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L'ingénierie centrée client au service de l'innovation en IA
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L'ingénierie centrée client au service de l'innovation en IA

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Malgré des années d'investissements massifs dans la digitalisation, les grandes entreprises ne capturent en moyenne moins d'un tiers de la valeur attendue, selon une étude McKinsey. Ashish Agrawal, vice-président responsable des technologies de paiement et cartes business chez Capital One, identifie une cause structurelle : la plupart des organisations construisent leurs outils technologiques d'abord, puis cherchent ensuite à les appliquer aux besoins clients. Son équipe a inversé cette logique en adoptant ce qu'il appelle le "customer-back engineering" : partir des attentes, frictions et besoins concrets des utilisateurs, puis remonter vers les solutions techniques. Concrètement, Capital One impose à chaque ingénieur plusieurs points de contact annuels avec les clients : sessions d'empathie digitale pour observer les parcours utilisateurs, immersions au sein du support client, accompagnements terrain aux côtés des équipes commerciales, et hackathons centrés sur de vrais problèmes clients.

Cette approche produit un effet multiplicateur sur l'innovation. Quand les ingénieurs sont exposés directement aux difficultés vécues par les utilisateurs, ils développent des solutions que ni les équipes produit ni les équipes commerciales n'auraient imaginées seules, car ils restent naturellement proches des systèmes et des données. L'impact est aussi motivationnel : voir concrètement comment une modification de code améliore la vie d'un client transforme l'engagement des développeurs. Avec l'IA, cet effet est amplifié. Dans le service client de Capital One, des agents conversationnels basés sur l'IA générative peuvent désormais résumer instantanément l'historique d'un échange, fournir au conseiller humain le contexte complet d'une demande et poser automatiquement des questions de suivi ciblées, des tâches qui demandaient auparavant plusieurs minutes de lecture manuelle.

Le constat d'Agrawal s'inscrit dans un débat plus large sur la manière dont les grandes entreprises tirent parti de l'IA. Beaucoup ont construit des pipelines de données riches au fil des années sans en exploiter pleinement le potentiel. L'émergence des outils agentiques change la donne : combinés à un écosystème de données de qualité, ils permettent de passer des correctifs incrémentaux à une transformation à haute vélocité. Le véritable frein n'est plus technologique mais organisationnel : rapprocher les ingénieurs des clients demande une discipline managériale forte et une culture délibérément entretenue. Capital One parie que les entreprises qui réussiront à ancrer cette proximité dans leurs pratiques d'ingénierie seront celles capables d'itérer le plus vite, d'identifier les bons problèmes avant leurs concurrents, et donc de transformer l'IA en avantage compétitif durable plutôt qu'en coût technologique supplémentaire.

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Netomi, startup basée à San Francisco spécialisée dans les systèmes d'IA pour le service client en entreprise, a annoncé jeudi avoir levé 110 millions de dollars lors d'un tour de table mené par Accenture Ventures, avec la participation d'Adobe Ventures, WndrCo, Silver Lake Waterman, NAVER Ventures, Metis Strategy et Fin Capital. Jeffrey Katzenberg, cofondateur de DreamWorks et associé directeur de WndrCo, rejoint le conseil d'administration. Ce financement s'ajoute à un premier cercle d'investisseurs prestigieux comprenant Greg Brockman (cofondateur d'OpenAI), Demis Hassabis (cofondateur de Google DeepMind) et Mustafa Suleyman (directeur de Microsoft AI). L'opération ne s'arrête pas à l'apport de capitaux : Accenture a simultanément conclu une alliance mondiale avec Netomi pour déployer la plateforme auprès de ses clients du Fortune 100, mobilisant des centaines de consultants formés à l'outil. Adobe Ventures prévoit quant à elle d'intégrer Netomi dans son écosystème agentique Brand Concierge, donnant à la startup un accès direct à la couche logicielle qu'utilisent déjà de nombreuses grandes marques pour gérer leurs sites web et leurs parcours clients. Ce tour de table révèle une fracture qui se dessine dans l'IA d'entreprise : non plus entre ceux qui disposent d'un chatbot et ceux qui n'en ont pas, mais entre ceux capables de prouver que l'IA fonctionne dans les environnements réels, complexes et fortement encadrés des grandes organisations, et ceux qui brillent surtout en démonstration. Selon le PDG Puneet Mehta, un déploiement type chez un grand compte peut générer un impact de plusieurs dizaines de millions de dollars, certains clients étant sur une trajectoire à plusieurs centaines de millions. Gartner prédit que 40 % des applications d'entreprise intégreront des agents IA spécialisés d'ici fin 2026, contre moins de 5 % en 2025. Le marché autour de Netomi illustre l'intensité des enjeux. Sierra, la startup d'agents IA dirigée par l'ex-co-PDG de Salesforce Bret Taylor, a levé 350 millions de dollars à une valorisation de 10 milliards en septembre 2025 et réalisé trois acquisitions en 2026 à lui seul. Decagon a triplé sa valorisation à 4,5 milliards de dollars en janvier 2026 lors d'une Série D à 250 millions. Salesforce, ServiceNow et Intercom intègrent tous en urgence des agents IA dans leurs plateformes existantes, le Fin AI d'Intercom ayant franchi le seuil de 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents à 0,99 dollar par résolution. Dans ce contexte, la levée de Netomi se distingue moins par son montant que par sa construction stratégique : l'alliance entre le réseau de distribution mondial d'Accenture, la présence d'Adobe dans la gestion de l'expérience numérique et le bilan de déploiements en production de Netomi représente une tentative coordonnée d'inscrire l'IA non comme une surcouche de chatbot, mais comme l'intelligence centrale qui gouverne l'ensemble des expériences digitales des entreprises.

UELa généralisation des agents IA spécialisés dans le service client d'entreprise, 40 % des applications d'ici fin 2026 selon Gartner, concerne directement les grandes organisations françaises et européennes qui devront évaluer ces solutions dans leurs stratégies de transformation numérique.

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ServiceNow a annoncé lundi, lors de sa journée dédiée aux analystes financiers à Las Vegas, la création d'une nouvelle couche d'infrastructure baptisée "Action Fabric". Ce dispositif constitue un point de passage obligatoire que les agents d'intelligence artificielle devront traverser pour interagir avec les données hébergées dans les applications ServiceNow. Amit Zavery, directeur des opérations de l'entreprise, a précisé que ServiceNow mesurera la fréquence d'accès à cette Action Fabric, mettra en place un système de comptage et facturera les clients en conséquence. Concrètement, cette tarification s'apparente à une taxe imposée aux entreprises qui utilisent des agents IA externes, comme ceux de Microsoft, Salesforce ou d'autres fournisseurs, pour interroger leurs données stockées chez ServiceNow. L'analyste Mark Murphy de JPMorgan a qualifié le mécanisme en ces termes dans une note adressée aux investisseurs. ServiceNow rejoint ainsi HubSpot et Workday, qui ont récemment dévoilé des stratégies similaires de monétisation des accès par agents IA. Pour les entreprises clientes, cela signifie un coût supplémentaire chaque fois qu'un agent automatisé consulte ou manipule des données dans ces plateformes, quelle que soit l'origine de l'agent. Ce mouvement s'inscrit dans une tension croissante au sein de l'industrie du logiciel d'entreprise (SaaS). Alors que l'essor des agents IA remet en question les modèles de licences traditionnels basés sur le nombre d'utilisateurs humains, les éditeurs cherchent de nouveaux leviers de revenus. La stratégie des "péages logiciels" soulève cependant un débat stratégique de fond : ces barrières tarifaires protègent-elles la valeur des plateformes existantes, ou risquent-elles d'inciter les clients à migrer vers des écosystèmes plus ouverts et moins coûteux ? La réponse du marché dans les prochains trimestres sera déterminante pour savoir si cette approche renforce ou fragilise la compétitivité à long terme des grands éditeurs SaaS.

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La vraie ligne de fracture dans l'IA d'entreprise n'est pas celle que l'on suit habituellement dans les médias. Pendant que le débat public se focalise sur les benchmarks des modèles fondateurs, GPT contre Gemini, scores de raisonnement, gains marginaux de performance, l'avantage décisif se joue ailleurs : dans la couche opérationnelle, c'est-à-dire l'ensemble formé par les logiciels de workflow, la capture de données, les boucles de rétroaction et la gouvernance qui s'intercale entre les modèles d'IA et le travail réel. Des acteurs comme OpenAI et Anthropic vendent l'intelligence comme un service : on a un problème, on appelle une API, on obtient une réponse. Cette intelligence est généraliste, largement sans mémoire d'une session à l'autre, et de plus en plus interchangeable. À l'opposé, les organisations établies ont la possibilité de traiter l'IA comme une couche opérationnelle permanente : chaque exception, chaque correction, chaque validation humaine devient un signal d'apprentissage, et l'intelligence s'améliore à mesure que la plateforme absorbe davantage de travail. Ce modèle inverse la relation traditionnelle entre humains et machines. Dans une organisation de services classique, les opérateurs utilisent des logiciels pour effectuer un travail d'expert : la technologie est le médium, le jugement humain est le produit. Une plateforme pensée nativement pour l'IA renverse cette logique : le système ingère un problème, applique la connaissance accumulée du domaine, exécute de manière autonome ce qu'il peut traiter avec une haute confiance, et renvoie vers des experts humains uniquement les sous-tâches qui requièrent un jugement que le système ne maîtrise pas encore. Cette inversion n'est pas qu'un simple redesign d'interface, elle exige une matière première que les startups ne peuvent pas fabriquer rapidement : des données opérationnelles propriétaires, une large base d'experts dont les décisions quotidiennes génèrent des signaux d'entraînement, et une connaissance tacite accumulée sur des années quant à la façon dont le travail complexe se fait réellement. C'est là où réside le véritable enjeu stratégique de la décennie. Le récit dominant affirme que les startups agiles vont surpasser les acteurs établis en construisant des systèmes AI-native from scratch. Si l'IA était avant tout un problème de modèles, cette thèse tiendrait. Mais dans beaucoup de secteurs d'entreprise, c'est un problème de systèmes, intégrations, permissions, évaluation, gestion du changement, où l'avantage revient à ceux qui sont déjà ancrés dans des workflows à fort volume et à forts enjeux. La société Ensemble illustre cette approche avec une stratégie de "distillation de connaissance" : transformer l'expertise tacite et périssable des meilleurs opérateurs en signaux réutilisables, puis réinjecter ces résultats dans les workflows pour que le système continue à progresser. Les ingrédients existent déjà chez les acteurs historiques ; la question est de savoir qui saura les convertir en avantage compétitif durable avant que la fenêtre ne se referme.

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Les grandes firmes de capital-investissement s'apprêtent à s'allier avec les leaders de l'IA pour accélérer l'adoption de la technologie dans leurs portefeuilles d'entreprises. Selon des informations révélées par The Information, Anthropic serait en pourparlers avec Blackstone et Hellman & Friedman pour créer une coentreprise, tandis qu'OpenAI discuterait d'arrangements similaires avec TPG, Brookfield Asset Management et Bain Capital. Dans le même temps, Jeff Bezos chercherait à lever 100 milliards de dollars pour acquérir des entreprises industrielles et les automatiser grâce à l'IA — ce qui en ferait l'un des plus grands fonds jamais constitués. Ces mouvements interviennent alors que les modèles d'IA les plus récents, notamment les dernières versions de Claude d'Anthropic, ont rendu les capacités de la technologie particulièrement convaincantes pour les investisseurs. Ce basculement est important car il crée un pont entre l'offre et la demande en matière d'IA, deux dynamiques qui semblaient jusqu'ici évoluer de façon découplée. Les dix plus grandes firmes de private equity détiennent plus de 2 000 entreprises générant environ 2 000 milliards de dollars de chiffre d'affaires dans quasiment tous les secteurs économiques. Si ces firmes déploient l'IA massivement dans leurs portefeuilles, elles entraîneront mécaniquement leurs concurrents — souvent des entreprises indépendantes de taille moyenne — à faire de même sous peine de se laisser distancer. Cela se traduira concrètement par une hausse considérable de la demande en puissance de calcul, justifiant les investissements colossaux déjà engagés dans les data centers d'IA. Cette dynamique renforce aussi la probabilité d'introductions en bourse d'OpenAI et d'Anthropic dans les douze prochains mois, et légitime les dépenses croissantes en infrastructure de la part d'acteurs comme Meta. Le capital-investissement traverse actuellement une période délicate : les firmes sont nombreuses à détenir des participations dans des entreprises technologiques jugées vulnérables face à l'IA, et peinent à trouver des fenêtres de sortie. Embrasser l'IA devient ainsi autant une stratégie de survie qu'une opportunité de création de valeur.

UELes entreprises européennes détenues par des fonds de private equity pourraient être contraintes d'accélérer leur adoption de l'IA sous pression concurrentielle si leurs actionnaires américains déploient massivement la technologie dans leurs portefeuilles.

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