solution habituelle consistait à forcer les modèles à relire en permanence une transcription croissante de toutes leurs actions, alourdissant la fenêtre de contexte à chaque étape. Harness-1 externalise cette gestion d'état vers un environnement logiciel structuré, libérant la mémoire de travail du modèle pour le raisonnement pur. Ce principe rejoint ce qu'Anthropic a démontré avec Claude Code: ce qui détermine la performance d'un agent autonome n'est pas seulement le modèle brut, mais la qualité de l'environnement dans lequel il opère.

UELes entreprises européennes traitant des volumes importants de documents (contrats, rapports financiers, brevets) peuvent désormais déployer un agent de recherche open source compétitif sans contraintes de licence, réduisant leur dépendance aux solutions propriétaires américaines.

💬 20 milliards de paramètres qui coiffent GPT-4.5 sur des benchmarks de recherche complexe, ça remet à plat l'idée que la taille fait tout. La vraie astuce, c'est l'externalisation de l'état: fini l'agent qui se perd dans son propre historique à mi-session, un environnement structuré gère la mémoire en dehors du modèle, et le raisonnement a enfin de l'air. Apache 2.0, poids sur HuggingFace, je vois les premiers POC d'ici un mois.

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Des chercheurs de Google présentent l'incertitude fidèle, pour que les LLMs estiment plutôt qu'hallucinent
4VentureBeat AI 

Des chercheurs de Google présentent l'incertitude fidèle, pour que les LLMs estiment plutôt qu'hallucinent

Des chercheurs de Google ont publié un article proposant une approche nouvelle pour lutter contre les hallucinations des grands modèles de langage, baptisée "faithful uncertainty" (incertitude fidèle). La technique, présentée par Gal Yona, chercheur scientifique chez Google et co-auteur de l'étude, repose sur un principe métacognitif : aligner les réponses d'un modèle sur sa confiance interne réelle. Concrètement, plutôt que de forcer le modèle à choisir entre répondre avec assurance ou s'abstenir entièrement, cette approche lui permet d'exprimer des hypothèses nuancées comme "si je ne me trompe pas" ou "je pense que, mais je n'en suis pas certain". Le modèle peut ainsi partager des informations partielles tout en signalant leur degré de fiabilité, y compris dans des systèmes d'IA agentique où des décisions s'enchaînent sans supervision humaine constante. L'enjeu est considérable pour les applications d'entreprise, qui se heurtent à ce que les auteurs appellent le "utility tax", ou coût en utilité. Les stratégies actuelles de réduction des hallucinations imposent un compromis brutal : pour abaisser un taux d'erreur de 25 % à un seuil strict de 5 %, les développeurs doivent sacrifier 52 % des réponses correctes du modèle. En pratique, les équipes techniques refusent ce compromis et configurent leurs systèmes pour maximiser la couverture, ce qui pousse les modèles à continuer de générer des erreurs présentées avec confiance. La redéfinition proposée par Google permet de sortir de cette impasse : une erreur factuelle accompagnée d'une réserve explicite n'est plus une hallucination, c'est une hypothèse. Seule une affirmation incorrecte livrée avec autorité, sans qualification, constitue une véritable hallucination. Cette distinction préserve à la fois la fiabilité et l'utilité du système. Cette recherche s'inscrit dans une prise de conscience plus large des limites structurelles des LLMs. Pendant des années, les progrès en factualité ont surtout reposé sur l'expansion des connaissances : des modèles plus grands, nourris de davantage de données d'entraînement. Mais comme le souligne Yona, "la capacité des modèles est finie, alors que la longue traîne de la connaissance est effectivement infinie." La vraie faiblesse réside dans la conscience des limites, c'est-à-dire la capacité du modèle à distinguer ce qu'il sait de ce qu'il ignore. Dans les applications agentiques, où des systèmes autonomes prennent des décisions en cascade, cette conscience métacognitive devient un mécanisme de contrôle critique : elle permet au modèle de déterminer seul quand son savoir interne est suffisant et quand il doit faire appel à des outils externes ou des API de recherche pour combler ses lacunes.

UELes équipes techniques européennes déployant des LLMs en production pourraient adopter cette approche pour réduire les hallucinations sans sacrifier la couverture des réponses, un enjeu critique pour les applications d'entreprise.

💬 Le chiffre qui tue : pour passer de 25 à 5% d'hallucinations, tu sacrifies 52% des bonnes réponses. Personne ne fait ce compromis, donc les modèles continuent de débiter des erreurs avec assurance. Laisser un LLM dire "je pense que, mais je n'en suis pas certain" plutôt qu'affirmer ou se taire, c'est pas spectaculaire sur le papier, mais si ça tient en prod, ça règle un problème que tout le monde contourne depuis 2 ans.

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