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Des outils Microsoft piratés pour voler des identifiants d’outils IA comme Claude Code
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Des outils Microsoft piratés pour voler des identifiants d’outils IA comme Claude Code

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Microsoft a dû désactiver l'accès à plus de 70 de ses propres dépôts GitHub suite à une campagne d'attaques nommée « Miasma », révélée début juin 2026. Parmi les dépôts compromis figurent des projets critiques comme « Azure/functions-action », utilisé pour déployer du code sur Azure Functions, et le framework Durable Task, décrit comme « utilisé activement en production par de nombreuses équipes d'ingénierie au sein de Microsoft ». L'entreprise de sécurité StepSecurity a identifié le vecteur précis : un commit malveillant poussé dans le dépôt Azure/durabletask via un compte de contributeur piraté, ajoutant cinq fichiers conçus pour s'exécuter automatiquement dans quatre environnements de développement. Le code s'active dès qu'un développeur ouvre le dépôt dans Claude Code, Gemini CLI, Cursor ou VS Code, avec pour objectif de dérober des identifiants.

L'impact est particulièrement insidieux car l'attaque ne repose sur aucune faille technique de GitHub ou de npm, mais exploite la confiance accordée aux flux de publication légitimes. En s'emparant des identifiants d'un mainteneur, les attaquants ont pu demander un jeton OIDC GitHub valide, publier une version infectée avec une provenance SLSA authentique, et contourner ainsi les scanners de sécurité conventionnels qui l'ont traitée comme une mise à jour de routine. Comme le souligne l'entreprise Cloudsmith, « le ver s'est fondu dans les flux de travail légitimes » : les paquets malveillants portaient des signatures cryptographiques valides, indiscernables de celles d'un éditeur légitime. Les développeurs qui clonent un dépôt ne sont pas exposés, mais ceux qui l'ouvrent directement dans leur IDE l'étaient.

Paradoxalement, c'est l'équipe de sécurité de Microsoft elle-même qui avait détecté Miasma en premier, non pas dans ses propres projets, mais chez Red Hat le 2 juin, où 32 paquets npm du périmètre @redhat-cloud-services avaient été modifiés dans plus de 90 versions. StepSecurity relie cette campagne à une attaque antérieure, « Mini Shai-Hulud », menée par le groupe TeamPCP, les deux opérations partageant un même domaine de commande et contrôle. Le compte piraté chez Microsoft est le même dont les identifiants avaient servi lors d'une attaque contre PyPI le 19 mai. Cette série d'incidents illustre une tendance de fond : la compromission des identifiants développeurs comme point d'entrée privilégié dans la chaîne d'approvisionnement logicielle, un vecteur d'autant plus difficile à contrer que les outils de vérification d'intégrité comme SLSA ne distinguent pas un éditeur authentique d'un attaquant ayant volé ses clés.

Impact France/UE

Les développeurs européens utilisant Claude Code, Gemini CLI, Cursor ou VS Code sont directement exposés au vol de credentials s'ils ont ouvert des dépôts Microsoft ou Red Hat compromis dans ces environnements.

💬 Le point de vue du dev

Ce qui me frappe, c'est pas l'ampleur de la campagne. C'est que tous nos garde-fous, SLSA, les signatures cryptographiques, les pipelines de provenance qu'on impose aux projets OSS depuis des années, sont aveugles face à des credentials volés : la signature est valide, les scanners voient du vert, et t'es quand même compromis. C'est le genre de faille qu'on va pas résoudre avec un outil de plus dans la chaîne.

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Claude Code, Copilot et Codex ont tous été piratés : les attaquants visaient les identifiants, pas le modèle
1VentureBeat AI 

Claude Code, Copilot et Codex ont tous été piratés : les attaquants visaient les identifiants, pas le modèle

En l'espace de quelques jours fin mars 2026, trois des principaux agents de codage IA ont été compromis. Le 30 mars, le chercheur Tyler Jespersen de BeyondTrust a démontré qu'un simple nom de branche GitHub pouvait forcer Codex d'OpenAI à exfiltrer son token OAuth en clair : en injectant une sous-commande via un point-virgule et des backticks dans le paramètre de nom de branche, le script de clonage devenait un vecteur d'exfiltration. Pour masquer l'attaque, 94 caractères "Ideographic Space" (Unicode U+3000) rendaient la branche malveillante visuellement identique à "main" dans l'interface Codex. OpenAI a classé la faille Critical P1 et livré un correctif complet le 5 février 2026. Deux jours plus tard, le code source de Claude Code d'Anthropic se retrouvait sur le registre npm public. Dans la foulée, Adversa découvrait que Claude Code cessait silencieusement d'appliquer ses règles de blocage dès qu'une commande dépassait 50 sous-commandes, un compromis délibéré entre sécurité et performance. Trois CVE distincts ont touché Claude Code en parallèle : CVE-2026-25723 permettait de contourner le sandbox via des commandes chaînées sed/echo ; CVE-2026-33068 permettait à un dépôt malveillant de pré-configurer le mode bypassPermissions dans .claude/settings.json avant même que la boîte de dialogue de confiance n'apparaisse. Côté Microsoft, Johann Rehberger a prouvé que des instructions cachées dans une description de pull request pouvaient activer l'auto-approbation dans les paramètres VS Code de Copilot, accordant une exécution shell illimitée sur Windows, macOS et Linux. Orca Security a ensuite montré qu'un simple ticket GitHub suffisait à faire exfiltrer le GITHUB_TOKEN privilégié par Copilot dans GitHub Codespaces. Ce qui unit toutes ces attaques, c'est l'identique surface d'entrée : non pas le modèle de langage, mais le credential qu'il détient et qu'il utilise sans session humaine pour l'ancrer. Merritt Baer, CSO d'Enkrypt AI et ancienne Deputy CISO chez AWS, résume le problème : les entreprises croient avoir "approuvé" un fournisseur d'IA, mais elles n'ont approuvé qu'une interface, pas le système sous-jacent. Ce sont les credentials sous cette interface qui constituent la vraie surface d'attaque. Un agent compromis n'a pas besoin d'exploiter le modèle, il lui suffit d'hériter des droits d'accès de l'environnement dans lequel il s'exécute pour prendre le contrôle d'un dépôt entier. Ces incidents s'inscrivent dans une série de neuf mois commencée à Black Hat USA 2025, où Michael Bargury, CTO de Zenity, avait détourné en direct ChatGPT, Microsoft Copilot Studio, Google Gemini, Salesforce Einstein et Cursor via un MCP Jira, sans aucun clic utilisateur. Six équipes de recherche ont depuis publié des exploits contre Codex, Claude Code, Copilot et Vertex AI, tous suivant le même schéma. L'enjeu n'est plus théorique : les agents de codage sont désormais branchés sur des pipelines CI/CD réels, disposent de tokens avec des droits d'écriture sur des dépôts de production, et opèrent avec une supervision humaine minimale. Tant que l'autorisation restera aussi plate que celle d'un LLM et que les règles de sécurité pourront être contournées par un simple dépassement de seuil arbitraire, les tokens resteront la cible de choix.

UELes développeurs et entreprises européens utilisant Claude Code, GitHub Copilot ou Codex dans leurs pipelines CI/CD sont exposés à des risques de vol de tokens et de compromission de dépôts de production, nécessitant une révision immédiate des permissions accordées à ces agents IA.

💬 Trois agents, trois failles, même surface d'attaque : le token, pas le modèle. C'est un peu gênant de voir qu'on reproduit les mêmes erreurs d'OAuth mal configuré qu'il y a dix ans, juste avec plus de puissance de feu et des droits d'écriture sur des dépôts de production. On a déployé avant de comprendre, et maintenant on ramasse.

SécuritéOpinion
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Des pirates ont piégé le chatbot Meta AI pour voler des comptes Instagram de célébrités
2Ars Technica AI 

Des pirates ont piégé le chatbot Meta AI pour voler des comptes Instagram de célébrités

Des hackers ont exploité le chatbot d'assistance d'Meta pour s'emparer de comptes Instagram à forte valeur et les revendre sur le marché gris, avant qu'une mise à jour d'urgence ne soit déployée le 29 mai. La technique était d'une simplicité déconcertante : les attaquants utilisaient un VPN pour simuler une localisation proche de celle du compte ciblé, déclenchaient une procédure de réinitialisation de mot de passe, puis demandaient directement au chatbot de Meta de modifier l'adresse e-mail associée au compte. Des vidéos montrant l'exploit en action ont circulé sur des groupes Telegram fréquentés par des hackers et des chercheurs en sécurité, selon le site 404 Media. Parmi les comptes compromis figurent celui du compte institutionnel de la Maison-Blanche sous Barack Obama et celui du Chief Master Sergeant de la Space Force américaine, qui ont brièvement publié des images et messages pro-iraniens. La faille illustre un risque concret posé par l'intégration d'agents conversationnels dans des flux de support client sensibles : un simple message suffit à contourner les protections habituelles. Des comptes Instagram notables se négocient plusieurs centaines de milliers de dollars sur des marchés parallèles, ce qui rend ce vecteur d'attaque particulièrement lucratif. Pour les victimes, une prise de contrôle de ce type peut entraîner une atteinte à la réputation immédiate, comme l'ont démontré les publications pro-iraniennes diffusées depuis des comptes officiels américains. Il s'agit techniquement d'une attaque par injection de prompt : l'IA obéit à une instruction malveillante formulée en langage naturel, sans mécanisme de vérification d'identité suffisant. Ce type de vulnérabilité est documenté depuis plusieurs années dans la recherche en sécurité, mais sa présence dans un produit déployé à grande échelle par Meta souligne le défi que représente la sécurisation des assistants IA exposés au public. Meta a déployé un correctif d'urgence le 29 mai, mais l'incident relance le débat sur les garde-fous nécessaires lorsqu'un modèle de langage est habilité à effectuer des actions à fort impact sur des comptes utilisateurs réels.

UELa faille affectait Instagram, utilisé par des millions d'Européens, dont les comptes restaient vulnérables à une prise de contrôle via le chatbot Meta AI jusqu'au correctif d'urgence du 29 mai ; les équipes de sécurité intégrant des agents IA dans leurs flux support doivent auditer leurs mécanismes d'autorisation.

💬 L'injection de prompt, c'est dans les papers depuis 2022. Que ça arrive en prod sur le chatbot support de Meta, avec la capacité de modifier l'email d'un compte à la simple demande, c'est moins une surprise qu'un aveu : personne n'a audité les permissions avant le déploiement. Le correctif est là, mais le problème de fond reste : un LLM autorisé à agir sur des comptes réels, c'est une surface d'attaque permanente.

SécuritéActu
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Plus de 100 agents IA mis en compétition par Microsoft pour détecter des failles dans Windows
3The Decoder 

Plus de 100 agents IA mis en compétition par Microsoft pour détecter des failles dans Windows

Microsoft a développé un système baptisé MDASH qui mobilise plus d'une centaine d'agents IA spécialisés, mis en compétition les uns contre les autres pour détecter des failles de sécurité dans ses logiciels. Lors du dernier Patch Tuesday, ce dispositif a permis d'identifier 16 vulnérabilités dans Windows en une seule session, dont quatre classées critiques. Microsoft ne divulgue pas quels modèles d'IA alimentent le système, mais l'ampleur du déploiement témoigne d'une infrastructure de recherche offensive d'envergure inédite. Cette approche marque un changement de paradigme dans la manière dont les grandes entreprises tech traquent leurs propres failles. Plutôt que de s'appuyer uniquement sur des équipes humaines ou des outils d'analyse statique, Microsoft automatise désormais une partie du "red teaming", la simulation d'attaques internes pour trouver des faiblesses avant les pirates. Quatre vulnérabilités critiques découvertes en un seul cycle de patch représentent un gain de sécurité concret pour les centaines de millions d'utilisateurs Windows dans le monde. La course aux agents IA autonomes capables de raisonner sur du code complexe s'intensifie dans tout le secteur. Google, OpenAI et des startups spécialisées comme Endor Labs investissent massivement dans des outils similaires. Pour Microsoft, qui gère l'un des écosystèmes logiciels les plus ciblés au monde, industrialiser la détection de vulnérabilités via l'IA devient une nécessité stratégique face à des attaquants qui utilisent eux-mêmes ces technologies. MDASH pourrait préfigurer un futur où la sécurité logicielle repose sur des armées d'agents se testant mutuellement en continu.

UELes vulnérabilités détectées par MDASH dans Windows, dont quatre critiques, concernent directement les centaines de millions d'utilisateurs européens de cet OS, améliorant concrètement leur niveau de sécurité numérique.

💬 16 vulnérabilités en un cycle de patch, dont 4 critiques, c'est du solide. L'idée de mettre des agents en compétition pour simuler des attaques, le red teaming automatisé à grande échelle, c'est le genre de truc qu'on voyait venir mais pas à ce rythme. Bon, Microsoft garde ses modèles secrets, ce qui veut dire que tout le monde travaille à cache-cache pendant que les attaquants font exactement pareil de leur côté.

SécuritéOpinion
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Une implémentation du Microsoft Agent Governance Toolkit pour un usage sécurisé des outils d'agents IA : politiques, validations, journaux d'audit et contrôles des risques
4MarkTechPost 

Une implémentation du Microsoft Agent Governance Toolkit pour un usage sécurisé des outils d'agents IA : politiques, validations, journaux d'audit et contrôles des risques

Microsoft a publié le Agent Governance Toolkit, un cadre de référence permettant de contrôler et d'auditer les actions des agents IA avant leur exécution. Un tutoriel d'implémentation, conçu pour fonctionner directement dans Google Colab, illustre concrètement son fonctionnement : les agents ne peuvent pas exécuter directement leurs outils. Chaque action est d'abord soumise à une couche de gouvernance qui vérifie l'identité de l'agent, son score de confiance, le niveau de risque de l'opération, la sensibilité des données concernées et les règles de politique applicables. Le système repose sur des fichiers de configuration YAML définissant des règles précises : blocage des opérations destructrices en base de données (suppression ou vidage de tables), approbation humaine obligatoire pour l'envoi d'e-mails vers des destinataires externes, exécution en bac à sable des commandes shell avec filtrage de termes dangereux comme rm -rf ou chmod 777, et refus d'accès aux données sensibles pour les agents dont le score de confiance est inférieur à 0,65. Le toolkit génère également des journaux d'audit infalsifiables, permet d'activer un coupe-circuit global et offre une visualisation graphique des relations entre agents, outils, règles et résultats. Cette architecture répond à un problème croissant dans le déploiement des agents IA : l'agentivité excessive. À mesure que ces systèmes deviennent capables d'enchaîner des actions autonomes, qu'il s'agisse d'écrire dans des bases de données, d'envoyer des e-mails ou d'exécuter du code, le risque qu'ils accomplissent des opérations non souhaitées ou dommageables augmente considérablement. Le toolkit propose un modèle où chaque action peut être autorisée, refusée, mise en sandbox ou redirigée vers un processus d'approbation humaine, selon des critères déterministes et traçables. Les règles s'appuient sur la taxonomie de risques de l'OWASP pour les agents IA, notamment les catégories « Tool misuse », « Goal hijacking » et « Unauthorized action », apportant un cadre de conformité reconnu aux équipes de sécurité. La publication de ce toolkit s'inscrit dans un mouvement plus large de l'industrie pour encadrer les agents autonomes, dont la prolifération s'est accélérée depuis 2024 avec l'essor de frameworks comme LangChain, AutoGen (lui aussi développé par Microsoft) et les API d'agents d'OpenAI et Anthropic. Microsoft, qui a massivement investi dans l'IA via son partenariat avec OpenAI et l'intégration dans Azure et Copilot, se positionne ainsi comme acteur de référence sur la gouvernance de ces systèmes. Le fait que l'implémentation soit reproductible dans un notebook Colab, sans infrastructure complexe, signale une volonté claire de démocratiser ces pratiques au-delà des grandes entreprises. Les étapes naturelles incluent l'intégration de ce type de couche dans les plateformes d'orchestration existantes et l'adoption de standards communs pour l'audit des décisions IA.

UELa taxonomie de risques OWASP intégrée au toolkit s'aligne directement avec les exigences de traçabilité et de supervision humaine de l'AI Act européen, facilitant la conformité des équipes qui déploient des agents IA autonomes.

SécuritéTuto
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