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Doter les agents d'ordinateurs : Ivan Burazin, Daytona
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Doter les agents d'ordinateurs : Ivan Burazin, Daytona

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Ivan Burazin, PDG de Daytona, est au coeur d'une transformation silencieuse mais radicale de l'infrastructure cloud. Son entreprise, fondée sur une obsession vieille de plus d'une décennie, a opéré un pivot décisif : quitter les environnements de développement pour humains afin de fournir des sandboxes informatiques aux agents IA. Daytona peut aujourd'hui démarrer un sandbox en environ 60 millisecondes, en lancer 50 000 en 75 secondes, et son plus gros client exploite quelque 850 000 sandboxes par jour. La plateforme tourne sur du bare metal avec son propre scheduler, plutôt que sur Kubernetes, et les charges de travail liées au reinforcement learning et aux évaluations de modèles sont passées de zéro à environ 50 % de l'utilisation totale en quelques mois seulement.

Ce changement illustre une bascule profonde dans les besoins de l'industrie IA. Les agents logiciels ne travaillent pas sur un laptop : ils ont besoin d'une machine accessible par API, capable de conserver un état entre les tâches, de s'adapter instantanément à des pics de charge massifs, et d'être suffisamment isolée pour rester sûre. Quand un client passe de zéro à 100 000 CPUs en quelques minutes pour une tâche d'entraînement, les architectures classiques comme EKS ou GKE montrent leurs limites. Plusieurs clients de Daytona affirment ne pas vouloir revenir à ces solutions. Au-delà du code, Burazin défend l'idée que les agents auront besoin de machines Windows et macOS, pas seulement Linux, ce qui pose des contraintes de licencing importantes, notamment du côté d'Apple.

Ivan Burazin n'en est pas à son coup d'essai. Il avait fondé CodeAnywhere, l'un des premiers IDE entièrement dans le navigateur, avec l'idée déjà en tête de mettre fin au développement sur machine locale. La thèse était bonne, mais le marché n'était pas prêt. L'essor des agents IA en 2025 a changé la donne : là où les développeurs humains s'attachent à leur éditeur favori, les agents sont indifférents à l'environnement, pourvu qu'il soit rapide, fiable et pilotable par code. Daytona s'est imposé dans ce créneau en lançant un MVP la veille du Nouvel An, dont les API keys se sont arrachées en quelques heures. La vision de Burazin pour la prochaine étape du cloud IA ressemble davantage à Stripe, une infrastructure invisible et composable consommée à l'usage, qu'au modèle AWS traditionnel. Un pari sur la façon dont les agents, et non plus les humains, deviendront les principaux consommateurs de ressources informatiques.

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Definity intègre des agents dans les pipelines Spark pour détecter les erreurs en amont des systèmes d'IA autonomes
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Definity, une startup spécialisée dans la fiabilité des pipelines de données, basée à Chicago, a annoncé mercredi une levée de fonds de 12 millions de dollars en série A, menée par GreatPoint Ventures avec la participation de Dynatrace, StageOne Ventures et Hyde Park Venture Partners. La société a développé une approche radicalement différente de la surveillance des pipelines : plutôt que d'analyser ce qui s'est passé après l'exécution d'un job, elle intègre un agent directement à l'intérieur du moteur Spark ou DBT, pendant que le pipeline tourne. Concrètement, un agent JVM s'installe en une seule ligne de code sous la couche plateforme, capturant en temps réel le comportement des requêtes, la pression mémoire, le déséquilibre des données et les patterns de shuffle. L'agent peut alors intervenir activement : réallouer des ressources à mi-parcours, stopper un job avant que des données corrompues ne se propagent, ou bloquer un pipeline en aval si la table d'entrée en amont est périmée. Un client entreprise a identifié 33 % de ses opportunités d'optimisation dès la première semaine de déploiement, réduit de 70 % l'effort de débogage, et résout désormais les problèmes Spark complexes jusqu'à dix fois plus vite. L'enjeu va bien au-delà de l'efficacité opérationnelle : avec l'essor des systèmes d'IA agentiques, la fiabilité des données en entrée devient critique. Un pipeline qui échoue silencieusement ou livre des données obsolètes ne casse plus seulement un tableau de bord, il compromet l'ensemble du système d'IA qui en dépend. La distinction est fondamentale : la détection et la prévention sont en temps réel, tandis que l'analyse des causes profondes et les recommandations d'optimisation s'effectuent à la demande, avec tout le contexte d'exécution déjà assemblé. L'agent n'ajoute qu'environ une seconde de calcul sur un job d'une heure. Seules les métadonnées transitent à l'extérieur, et un déploiement entièrement on-premises est disponible pour les environnements sensibles. Les outils existants, qu'il s'agisse de Datadog (qui a racheté Metaplane l'an dernier), des system tables Databricks, ou de plateformes comme Unravel Data et Acceldata, lisent tous les métriques une fois le job terminé. Comme le résume Roy Daniel, CEO et co-fondateur de Definity : « Le moment où vous apprenez qu'un problème s'est produit, il s'est déjà produit. » Le marché de l'observabilité des données est en pleine structuration, porté par la multiplication des pipelines complexes et l'exigence croissante des systèmes d'IA en production. Nexxen, plateforme adtech opérant de large pipelines Spark pour la publicité en temps réel, fait partie des premiers clients en production. La participation de Dynatrace au tour de table est notable : l'entreprise, spécialiste de l'observabilité IT, investit ainsi dans une approche concurrente à ses propres capacités de monitoring, signe que la niche de l'exécution inline commence à être prise au sérieux.

UEDynatrace, éditeur autrichien d'observabilité IT coté en bourse, participe au tour de table de Definity, signalant l'intérêt croissant des acteurs européens pour la surveillance inline des pipelines de données critiques aux systèmes d'IA en production.

InfrastructureActu
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Les services financiers face aux exigences de données pour l'IA à base d'agents
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Les services financiers face aux exigences de données pour l'IA à base d'agents

Plus de la moitié des équipes de services financiers ont déjà déployé ou prévoient de déployer une IA agentique, selon Gartner. Ces systèmes, capables de planifier et d'exécuter des tâches de manière autonome plutôt que de simplement générer des réponses, suscitent un intérêt croissant dans le secteur bancaire et assurantiel. Mais selon Steve Mayzak, directeur général mondial du Search AI chez Elastic, leur succès dépend moins de la sophistication des algorithmes que de la qualité des données sous-jacentes. "Tout commence par les données", résume-t-il. Une étude Forrester révèle pourtant que 57 % des organisations financières sont encore en train de développer les capacités internes nécessaires pour exploiter pleinement ces technologies agentiques. L'enjeu est considérable : une IA agentique amplifie autant les forces que les failles de son infrastructure data. Dans un secteur aussi réglementé, les exigences vont bien au-delà de la simple performance. Les entreprises doivent pouvoir tracer et justifier chaque décision prise par le modèle, données d'entrée comprises. "Il ne suffit pas d'expliquer d'où viennent les données et ce qu'elles sont devenues. Il faut une manière auditable et gouvernable d'expliquer quelle information le modèle a retenue et pourquoi elle était pertinente pour l'étape suivante", insiste Mayzak. Les hallucinations, les réponses incohérentes et les décisions difficiles à retracer minent la confiance des régulateurs, des clients et des équipes internes. Pour les transactions, les signaux de risque, les politiques internes ou l'historique client, la donnée doit être indexée, centralisée et accessible, pas enfouie dans des silos séparés. Le défi est structurel autant que technique. Les données financières existent sous des formats hétérogènes, accumulés sur des décennies d'histoire bancaire, mélangeant données structurées (tableurs, bases transactionnelles) et non structurées (notes de conseillers, échanges clients, documents contractuels). Or le langage naturel est, par nature, bien plus ambigu que les données tabulaires, ce qui rend leur nettoyage et leur organisation particulièrement complexes. Mayzak illustre la difficulté : "Il existe de nombreuses façons de décrire comment exécuter un ordre de bourse dans une banque. Dans un monde piloté par des agents IA, ces descriptions doivent être déterministes, donner le même résultat à chaque fois. Pourtant, on construit sur des modèles puissants mais non déterministes. C'est incroyablement délicat, mais pas impossible." Les prochaines années verront les acteurs financiers investir massivement dans la gouvernance des données, condition sine qua non pour transformer l'IA agentique d'outil prometteur en avantage compétitif réel.

UELes banques et assureurs européens, soumis à l'AI Act et à DORA, doivent impérativement résoudre les défis de gouvernance et d'auditabilité des données pour déployer une IA agentique conforme aux exigences réglementaires.

💬 57% des organisations financières encore en train de "construire les capacités" pour l'IA agentique, c'est beaucoup de retard pour un secteur qui prétend se transformer. L'enjeu soulevé par Mayzak est le bon : tu peux avoir le meilleur modèle du monde, si tes données transactionnelles sont éparpillées en silos depuis 30 ans, l'agent va amplifier le chaos, pas le résoudre. Et la vraie tension, celle qu'on évite de nommer, c'est qu'on veut des résultats déterministes avec des modèles qui ne le sont pas.

InfrastructureOpinion
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D&B a reconstruit sa base de 642 millions d'entreprises pour les agents IA
3VentureBeat AI 

D&B a reconstruit sa base de 642 millions d'entreprises pour les agents IA

Dun & Bradstreet, entreprise vieille de 180 ans spécialisée dans les données commerciales, vient d'annoncer une refonte complète de son infrastructure de données pour la rendre compatible avec les agents d'intelligence artificielle. Son "Commercial Graph" couvre 642 millions d'entreprises, soit presque le double des 300 millions de dossiers qu'il contenait il y a cinq ans, avec 11 000 champs par enregistrement et 100 milliards de vérifications qualité effectuées chaque mois. Cette base de données, utilisée par près de 200 000 clients dans le monde, analystes crédit, gestionnaires de risques, commerciaux, était conçue pour des humains capables d'attendre quelques secondes et d'interpréter des résultats ambigus. Quand les clients de D&B ont commencé à intégrer des agents IA dans leurs workflows de crédit, d'achats et de chaîne d'approvisionnement, l'architecture existante s'est révélée incompatible. Gary Kotovets, directeur des données et de l'analytique chez D&B, a expliqué à VentureBeat que l'entreprise devait désormais considérer les agents comme une nouvelle catégorie de consommateurs à part entière. Le problème fondamental est que les agents IA ne peuvent pas fonctionner avec des systèmes fragmentés, des latences élevées ou des relations statiques entre entités. Là où un analyste humain naviguait à travers plusieurs bases de données hétérogènes via des requêtes SQL, un agent a besoin d'une réponse en moins d'une seconde, d'une résolution d'entité vérifiée, et de relations dynamiques : si un PDG quitte une entreprise pour une autre, le dossier de risque doit suivre en temps réel ; si une filiale change de propriétaire, la hiérarchie complète doit se mettre à jour automatiquement. D&B a donc migré ses bases vers le cloud, redessiné son schéma de données, construit une couche de "data fabric" unifiant les enregistrements à l'échelle mondiale tout en respectant les contraintes réglementaires régionales, puis exposé l'ensemble via des outils MCP (Model Context Protocol) qui permettent aux agents d'interroger des données structurées avec leur contexte. Un moteur de résolution d'entités valide chaque requête pour garantir qu'une demande portant sur une entreprise renvoie bien vers un enregistrement unique et vérifié. L'entreprise a également créé un nouveau modèle d'authentification spécifique aux agents, distincts des utilisateurs humains. Ce chantier illustre une réalité que Kotovets dit avoir entendue de la bouche de centaines de directeurs des données et directeurs informatiques au cours des six derniers mois : les ambitions en matière d'IA se heurtent systématiquement à des fondations de données non standardisées et inexploitables par des machines. D&B, pourtant l'une des entreprises les mieux dotées en données commerciales structurées au monde, a quand même dû tout reconstruire. La montée en puissance des agents autonomes dans les processus métier critiques, évaluation du risque fournisseur, scoring crédit, due diligence, crée une pression inédite sur les fournisseurs de données pour qu'ils passent d'une logique de consultation humaine à une logique d'alimentation machine en temps réel. D&B se positionne ainsi en infrastructure de référence pour les agents d'entreprise, à un moment où MCP s'impose progressivement comme standard d'interopérabilité entre agents et sources de données.

UELes entreprises européennes clientes de D&B pour le risque crédit ou fournisseur peuvent désormais connecter leurs agents IA à cette base via MCP, dans le respect des contraintes réglementaires régionales incluant le RGPD.

InfrastructureActu
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Quand les agents IA se parlent entre eux : la startup Band lance un 'orchestrateur universel
4VentureBeat AI 

Quand les agents IA se parlent entre eux : la startup Band lance un 'orchestrateur universel

Une nouvelle startup américaine, BAND (également connue sous le nom de Thenvoi AI Ltd.), est sortie de la confidentialité ce mois-ci avec 17 millions de dollars levés en financement Seed pour résoudre l'un des problèmes les plus concrets de l'essor des agents IA : leur incapacité à communiquer entre eux. Fondée par Arick Goomanovsky, la société se positionne comme un "orchestrateur universel", une couche d'infrastructure de communication que ses fondateurs qualifient de "Slack pour agents". Son architecture repose sur deux niveaux : un "agentic mesh" qui permet la découverte et la délégation structurée entre agents, et un plan de contrôle qui assure la gouvernance des permissions en temps réel. Contrairement à la plupart des solutions existantes, BAND ne fait pas appel à des LLM pour router les messages, préférant un système de routage déterministe breveté pour éviter les erreurs non-prévisibles. La plateforme supporte également la communication multi-pairs en duplex intégral, permettant à plusieurs agents, un agent de planification, un agent de code, un agent QA, de collaborer dans un espace partagé avec un contexte synchronisé. L'enjeu est considérable pour les entreprises qui ont massivement déployé des agents IA au cours des dix-huit derniers mois sans se soucier de leur interopérabilité. Un agent construit sur LangChain ne peut pas facilement déléguer une tâche à un agent CrewAI, et un agent intégré dans Salesforce n'a aucun moyen natif de se coordonner avec un script Python tournant sur un cloud privé. Sans infrastructure de communication dédiée, les organisations se retrouvent avec des dizaines d'agents isolés incapables de former une force de travail cohérente. BAND entend combler ce vide en devenant un middleware indépendant, compatible avec tous les frameworks et tous les clouds, éliminant ainsi la dépendance à un fournisseur unique. La gestion des identités et des droits d'accès est particulièrement critique : si un humain mandate l'agent A, qui délègue à l'agent B, BAND garantit que l'agent B n'accède qu'aux données auxquelles l'humain original est autorisé. Ce problème d'interopérabilité était prévisible dès le début de la vague agentique, mais l'industrie a d'abord prioritisé la création d'agents individuels au détriment de leur coordination. BAND s'inscrit dans une tendance plus large : après la phase de "construction", vient la phase de "mise en réseau". La startup s'appuie techniquement sur la même infrastructure que WhatsApp et Discord pour absorber les volumes de trafic attendus, anticipant un monde où les identités numériques dépasseront en nombre les identités humaines. Des protocoles comme MCP d'Anthropic ou A2A de Google posent des jalons, mais restent limités à des scénarios point-à-point. BAND parie sur un marché encore ouvert, avec des concurrents encore absents à cette échelle, pour s'imposer comme la couche de plomberie invisible d'une économie agentique en construction.

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