Oups, Meta cache du code de reconnaissance faciale dans son appli IA
Wired a découvert du code caché dans l'application d'intelligence artificielle de Meta, faisant référence à une fonctionnalité de reconnaissance faciale baptisée « NameTag », jamais annoncée publiquement. Selon l'analyse d'un chercheur en sécurité, cette fonction permettrait à des lunettes connectées d'identifier des visages et de notifier l'utilisateur lorsqu'une personne déjà enregistrée est détectée dans son champ de vision. Le code est présent mais inactif : aucune donnée biométrique n'est transmise aux serveurs de Meta. Des éléments d'interface auraient néanmoins déjà existé dans des versions antérieures de l'application, dont un menu intitulé « Connexions » invitant à « se souvenir des personnes rencontrées ». Le New York Times, qui avait évoqué ce projet dès février 2026, cite des sources internes confirmant le nom NameTag, et rapporte qu'une note interne envisageait même un lancement calculé pour coïncider avec un moment politique jugé propice à des critiques moins virulentes.
L'enjeu est considérable : intégrer la reconnaissance faciale à des lunettes portables grand public, les Ray-Ban ou Oakley de Meta, transformerait radicalement ce que signifie croiser quelqu'un dans la rue. Un simple regard suffirait à identifier une personne à son insu, sans qu'elle ait consenti à figurer dans une quelconque base de données. Pour les utilisateurs, cela ouvrirait des usages inédits, de la mémorisation de contacts professionnels à la surveillance discrète. Pour la société, le risque est celui d'une identification de masse banalisée, portée non plus par des caméras fixes mais par des millions de paires de lunettes connectées circulant dans l'espace public. Les régulateurs européens et américains, déjà attentifs aux pratiques biométriques de Meta, auraient immédiatement matière à intervenir.
Meta entretient depuis des années une relation ambivalente avec la reconnaissance faciale. L'entreprise l'avait déployée sur Facebook, puis abandonnée en 2021 sous la pression de critiques liées à la vie privée, avant de la réintroduire en 2024 sur Instagram et Facebook pour détecter les usages frauduleux dans les publicités. Cette trajectoire illustre une stratégie d'avancée prudente, testant les limites de l'acceptable avant chaque déploiement. Ryan Daniels, porte-parole de Meta, a minimisé la découverte, qualifiant NameTag de simple piste d'exploration sans produit finalisé ni base de données centralisée en préparation. Reste que la présence de ce code dans une application déjà distribuée au public dépasse le stade du simple brainstorming interne, et ravive un débat que Meta pensait peut-être avoir clos en 2021.
La présence de code de reconnaissance faciale biométrique dans une application déjà distribuée au public place Meta directement dans le collimateur des régulateurs européens, qui peuvent invoquer le RGPD et l'AI Act pour exiger des explications et potentiellement sanctionner l'entreprise.
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