
Google et le Pentagone concluent un accord pour un usage de l'IA sans restriction légale
Google a conclu un accord classifié avec le département américain de la Défense (DoD) autorisant ce dernier à utiliser ses modèles d'intelligence artificielle pour "tout usage gouvernemental légal", selon un rapport de The Information publié lundi. La révélation intervient moins de vingt-quatre heures après qu'une partie des employés de Google a adressé une pétition au PDG Sundar Pichai, exigeant qu'il bloque l'accès du Pentagone à ses technologies, par crainte que celles-ci soient employées à des fins "inhumaines ou extrêmement préjudiciables".
Cet accord positionne Google aux côtés d'OpenAI et xAI, qui ont eux aussi signé des contrats classifiés avec le gouvernement américain. La décision illustre la tension croissante au sein des grandes entreprises tech entre impératifs commerciaux et éthique de déploiement : le DoD représente un client stratégique de premier plan, mais ses usages potentiels des systèmes d'IA restent opaques pour le grand public comme pour les salariés de ces entreprises.
Le contexte récent éclaire la portée de ce choix. Anthropic a été récemment inscrit sur liste noire par le Pentagone après avoir refusé de supprimer ses garde-fous de sécurité sur demande du DoD. Google, en acceptant un accès étendu et sans restrictions explicites, prend le chemin inverse. La question des applications militaires de l'IA, qu'il s'agisse de ciblage, de surveillance ou d'automatisation de décisions, s'impose désormais comme un enjeu central pour l'ensemble du secteur.
L'accord pousse les régulateurs européens à préciser dans l'AI Act les conditions d'usage militaire de l'IA, mettant en lumière un vide réglementaire que les institutions de l'UE devront combler.
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