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OpenAI, Anthropic et Google s’allient contre le siphonnage de leurs modèles par la Chine
SécuritéLa Tribune12sem· 1 min de lecture

OpenAI, Anthropic et Google s’allient contre le siphonnage de leurs modèles par la Chine

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OpenAI, Anthropic et Google ont annoncé une collaboration inédite pour contrer ce que les trois entreprises qualifient de "distillation" de leurs modèles d'intelligence artificielle par des entités liées à la Chine. Ce phénomène consiste à utiliser les sorties des grands modèles américains pour entraîner des systèmes concurrents à moindre coût, contournant ainsi les investissements colossaux, plusieurs dizaines de milliards de dollars, réalisés par ces laboratoires. Les rivaux habituels ont décidé de partager leurs données de sécurité pour identifier et bloquer ces pratiques plus efficacement.

Cette alliance soulève des enjeux considérables pour la compétitivité technologique américaine. La distillation permet théoriquement à des acteurs étrangers d'obtenir des capacités comparables à celles des modèles de pointe sans en supporter les coûts de recherche et développement, rééquilibrant ainsi le rapport de force dans la course mondiale à l'IA. Pour les trois entreprises, la menace est à la fois commerciale et stratégique : perdre cet avantage compétitif reviendrait à fragiliser une position que Washington considère désormais comme un élément de sécurité nationale à part entière.

La démarche s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et la Chine sur le terrain technologique, après les restrictions à l'export de puces Nvidia et les débats autour de DeepSeek, le modèle chinois dont l'efficacité avait provoqué une onde de choc sur les marchés début 2025. En mutualisant leur veille, OpenAI, Anthropic et Google cherchent à établir un front commun que chaque entreprise isolément n'aurait pas les moyens de tenir face à des techniques d'extraction en constante évolution.

Impact France/UE

Les laboratoires européens d'IA restent exposés aux mêmes pratiques de distillation sans mécanisme de protection collectif équivalent à celui que se dotent désormais les géants américains.

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Anthropic a déployé une demi-douzaine d'ingénieurs directement au sein de la NSA pour adapter son modèle d'IA Mythos à des opérations cyber offensives. Selon des informations rapportées par The Decoder, ce modèle serait utilisé pour mener des intrusions dans des réseaux en Chine et en Iran. Il s'agit d'un positionnement inédit pour une entreprise d'IA qui se présente habituellement sous l'angle de la sécurité responsable et du développement maîtrisé des systèmes d'intelligence artificielle. Cette collaboration soulève des questions importantes sur la frontière entre IA commerciale et IA militaire. Anthropic, comme d'autres acteurs du secteur, avait formulé des engagements publics limitant certains usages de ses modèles, notamment la surveillance de masse. Or, ces restrictions s'appliquent explicitement aux seuls citoyens américains, laissant une marge d'utilisation considérable pour des opérations visant des populations étrangères. L'intégration directe d'ingénieurs civils dans une agence de renseignement militaire marque un pas supplémentaire vers la militarisation de l'IA grand public. Ce mouvement s'inscrit dans une dynamique plus large de course aux capacités cyber entre les États-Unis, la Chine et l'Iran, dans laquelle les grands modèles de langage jouent un rôle croissant pour automatiser la détection de vulnérabilités et la conception d'attaques. Anthropic rejoint ainsi OpenAI et d'autres laboratoires qui ont noué des partenariats avec le Pentagone ou les agences fédérales américaines. Le modèle Mythos, distinct des produits commerciaux comme Claude, semble avoir été conçu ou adapté spécifiquement pour répondre aux besoins classifiés de la communauté du renseignement.

UECe cas de militarisation d'un LLM commercial alimente les débats européens sur l'exemption militaire dans l'AI Act et la régulation des IA à double usage civilo-militaire.

💬 Le discours "sécurité responsable" d'Anthropic vient de prendre un sacré coup. Des ingénieurs civils intégrés directement à la NSA, un modèle dédié et classifié pour de la cyber offensive, des engagements publics qui s'appliquent aux seuls citoyens américains (le reste du monde, bonne chance) : c'est le genre de décision qui se justifie probablement en interne avec "si ce n'est pas nous, ce sera quelqu'un d'autre". OpenAI a fait le même virage, mais Anthropic se vendait différemment.

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UELes régulateurs européens, dans le cadre de l'AI Act, devront développer des outils pour détecter et encadrer les inégalités économiques invisibles générées par des agents IA à deux vitesses.

💬 Le truc qui me frappe, c'est pas que les meilleurs modèles négocient mieux (ça, on s'en doutait depuis un moment), c'est que les perdants ne le voient pas. Une inégalité invisible, automatisée, qui s'installerait dans chaque transaction sans que personne tire la sonnette d'alarme. L'AI Act va avoir du boulot.

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UELes entreprises européennes clientes de Salesforce, ServiceNow, Microsoft ou Google Cloud pourraient adopter ce protocole commun pour intégrer l'IA sans dépendre exclusivement d'Anthropic ou OpenAI.

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