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OPINION. « Fin de la taxe Zucman : vers une fiscalité des agents intelligents »
RégulationLa Tribune13sem· 1 min de lecture

OPINION. « Fin de la taxe Zucman : vers une fiscalité des agents intelligents »

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Gabriel Zucman, économiste français reconnu pour ses travaux sur la fiscalité des ultra-riches, a défendu une taxation mondiale des grandes fortunes comme réponse aux inégalités croissantes. Mais une tribune d'opinion publiée récemment remet en question cette approche au profit d'une nouvelle piste : taxer directement les agents intelligents plutôt que les individus ou les entreprises qui les déploient. L'argument central est que le modèle fiscal des économies développées repose encore sur le travail humain — cotisations, impôts sur les revenus — alors que l'automatisation par IA érode progressivement cette base.

L'enjeu est considérable : si les agents IA remplacent des millions de travailleurs, les États perdent des recettes fiscales massives sans mécanisme de compensation. Une fiscalité des agents intelligents permettrait de maintenir le financement des services publics et de la protection sociale à mesure que l'automatisation s'accélère. Cela toucherait directement les grandes entreprises tech — Google, Meta, Microsoft — qui déploient ces systèmes à grande échelle.

Ce débat s'inscrit dans une réflexion plus large sur l'adaptation des États à l'ère de l'IA. Plusieurs économistes et institutions, dont l'OCDE, commencent à explorer des pistes similaires. La question n'est plus théorique : avec l'explosion des agents autonomes capables de réaliser des tâches cognitives complexes, la fenêtre pour concevoir un cadre fiscal adapté se referme rapidement.

Impact France/UE

L'OCDE et des économistes européens, dont le Français Gabriel Zucman, explorent une taxation directe des agents IA pour compenser l'érosion des recettes fiscales liées à l'automatisation, un enjeu structurel pour le financement de la protection sociale en France et en Europe.

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Emmanuel Macron a réuni ses homologues du G7 à Évian ce 17 juin pour une session de travail consacrée à l'intelligence artificielle et à la régulation du numérique. À ses côtés, les dirigeants des États-Unis, de l'Allemagne, du Canada, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni ont débattu de la sécurisation des systèmes d'IA, de la protection des mineurs en ligne et de la taxation des grandes plateformes technologiques. Plusieurs patrons de l'industrie étaient également présents, dont Sam Altman d'OpenAI, Dario Amodei d'Anthropic et Arthur Mensch de Mistral AI. Sur la question des mineurs face aux réseaux sociaux, les sept pays sont globalement alignés autour d'un âge minimum compris entre 15 et 16 ans. La taxation et la souveraineté numérique se sont en revanche révélées bien plus conflictuelles : le 15 juin, Donald Trump menaçait d'imposer des droits de douane à 100 % sur le vin français si la France supprimait sa taxe numérique de 3 % sur les revenus des géants de la tech réalisés sur le territoire français. Macron a rétorqué que ce n'était « pas les États-Unis qui décident ». Les tensions autour de la fiscalité numérique révèlent un rapport de force structurel entre les démocraties occidentales et Washington. La taxe française, instaurée en 2019, cible directement les plateformes américaines comme Google, Amazon ou Meta, et a resurgi au cœur des débats budgétaires nationaux. À l'international, le Canada a déjà dû renoncer à un projet similaire en 2025 sous pression américaine. L'enjeu est double : il s'agit à la fois de faire contribuer ces entreprises aux finances publiques des pays où elles opèrent, et de ne pas sacrifier cette ambition sous la menace de représailles commerciales. Pour la France et l'Europe, abandonner cette taxe reviendrait à reconnaître l'immunité fiscale de facto des géants technologiques américains. La question de la souveraineté sur les modèles d'IA a également pesé lourd dans les discussions, d'autant que les États-Unis ont récemment bloqué l'accès à Claude 5 et Mythos 5, les derniers modèles d'Anthropic. Cet épisode a cristallisé une prise de conscience déjà ancienne : la France et le reste de l'Europe dépendent massivement de fournisseurs technologiques non européens, tant pour les modèles d'IA que pour la puissance de calcul nécessaire à leur entraînement et à leur déploiement. Mistral AI, représenté par Arthur Mensch, incarne l'ambition européenne d'une alternative crédible, mais le chemin reste long face aux investissements colossaux déployés outre-Atlantique. Donald Trump devait encore être reçu par Macron dans la soirée au château de Versailles, ouvrant la porte à des négociations bilatérales en marge du sommet.

UELe G7 d'Évian met directement en jeu la taxe numérique française de 3 % et la souveraineté européenne sur les modèles d'IA, avec des menaces de représailles commerciales américaines et une dépendance structurelle aux fournisseurs non européens en ligne de mire.

💬 Le blocage de Claude 5 et Mythos 5 en Europe par Washington, c'est l'argument que t'avais pas envie de voir arriver. Quand le fournisseur peut couper l'accès au modèle sur décision politique, la souveraineté numérique cesse d'être un débat de séminaire. Le Canada a déjà plié sur la taxe, la France tient, mais Macron finit sa soirée à Versailles avec Trump, ce qui en dit long sur où ça se joue vraiment.

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