OPINION. « Fin de la taxe Zucman : vers une fiscalité des agents intelligents »
Gabriel Zucman, économiste français reconnu pour ses travaux sur la fiscalité des ultra-riches, a défendu une taxation mondiale des grandes fortunes comme réponse aux inégalités croissantes. Mais une tribune d'opinion publiée récemment remet en question cette approche au profit d'une nouvelle piste : taxer directement les agents intelligents plutôt que les individus ou les entreprises qui les déploient. L'argument central est que le modèle fiscal des économies développées repose encore sur le travail humain — cotisations, impôts sur les revenus — alors que l'automatisation par IA érode progressivement cette base.
L'enjeu est considérable : si les agents IA remplacent des millions de travailleurs, les États perdent des recettes fiscales massives sans mécanisme de compensation. Une fiscalité des agents intelligents permettrait de maintenir le financement des services publics et de la protection sociale à mesure que l'automatisation s'accélère. Cela toucherait directement les grandes entreprises tech — Google, Meta, Microsoft — qui déploient ces systèmes à grande échelle.
Ce débat s'inscrit dans une réflexion plus large sur l'adaptation des États à l'ère de l'IA. Plusieurs économistes et institutions, dont l'OCDE, commencent à explorer des pistes similaires. La question n'est plus théorique : avec l'explosion des agents autonomes capables de réaliser des tâches cognitives complexes, la fenêtre pour concevoir un cadre fiscal adapté se referme rapidement.
L'OCDE et des économistes européens, dont le Français Gabriel Zucman, explorent une taxation directe des agents IA pour compenser l'érosion des recettes fiscales liées à l'automatisation, un enjeu structurel pour le financement de la protection sociale en France et en Europe.