
Midjourney Medical : scanner ses organes aussi simplement que monter sur une balance
Midjourney, le studio d'intelligence artificielle connu pour sa plateforme de génération d'images, a présenté le 17 juin 2026 un projet inattendu : le Midjourney Scanner, un système d'imagerie médicale à ultrasons plein corps. Décrit par le fondateur David Holz comme "la première nouvelle modalité d'imagerie médicale complète en 50 ans", l'appareil utilise des ultrasons plutôt que des rayons X, des IRM ou des scanners à radiation. Techniquement, il embarque 358 000 éléments ultrasoniques répartis sur 40 systèmes en anneau de 70 cm de diamètre, capture environ 40 Go de données par tranche corporelle à un débit de 17 Go/s, et reconstruit les images sur 21 serveurs représentant 2 pétaflops de puissance de calcul. La résolution annoncée atteint 0,5 mm pour les tissus internes. Le prototype actuel, testé sur une douzaine de personnes, nécessite encore environ 20 minutes par scan en raison de goulots d'étranglement techniques. Midjourney a également annoncé le Midjourney Spa, un premier espace bien-être de 2 300 m² prévu autour d'Union Square à San Francisco, avec 9 à 10 scanners intégrés, des saunas, bains froids et équipements sportifs, dont l'ouverture est visée pour fin 2027.
L'ambition derrière ce projet dépasse largement le gadget technologique. Holz a déclaré que quelques dizaines de ces machines, fonctionnant à pleine capacité, pourraient réaliser plus de scanners corporels complets que l'ensemble des appareils IRM de la planète. L'objectif affiché à terme est un parc de 50 000 scanners capables d'effectuer jusqu'à un milliard de scans par mois, ce qui rendrait l'imagerie médicale préventive accessible à l'échelle mondiale. Pour les utilisateurs, cela ouvrirait la voie à un suivi de santé régulier, quotidien ou hebdomadaire, permettant de détecter des anomalies avant l'apparition de symptômes, de suivre la composition corporelle ou d'assister un médecin avec une première analyse augmentée par IA. L'approche sans investisseurs externes, financée en propre par Midjourney, confère à l'entreprise une liberté stratégique rare dans ce secteur.
Ce lancement s'inscrit dans une tendance plus large de convergence entre les grandes capacités de calcul développées par les labos d'IA et le domaine médical, à l'image de ce qu'ont représenté les CryoEM de Chan Zuckerberg Biohub pour la biologie structurale. Midjourney a déjà entamé des discussions avec la FDA américaine, avec une stratégie réglementaire initiale orientée vers la composition corporelle, un segment jugé plus accessible. La deuxième génération du scanner est attendue pour fin 2026, puis une troisième avec des puces silicium sur mesure. Aucune IA n'était présente dans les images montrées lors du lancement, mais Holz a clairement indiqué que physique, simulation et apprentissage automatique seront au cœur des prochaines générations. L'équipe actuelle ne compte que neuf personnes, ce qui rend l'ampleur du projet d'autant plus saisissante.
Le projet est entièrement centré sur le marché américain avec des discussions FDA en cours ; aucun déploiement ni partenariat européen n'est mentionné à ce stade.
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