
L’IA commence à construire notre jumeau numérique
Les grands modèles de langage franchissent un nouveau cap dans la personnalisation. ChatGPT, développé par OpenAI, est désormais capable de mémoriser les habitudes de ses utilisateurs d'une session à l'autre : préférences de voyage, projets professionnels en cours, formats de documents favoris, contraintes récurrentes. Concrètement, un utilisateur qui demande à l'assistant de préparer un déplacement à Londres n'a plus besoin de tout réexpliquer : l'IA s'appuie sur un profil accumulé au fil des échanges pour produire une réponse immédiatement adaptée, sans friction.
Ce changement redéfinit le rapport aux assistants numériques. Jusqu'ici, chaque conversation repartait de zéro, ce qui limitait leur utilité dans les tâches complexes et répétitives. Avec une mémoire persistante, l'IA devient un véritable collaborateur qui apprend, s'adapte et anticipe. Pour les professionnels, le gain de temps est réel : moins de répétition, des réponses plus pertinentes dès le premier échange. En revanche, la constitution progressive d'un profil aussi intime soulève des questions de confidentialité, notamment sur la nature des données conservées, leur durée de vie et les droits des utilisateurs à les contrôler ou les effacer.
OpenAI a introduit la mémoire dans ChatGPT en 2024, d'abord en version bêta puis progressivement étendue aux abonnés payants. Google avec Gemini et Anthropic travaillent sur des fonctionnalités comparables. La course au profil utilisateur le plus complet est désormais ouverte, avec en arrière-plan un débat réglementaire croissant : en Europe, le RGPD impose des contraintes strictes sur la conservation des données personnelles, et les autorités de protection des données scrutent ces nouvelles capacités de mémorisation avec une attention particulière.
Le RGPD impose aux plateformes proposant une mémoire persistante des contraintes strictes sur la conservation et le contrôle des données personnelles, poussant OpenAI et ses concurrents à adapter ces fonctionnalités pour les utilisateurs européens.
C'est le truc qui change vraiment l'usage au quotidien, plus que la plupart des mises à jour qu'on a vues ces deux ans. Bon, sur le papier ça fait rêver, mais la vraie question c'est ce qu'OpenAI garde exactement et combien de temps. En Europe, le RGPD va forcer des compromis, et j'ai un doute sur si le profil mémorisé sera aussi complet que pour les utilisateurs américains.
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