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Pourquoi les Sud-Coréens aiment-ils autant l'IA ?
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Pourquoi les Sud-Coréens aiment-ils autant l'IA ?

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La Corée du Sud s'impose comme le pays le plus enthousiaste au monde face à l'intelligence artificielle. Selon une enquête du Pew Research Center portant sur 25 pays, seulement 16 % des Sud-Coréens se disent plus inquiets qu'enthousiastes à l'égard de l'IA, le taux le plus bas de tous les pays sondés, contre 50 % d'Américains exprimant davantage d'inquiétude. Une majorité de citoyens coréens utilisent l'IA quotidiennement, que ce soit comme assistant personnel ou dans leurs tâches professionnelles, selon des enquêtes du ministère de la Culture et de la Chambre de commerce et d'industrie de Corée. À Séoul, cette réalité se matérialise dans l'espace public : des checkpoints d'immigration entièrement automatisés à l'aéroport, des robots livreurs qui attendent sagement aux feux de circulation à Gangnam, et des arrêts de bus interactifs qui deviendront bientôt des « arrêts IA », capables de répondre aux questions des voyageurs en plusieurs langues, comme l'a annoncé le district de Gangnam en juin.

Cet engouement n'est pas anodin : il reflète une politique d'État délibérée qui fait de l'IA le moteur de la prochaine phase de développement économique du pays. Le président Lee Jae-myung, en fonction depuis 2025, a promis de hisser la Corée du Sud au rang des « trois grandes puissances de l'IA » aux côtés des États-Unis et de la Chine. Il a pour cela créé le Conseil présidentiel de stratégie nationale sur l'IA, doté de moyens pour acquérir massivement de la puissance de calcul et financer le développement de modèles d'IA souverains. Les agences gouvernementales jouent le rôle de premiers adoptants : des manuels scolaires intégrant l'IA ont été déployés dans les écoles, et des robots de soins aux personnes âgées sont utilisés dans les centres d'aide sociale.

Cette ferveur technologique s'ancre dans une trajectoire historique singulière. Depuis sa reconstruction après la guerre de Corée, le pays a fait de la maîtrise technologique le socle de sa montée en puissance : acier et navires dans les années 1970, semiconducteurs dans les années 1980, haut débit dans les années 1990, smartphones dans les années 2000. Aujourd'hui, Samsung et SK Hynix fournissent l'essentiel des puces mémoire à haute bande passante qui alimentent les serveurs Nvidia utilisés pour entraîner les grands modèles d'IA dans le monde entier. Les deux groupes sont désormais valorisés chacun au-delà de mille milliards de dollars, portant l'indice boursier Kospi à des sommets historiques en 2026. « Les Sud-Coréens ont été constamment et inlassablement informés par leur gouvernement du potentiel de l'IA à créer un avenir meilleur », résume Chihyung Jeon, professeur de politique scientifique et technologique à l'Institut coréen des sciences avancées (KAIST). Dans ce contexte, l'IA n'est pas perçue comme une menace, mais comme la prochaine étape d'un projet national ininterrompu.

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