On a testé un taxi autonome sans conducteur en Chine, et on ne s’attendait pas à ça
À Shenzhen, mégalopole de 18 millions d'habitants symbole de la modernité technologique chinoise, un journaliste a effectué un trajet complet à bord d'un taxi entièrement autonome, sans aucun conducteur à bord. Le véhicule, commandé via application mobile comme n'importe quel VTC classique, circule au milieu de la circulation dense de la ville grâce à un système embarqué combinant intelligence artificielle, lidars, caméras haute résolution et capteurs multiples. L'expérience, déconcertante au premier abord, s'est déroulée sans intervention humaine du démarrage jusqu'à destination.
Ce type de service représente une rupture concrète dans l'histoire de la mobilité urbaine : non plus un prototype en circuit fermé, mais un taxi robotisé intégré au trafic réel, accessible au grand public. Pour les usagers, cela signifie un transport potentiellement moins cher, disponible 24h/24, sans les variables liées au facteur humain. Pour l'industrie automobile et les plateformes de VTC, l'enjeu est colossal : supprimer le poste chauffeur représente entre 60 et 70 % des coûts opérationnels d'un service de transport à la demande.
La Chine n'en est pas à ses débuts sur ce terrain. Des acteurs comme Baidu avec son service Apollo Go, ou WeRide, ont déployé des flottes de véhicules autonomes dans plusieurs grandes villes depuis 2021, accumulant des millions de kilomètres en conditions réelles. Pékin et Shenzhen ont accordé des licences d'exploitation commerciale sans safety driver, une autorisation que ni les États-Unis ni l'Europe n'ont encore généralisée. La course mondiale au véhicule autonome se joue désormais autant dans les rues chinoises que dans les laboratoires californiens.
L'Europe n'a pas encore accordé de licences commerciales sans safety driver, ce qui place les régulateurs européens et les constructeurs continentaux en retard structurel face au déploiement massif chinois.

