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Le fabricant de chaussures Allbirds change de pied et devient… un fournisseur d’IA

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Allbirds, le fabricant californien de chaussures fondé en 2015 et célèbre pour ses baskets Wool Runner en laine mérinos et son image écoresponsable, a annoncé un pivot radical : l'entreprise abandonne la chaussure pour devenir fournisseur d'infrastructures d'intelligence artificielle sous le nom NewBird AI. La société proposera des services de type "GPU-as-a-Service", c'est-à-dire de la location de puissance de calcul à des entreprises ayant besoin de ressources pour entraîner ou déployer des modèles d'IA. Un accord de financement de 50 millions de dollars avec un investisseur institutionnel non divulgué a été signé, avec une finalisation attendue pour le deuxième trimestre 2026. L'annonce a provoqué une explosion boursière de plus de 700 % en une seule séance à Wall Street, propulsant l'action Allbirds dans la catégorie des "memestocks".

Ce pivot illustre à la fois le désespoir d'une entreprise en faillite progressive et la fièvre spéculative qui entoure l'IA. Allbirds, qui avait culminé à une capitalisation de 4 milliards de dollars lors de son introduction en Bourse en 2021, n'est plus que l'ombre d'elle-même : ses ventes ont reculé dès 2022, ses magasins ont fermé un à un, et fin février 2026 il ne restait plus que quatre boutiques aux États-Unis et au Royaume-Uni. L'entreprise a finalement cédé l'ensemble de ses actifs de chaussures à American Exchange Group pour 39 millions de dollars, soit une fraction infime de sa valeur passée. La coquille juridique restante a alors cherché une nouvelle raison d'exister. Le changement de cap implique également l'abandon de ses engagements environnementaux : les actionnaires devront voter pour supprimer toute référence à un objectif d'intérêt public en matière de protection de l'environnement, difficilement compatible avec l'exploitation énergivore de centres de données GPU.

Le parcours d'Allbirds résume une décennie de promesses et de déconvenues dans la consommation responsable. Après une mutinerie des actionnaires en mai 2023 contre la stratégie de l'entreprise, une plainte finalement rejetée en février 2026, la confiance était brisée. Le pivot vers l'IA suit un schéma déjà vu avec certaines sociétés de minage de bitcoins qui reconvertissent leurs infrastructures pour profiter de la demande explosive en calcul GPU. Mais 50 millions de dollars reste une somme dérisoire dans un secteur où les grands acteurs investissent des dizaines de milliards. La hausse de 700 % du cours de Bourse, déconnectée de tout fondamental, ressemble davantage à un effet d'annonce spéculatif qu'à un vrai projet industriel. Si NewBird AI ne lève pas rapidement des capitaux bien plus importants, ce rebond boursier risque de n'être qu'une parenthèse avant une chute définitive.

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1The Information AI 

Les bots d'achat IA multiplient remboursements et risques, selon un dirigeant d'Adyen

Les robots d'achat alimentés par l'intelligence artificielle génèrent un taux anormalement élevé de remboursements et de contestations de paiement par carte bancaire. C'est ce qu'indique Carlo Bruno, vice-président produit chez Adyen, l'un des principaux processeurs de paiement au monde. Ce constat met en lumière les risques financiers concrets liés au commerce dit "agentique", où des IA effectuent des achats au nom des consommateurs. Avant que ces agents puissent gérer des transactions en ligne de manière fiable, les entreprises devront trouver des mécanismes pour absorber ce risque accru. La multiplication des litiges pourrait d'ailleurs inciter les processeurs de paiement à envisager des frais plus élevés pour les marchands sur les transactions initiées par des IA, ce qui renchérirait mécaniquement le coût du commerce automatisé pour les vendeurs en ligne. Selon Bruno, le secteur attend un "big bang" qui ne viendra pas : l'adoption de l'IA dans les achats se fera de manière progressive, et non par un basculement soudain où des bots transacteraient massivement pour les consommateurs. Cette prudence reflète un enjeu structurel plus large : les infrastructures de paiement ont été conçues pour des humains, et leur adaptation à des agents autonomes soulève des questions de responsabilité, de fraude et de consentement que ni les plateformes ni les régulateurs n'ont encore pleinement résolues.

UEAdyen étant un acteur néerlandais central dans les paiements européens, les risques de remboursements et surcoûts liés aux agents IA concernent directement les marchands e-commerce français et européens.

BusinessOpinion
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2The Information AI 

L'enquête chinoise sur le rachat de Manus par Meta inquiète les startups

Le gouvernement chinois a ouvert une enquête sur la vente de la startup d'agents IA Manus à Meta Platforms, provoquant une onde de choc dans l'écosystème des startups d'intelligence artificielle en Chine. Cette investigation, dont les détails précis restent flous, cible une transaction qui représentait pour de nombreux fondateurs un débouché naturel : être rachetés par un géant technologique américain. Hank Yuan, co-fondateur d'une nouvelle startup basée à Shenzhen qui développe un agent IA pour le marché mondial, résume le sentiment général : « Tous les fondateurs de startups IA que je connais suivent l'affaire Manus de très près. » L'impact est immédiat et concret. Plusieurs startups envisagent désormais de déplacer tout ou partie de leurs opérations vers Singapour, ou de quitter la Chine entièrement. Le choix du financement devient aussi une question stratégique brûlante : lever des fonds en yuan chinois ou en dollars américains implique désormais des conséquences géopolitiques directes sur la capacité à vendre à l'international ou à attirer des investisseurs américains. Comme le formule Yuan, les fondateurs doivent « réfléchir encore plus soigneusement aux marchés visés, à la structure juridique de leur entreprise et à la devise dans laquelle lever des fonds ». Les startups dont l'ambition se limite au marché chinois, financées par du capital-risque local ou asiatique, sont moins exposées à ces tensions. Cette affaire s'inscrit dans une rivalité technologique sino-américaine de plus en plus intense, où les acquisitions transfrontalières d'entreprises IA deviennent des enjeux de souveraineté nationale. Pékin surveille de près les transferts de technologie vers des entreprises américaines, notamment dans le domaine de l'IA agentique, considéré comme stratégique. Pour les fondateurs chinois qui cherchent une sortie vers les grands groupes de la Silicon Valley, la fenêtre se resserre. Singapour, hub neutre entre les deux blocs, s'impose comme la destination de repli privilégiée pour ceux qui veulent préserver à la fois un accès aux marchés occidentaux et une base opérationnelle en Asie.

UELes tensions géopolitiques sino-américaines autour des acquisitions d'IA pourraient inciter l'UE à renforcer sa propre surveillance des transferts technologiques transfrontaliers impliquant des startups chinoises.

BusinessOpinion
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3The Information AI 

OpenAI envisage des publicités dans ChatGPT et d'autres améliorations tarifaires

OpenAI prépare une évolution significative de son modèle publicitaire pour ChatGPT. Selon un dirigeant d'agence ayant échangé directement avec des employés d'OpenAI, la société envisage d'adopter une tarification au clic (CPC) pour certaines publicités, plutôt que de facturer uniquement à l'affichage. En parallèle, OpenAI travaillerait sur des formats dits "à la performance", conçus pour inciter les utilisateurs à réaliser une action précise : effectuer un achat, télécharger une application ou s'inscrire à un service. Aucun calendrier précis n'a encore été communiqué pour ces nouveaux formats. Ces changements représentent un signal fort pour l'industrie publicitaire. Passer du modèle CPM (coût pour mille impressions) au CPC, c'est adopter le standard qui a fait la puissance de Google et Meta : on ne paie que pour les résultats mesurables. Pour les annonceurs, cela réduit le risque financier et facilite la justification des budgets. Pour OpenAI, c'est un moyen d'attirer des marques habituées aux campagnes à la performance sur des plateformes comme Google Ads ou Meta Ads, en leur offrant un environnement familier. OpenAI cherche ainsi à transformer ChatGPT en surface publicitaire crédible face aux géants du secteur, dans un contexte où la société doit financer des coûts d'infrastructure colossaux et afficher une trajectoire de revenus convaincante pour ses investisseurs. Google et Meta dominent ensemble plus de 50 % du marché mondial de la publicité digitale. OpenAI, fort de ses centaines de millions d'utilisateurs actifs, mise sur l'intention forte exprimée dans les requêtes conversationnelles pour séduire les annonceurs avec une audience qualifiée et engagée.

UELes agences et annonceurs européens pourraient bientôt intégrer ChatGPT dans leurs plans media avec des formats CPC familiers, redistribuant une part des budgets actuellement alloués à Google et Meta.

BusinessActu
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4VentureBeat AI 

Traza lève 2,1 millions de dollars auprès de Base10 pour automatiser les processus d'approvisionnement par IA

Traza, une startup new-yorkaise fondée récemment, a annoncé la clôture d'un tour de table pré-seed de 2,1 millions de dollars mené par Base10 Partners, avec la participation de Kfund, des scouts d'a16z, Clara Ventures, Masia Ventures, et plusieurs business angels dont Pepe Agell, l'homme qui avait porté Chartboost à 700 millions d'utilisateurs mensuels avant sa rachat par Zynga. L'entreprise développe des agents IA capables d'automatiser entièrement les processus d'approvisionnement en entreprise : envoi de demandes de devis, suivi des commandes, communications fournisseurs, traitement des factures, le tout sans supervision humaine continue. Selon ses premières données de déploiement, Traza revendique une réduction de 70 % du temps humain consacré aux tâches d'achat, et des cycles d'approvisionnement trois fois plus rapides que les processus manuels. L'enjeu est considérable. Le marché des logiciels de procurement dépasse déjà 8 milliards de dollars et croît d'environ 10 % par an, mais le vrai gisement de valeur se trouve ailleurs : dans les pertes silencieuses qui surviennent après la signature des contrats. Une étude de World Commerce & Contracting et Ironclad estime que les entreprises perdent en moyenne 11 % de la valeur totale de leurs contrats une fois ceux-ci signés, un phénomène baptisé "value leakage post-signature". Pour une grande entreprise avec 500 millions de dollars de dépenses contractualisées annuelles, cela représente 55 millions qui s'évaporent chaque année, non pas à cause de mauvaises négociations, mais faute de suivi opérationnel. La majorité des entreprises ne gèrent activement que leurs 20 % de fournisseurs principaux ; les 80 % restants sont largement laissés à l'abandon. Le secteur du procurement n'a pas manqué de solutions logicielles ces dernières années, SAP Ariba, Coupa, Zip, Fairmarkit ou encore Tonkean ont tous intégré des couches d'IA à leurs plateformes. Mais ces outils sont restés des copilotes : ils analysent, suggèrent, alertent, sans jamais agir. Traza représente un changement de posture, passant du conseil à l'exécution autonome. Le PDG et cofondateur Silvestre Jara Montes positionne explicitement sa startup dans la "couche opérationnelle" du contrat, là où la valeur se perd le plus concrètement. Avec un financement modeste mais des investisseurs emblématiques de l'écosystème IA, Traza entre sur un marché où les grands éditeurs ERP ont historiquement tardé à innover, et où la promesse des agents autonomes pourrait trouver son premier cas d'usage industriel à grande échelle.

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