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Mettre fin au « pillage » des auteurs par l’IA : la proposition de loi validée par le Conseil d’État
Régulation01net · 1 min de lecture

Mettre fin au « pillage » des auteurs par l’IA : la proposition de loi validée par le Conseil d’État

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Le Conseil d'État vient de valider une proposition de loi française visant à mettre fin à l'exploitation non rémunérée des œuvres d'auteurs par les systèmes d'intelligence artificielle. Ce feu vert de la plus haute juridiction administrative française constitue une étape décisive dans la bataille juridique qui oppose depuis plusieurs années créateurs et géants technologiques. Les sénateurs à l'origine du texte saluent cette décision comme une victoire pour la protection des droits des auteurs à l'ère de l'IA.

L'enjeu est considérable : les grands modèles de langage et autres systèmes d'IA générative sont entraînés sur des corpus massifs intégrant romans, articles, scripts et autres œuvres protégées, sans que leurs auteurs ne soient ni consultés ni rémunérés. Ce texte cherche à rééquilibrer ce rapport de force structurellement défavorable aux créateurs, en posant un cadre légal contraignant pour les acteurs qui exploitent ces œuvres à des fins commerciales.

La proposition a été obtenue malgré l'opposition frontale des lobbys de la tech, qui ont tenté de bloquer ou d'édulcorer le texte au cours du processus législatif. La validation par le Conseil d'État confère au projet une solidité juridique qui renforce sa légitimité et sa résistance aux contestations futures. Les sénateurs porteurs du texte ont souligné que cette démarche s'inscrit dans une dynamique européenne plus large de régulation de l'IA, dans la lignée de l'AI Act.

Si le texte est adopté définitivement, il pourrait faire de la France un précédent en matière de protection des droits d'auteurs face aux systèmes d'IA, et potentiellement influencer d'autres législations nationales au sein de l'Union européenne, où la question de la rémunération des créateurs pour l'entraînement des modèles reste un sujet brûlant sans réponse harmonisée.

Impact France/UE

Une loi française pourrait imposer une compensation obligatoire aux entreprises d'IA utilisant des œuvres protégées, créant un précédent juridique majeur pour tout le marché européen.

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La Commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale a adopté mardi 2 juin la proposition de loi visant à instaurer une présomption d'utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d'intelligence artificielle. Votée à l'unanimité par le Sénat le 8 avril, la proposition est portée par la sénatrice Agnès Evren (LR). Son principe tient en un article unique : inverser la charge de la preuve en matière de droit d'auteur. Aujourd'hui, c'est à l'auteur ou à l'éditeur de démontrer qu'une entreprise d'IA a utilisé ses œuvres pour entraîner ses modèles. Demain, si la loi est adoptée, cette utilisation sera automatiquement présumée dès lors qu'un indice lié au développement ou aux résultats d'un système d'IA la rend vraisemblable. Les débats en commission se sont révélés relativement consensuels, l'ensemble des groupes, à l'exception du RN, jugeant le texte équilibré. Un amendement déposé par Prisca Thevenot (Renaissance) pour abaisser le seuil de déclenchement de la présomption a été rejeté, tout comme les 15 autres amendements présentés. Le texte sera examiné en séance publique le 11 juin. L'enjeu est considérable pour les créateurs et les sociétés de gestion de droits françaises, qui réclament ce type de dispositif depuis plusieurs années. En renversant la charge de la preuve, la loi contraindrait les grandes entreprises d'IA à démontrer qu'elles n'ont pas utilisé des œuvres protégées, ou à négocier des accords financiers avec les ayants droit pour se prémunir de poursuites judiciaires. Selon ses défenseurs, dont Agnès Evren, l'objectif n'est pas de multiplier les procès mais d'obliger l'industrie de l'IA à passer d'une logique de prédation à une logique de transparence et de rémunération. Les auteurs, musiciens, journalistes et autres créateurs dont les œuvres alimentent les modèles sans compensation pourraient ainsi voir leur situation radicalement changer. Le texte ne fait pourtant pas l'unanimité, et les débats en séance publique s'annoncent plus tendus qu'en commission. Le député Paul Midy (5e circonscription de l'Essonne) a publiquement tiré la sonnette d'alarme après l'adoption en commission, dénonçant une mesure susceptible de fragiliser Mistral AI, la principale entreprise française dans le secteur des grands modèles de langage. Cet argument de compétitivité nationale illustre la tension centrale du débat européen sur l'IA : comment protéger les droits des créateurs sans handicaper les acteurs locaux face aux géants américains et chinois, soumis à des cadres juridiques bien moins contraignants ? La France se retrouve ainsi à trancher un dilemme que l'Union européenne n'a pas su résoudre dans l'AI Act, et la séance du 11 juin déterminera si le législateur français choisit de pencher du côté des artistes ou de celui des investisseurs.

UESi adoptée, cette loi française inverserait la charge de la preuve en matière de droits d'auteur pour l'IA, contraignant Mistral AI et tous les développeurs de modèles actifs en France à démontrer qu'ils n'ont pas utilisé d'œuvres protégées, ou à négocier des accords de rémunération avec les ayants droit, un précédent susceptible d'influencer la régulation européenne.

💬 C'est la loi qui aurait dû exister il y a trois ans. Renverser la charge de la preuve, ça met fin à la logique absurde où c'est l'auteur spolié qui doit prouver qu'il s'est fait spolier. L'argument Mistral est compréhensible, mais si payer des droits aux créateurs les "fragilise", c'est qu'il y avait un problème de modèle économique depuis le début.

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UEMistral, entreprise française, propose un mécanisme concret de rémunération des créateurs européens par les acteurs de l'IA, ce qui pourrait influencer directement la législation européenne sur le droit d'auteur et l'entraînement des modèles.

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UESi adoptée par l'Assemblée nationale, cette loi française renversant la charge de la preuve sur l'entraînement des IA pourrait établir un précédent réglementaire européen et contraindre les fournisseurs d'IA opérant en France à négocier des licences avec les ayants droit culturels.

💬 Renverser la charge de la preuve, c'est le seul levier qui avait du sens dans ce bras de fer. Les créateurs ne peuvent pas prouver ce qui se passe dans les pipelines d'entraînement de Google ou OpenAI, mais les boîtes d'IA, elles, peuvent vérifier leurs données sources, et c'est exactement ça qui force la négociation. Reste à voir si l'Assemblée suit, ou si les lobbies tech ont eu le temps de faire leur travail.

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Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez ont déposé un projet de loi commun au Sénat et à la Chambre des représentants visant à suspendre toute nouvelle construction de centres de données aux États-Unis, jusqu'à l'adoption d'une réglementation globale sur l'intelligence artificielle par le Congrès. Cette initiative s'inscrit dans un contexte de course effrénée aux infrastructures IA, où les géants technologiques investissent des centaines de milliards de dollars pour construire des data centers toujours plus vastes. En imposant un moratoire, les deux élus cherchent à forcer la main au législateur américain, encore largement en retard sur la question de l'encadrement de l'IA, et à subordonner l'expansion industrielle à l'existence d'un cadre juridique protecteur pour les citoyens. Le texte, présenté conjointement par le sénateur Bernie Sanders (Vermont) et la représentante Alexandria Ocasio-Cortez (New York), cible directement l'explosion des besoins en capacité de calcul liés aux grands modèles de langage et aux systèmes d'IA générative. Aucune nouvelle autorisation de construction ne pourrait être accordée tant que le Congrès n'aura pas adopté une législation exhaustive encadrant le développement et le déploiement de l'IA. La proposition devrait se heurter à une forte opposition de l'industrie technologique et des républicains, peu enclins à freiner un secteur qu'ils considèrent comme stratégique. Reste à savoir si ce texte a une chance d'avancer dans un Congrès divisé, ou s'il vise avant tout à relancer le débat public sur la nécessité d'une régulation de l'IA aux États-Unis.

UECette initiative législative américaine pourrait inspirer des parlementaires européens à lier l'expansion des datacenters à l'avancement du cadre réglementaire IA au sein de l'UE.

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