
Softr lance une plateforme IA pour permettre aux équipes non techniques de créer des applications métier sans code
Softr, la plateforme no-code berlinoise utilisée par plus d'un million de créateurs et 7 000 organisations dont Netflix, Google et Stripe, a lancé ce mardi une nouvelle version qu'elle qualifie d'« AI-native » — un pari sur le fait que l'explosion des outils de création d'applications par IA a surtout produit des démonstrations impressionnantes, mais peu de logiciels métier réellement opérationnels. Le cœur de cette mise à jour est l'« AI Co-Builder » : l'utilisateur décrit en langage naturel l'application dont il a besoin, et la plateforme génère un système complet — base de données, interface, permissions et logique métier — connecté et prêt à déployer immédiatement. Mariam Hakobyan, cofondatrice et PDG de Softr, a présenté cette annonce en exclusivité à VentureBeat en amont du lancement.
Ce positionnement cible une faille bien réelle du marché actuel. Les plateformes dites de « vibe coding » — Lovable, Bolt, Replit — ont capté l'attention des développeurs et des investisseurs en capital-risque depuis dix-huit mois, mais elles s'adressent mal aux milliards d'utilisateurs non techniques en entreprise qui ont besoin de logiciels opérationnels personnalisés sans pouvoir maintenir du code généré par IA quand il casse. « Un seul prompt peut casser dix étapes déjà complétées », explique Hakobyan. « On finit par maintenir quelque chose qu'on n'avait pas demandé. » Les outils qui génèrent du code brut laissent l'utilisateur face à une base de code illisible : connecter ces apps à des bases de données réelles ou à des systèmes d'authentification requiert souvent des intégrations techniques — Supabase, appels API — qui transforment l'utilisateur en développeur malgré lui.
La réponse de Softr repose sur une architecture de « blocs de construction » pré-conçus — tableaux Kanban, vues liste, authentification, gestion des rôles — que l'IA assemble selon les besoins décrits, sans jamais générer de code libre. Après cinq ans passés à construire une infrastructure no-code contrainte et éprouvée, l'entreprise a superposé l'IA sur cette base stable, évitant ainsi le problème d'hallucination qui fragilise les générateurs de code. Ce lancement s'inscrit dans un moment charnière pour tout le secteur : la promesse du no-code se heurte depuis des années à la complexité des logiciels métier réels — portails clients, CRM internes, outils de gestion de stocks — qui exigent fiabilité et sécurité à chaque utilisation. Softr mise sur le fait que l'IA doit guider, pas générer, pour tenir cette promesse auprès des organisations qui n'ont ni le temps ni les ressources pour embaucher un développeur à chaque bug.
Softr étant une startup berlinoise, ce lancement renforce l'offre d'un acteur européen du no-code face aux plateformes américaines, avec un potentiel d'adoption direct pour les PME et équipes non techniques en France et en Europe.



