
☕️ L’UE veut l’ouverture d’Android aux IA rivales : Apple vole au secours de Google
Dans le cadre du règlement européen sur les marchés numériques (DMA), la Commission européenne a transmis à Google ses conclusions préliminaires fin avril 2025, reprochant au groupe de Mountain View de réserver à son assistant Gemini un accès privilégié aux couches profondes d'Android. Seul Gemini peut aujourd'hui envoyer des e-mails, partager des photos ou déclencher des actions dans des applications tierces depuis le système d'exploitation, un avantage renforcé récemment avec le lancement de Gemini Intelligence. Bruxelles a ouvert une consultation publique sur des mesures correctives, close le 13 mai 2025, exigeant que les assistants IA concurrents bénéficient du même niveau d'accès. C'est dans ce contexte qu'Apple a pris la parole pour défendre... Google.
Dans sa réponse à la consultation, Apple estime que les mesures envisagées par la Commission « soulèvent des préoccupations urgentes et sérieuses », notamment en matière de vie privée, de sécurité et de stabilité des appareils. Ouvrir les API bas niveau d'Android à n'importe quel assistant IA tiers serait particulièrement risqué dans un secteur où les capacités, comportements et vecteurs d'attaque restent « imprévisibles », selon le groupe de Cupertino. Cette prise de position n'est pas désintéressée : si la Commission impose cette logique à Android, elle pourrait exiger la même ouverture sur iOS. Apple ajoute une critique plus acerbe sur la méthode : l'autorité européenne « substitue son propre jugement à celui des ingénieurs de Google sur la base de moins de trois mois de travail », s'arrogeant de fait la compétence technique de redessiner un système d'exploitation entier.
Le contexte est riche en contradictions. Bloomberg rapportait récemment qu'Apple envisagerait d'autoriser des modèles tiers pour propulser certaines fonctions IA d'iOS 27, soit précisément ce que demande la Commission à Google. Mais la différence est de taille : Apple dicterait ses propres conditions d'accès, sans que ce soit un régulateur qui impose ses règles. Ce double jeu illustre la tension structurelle entre les grands acteurs tech et Bruxelles : en octobre 2024, Apple avait déjà porté plainte contre l'UE devant la Cour de justice européenne (CJUE) au Luxembourg sur l'application du DMA. La solidarité affichée entre Apple et Google dans ce dossier reflète moins une convergence d'intérêts qu'une stratégie commune de défense contre une régulation que les deux groupes jugent techniquement naïve et commercialement menaçante.
La Commission européenne pourrait contraindre Google à ouvrir les API profondes d'Android à tous les assistants IA concurrents, remodelant la concurrence sur le marché européen des assistants intelligents, et potentiellement créer un précédent applicable à iOS.
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