
Apple annonce un assistant vocal plus conversationnel, surnommé « Siri AI »

Apple a officiellement présenté la refonte majeure de son assistant vocal Siri lors de sa conférence annuelle WWDC, filmée en avance comme à son habitude. Baptisée "Siri AI", cette nouvelle version s'inscrit dans le cadre plus large du programme "Apple Intelligence" dont le lancement avait été plusieurs fois repoussé. La mise à jour sera déployée cet automne via les mises à jour des systèmes d'exploitation Apple. Elle s'accompagne d'une intégration plus poussée des modèles d'IA embarqués, désormais alimentés en partie par Google, ainsi qu'une cohérence renforcée entre iOS, macOS et les autres plateformes de la marque.
Le changement central porte sur la nature même de l'interaction : Siri ne se limite plus à des requêtes ponctuelles isolées, mais devient capable de mener des conversations continues, en jonglant entre différentes applications et contextes au fil d'un même échange. Lors des démonstrations, les cadres d'Apple ont montré l'assistant passer d'une tâche à une autre sans rupture, illustrant ce que la firme appelle une "expérience conversationnelle entièrement nouvelle". Pour les utilisateurs, cela représente un changement de paradigme : l'assistant devient un interlocuteur persistant plutôt qu'un outil de commande vocale.
Apple tente ainsi de rattraper son retard face à des concurrents comme Google, OpenAI ou Microsoft, qui ont multiplié les annonces d'IA générative depuis 2023. Le vice-président senior Craig Federighi a d'ailleurs choisi de se démarquer explicitement, en critiquant implicitement cette course effrénée et en positionnant Apple comme un acteur centré sur l'utilisateur plutôt que sur la technologie pour elle-même. Ce discours, combiné au partenariat avec Google pour les modèles de fondation, soulève des questions sur la dépendance d'Apple à des tiers pour ses ambitions en IA, et sur la capacité de la marque à tenir ses promesses lors du déploiement effectif cet automne.
Le déploiement de Siri AI sur les millions d'appareils Apple utilisés en France et en Europe soulève des questions de dépendance aux modèles Google, un axe susceptible d'intéresser les régulateurs européens au titre du DMA.
Apple prend enfin le virage conversationnel, et c'est plus crédible que leurs annonces des deux dernières années. Bon, sur le papier, le coup du "pas de hype, on pense à l'utilisateur" sonne creux quand tu as signé un deal avec Google pour les modèles de fond. Reste à voir si ça tient à l'automne, ou si on se retrouve encore avec une démo parfaite et un rollout en demi-teinte.
Dans nos dossiers
Vu une erreur factuelle dans cet article ? Signalez-la. Toutes les corrections valides sont publiées sur /corrections.




