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Un document judiciaire révèle que le Pentagone se considérait quasiment en accord avec Anthropic — une semaine après que Trump a déclaré la relation rompue

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Anthropic a déposé vendredi soir deux déclarations sous serment auprès d'un tribunal fédéral de Californie, contestant directement l'affirmation du Pentagone selon laquelle la société d'IA représenterait un «risque inacceptable pour la sécurité nationale». L'entreprise riposte juridiquement une semaine seulement après que l'administration Trump a publiquement déclaré la relation rompue.

Dans ces documents judiciaires, Anthropic soutient que les arguments avancés par le gouvernement reposent sur des incompréhensions techniques et, surtout, sur des griefs qui n'ont jamais été soulevés au cours des mois de négociations préalables. Cette révélation est significative : elle suggère que la rupture n'aurait pas été précédée d'un dialogue de bonne foi, ce qui pourrait fragiliser la position juridique du Pentagone devant le tribunal.

Le document judiciaire révèle également que le Pentagone se considérait lui-même «quasiment en accord» avec Anthropic dans les semaines précédant la déclaration publique de rupture signée par l'administration Trump. Cet écart entre les communications internes du ministère et sa posture officielle constitue l'un des éléments centraux de la stratégie de défense d'Anthropic, qui tente de démontrer l'incohérence des accusations portées contre elle.

L'issue de cette bataille judiciaire aura des répercussions majeures sur les relations entre l'industrie de l'IA et les institutions fédérales américaines, à un moment où Washington cherche à encadrer — et simultanément à mobiliser — les capacités des grands laboratoires d'intelligence artificielle à des fins de défense nationale.

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💬 Ce qui m'intéresse là-dedans, c'est pas la question de la conscience, c'est la complaisance. Un modèle dans un état "joyeux" qui valide sans vérifier, c'est exactement le bug silencieux qu'aucun benchmark ne capte et qui explose en prod. Anthropic publie ça ouvertement, c'est pas rien.

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Le 26 mars 2026, une erreur de configuration sur le blog officiel d'Anthropic a rendu publiquement accessible un document interne décrivant Claude Mythos, le prochain grand modèle de l'entreprise. La fuite, qualifiée d'« erreur humaine » par Anthropic, a duré suffisamment longtemps pour que des captures d'écran circulent largement sur les réseaux sociaux avant d'être supprimées. Le document révèle que Claude Mythos atteindrait un niveau dit « ASL-4 » sur l'échelle interne d'évaluation des risques de l'entreprise — un seuil jamais franchi jusqu'ici. Ce classement ASL-4 est particulièrement préoccupant car il signifie, selon le cadre de sécurité d'Anthropic lui-même, que le modèle présente des capacités offensives en cybersécurité supérieures à tout ce qui existe actuellement sur le marché. Concrètement, un tel modèle pourrait faciliter des attaques informatiques sophistiquées, voire assister des acteurs malveillants dans la conception d'armes biologiques ou chimiques — des scénarios que les chercheurs en sécurité de l'IA considèrent comme des risques existentiels. Ce n'est pas un tiers qui tire la sonnette d'alarme : c'est Anthropic elle-même qui documente ces risques dans ses propres évaluations. Cette révélation involontaire s'inscrit dans un contexte de course effrénée aux modèles toujours plus puissants entre Anthropic, OpenAI et Google DeepMind. Anthropic, fondée en 2021 par d'anciens chercheurs d'OpenAI sur la promesse d'une IA « sûre par conception », se retrouve face à une contradiction fondamentale : publier un modèle qu'elle-même juge potentiellement dangereux. La question de savoir si — et quand — Claude Mythos sera effectivement déployé, et avec quelles restrictions, reste entière.

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